Brexit

14 mars 2019 19:47; Act: 15.03.2019 07:02 Print

Les députés ne veulent pas de second référendum

Après avoir rejeté l'accord proposé pour divorcer de l'UE, les parlementaires britanniques refusent en bloc également de soumettre le vote de nouveau au peuple.

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Les députés britanniques ont voté un amendement leur permettant d'organiser mercredi une série de votes indicatifs sur la forme que doit prendre le Brexit. (25 mars 2019) Les dirigeants de l'UE sont prêts à accorder à Londres deux options de report du Brexit au-delà de la date prévue du 29 mars. (Jeudi 21 mars 2019) «Je crois qu'une courte extension sera possible mais elle sera conditionnée à un vote positif sur le traité de retrait à la Chambre des Communes», a déclaré Donald Tusk ce mercredi soir 20 mars 2019. Theresa May brandit la menace qu'un troisième rejet de l'accord pourrait entraîner un report significatif du Brexit, voire signer son arrêt de mort. (18 mars 2019) Des manifestants pro-Brexit se sont élancés samedi de Sunderland, dans le nord-est de l'Angleterre, pour une longue marche vers Londres. (Samedi 16 mars 2019) Le parlement britannique ce 14 mars 2019. Donald Tusk a invité jeudi le Royaume- Uni à changer sa position s'il veut obtenir une «longue prolongation» pour reporter la date de son divorce avec l'UE. (14 mars 2019) Les députés britanniques ont rejeté l'accord sur le Brexit, mardi. Mercredi, ils se sont prononcés contre un Brexit sans accord. (Mercredi 13 mars 2019) La Première ministre Theresa May a déclaré lundi soir avoir obtenu des garanties légalement contraignantes à l'accord sur le Brexit, à la veille d'un vote crucial à Londres. (Mardi 12 mars 2019) La Première ministre britannique pourrait proposer un décalage «limité» du divorce au Parlement britannique. (Dimanche 10 mars (2019) Karin Keller-Sutter.:«Il y a un danger qu'en cas de sortie du Royaume-Uni de l'UE sans accord, un djihadiste d'Angleterre entre dans notre pays sans que nous ne le sachions.» «Il est dans l'intérêt des Européens que le Royaume-Uni sorte avec un accord» a déclaré Theresa May à l'attention de l'Union européenne (8 mars 2019) Theresa May compte beaucoup sur Geoffrey Cox, attorney général du Royaume et chargé de conseiller juridiquement le gouvernement britannique, pour débloquer l'issue des ultimes discussions à Bruxelles. (6 mars 2019) A moins d'un mois avant la date du divorce, le négociateur de l'Union européenne Michel Barnier a rencontré des négociateurs britanniques. (5 mars 2019) L'opposition travailliste a brandi l'épouvantail d'un second référendum tant redouté par le gouvernement de Theresa May, alors que l'Union européenne a ouvert la porte à un report de la date du Brexit, prévu le 29 mars. (Lundi 25 février 2019) L'Irlande sera confrontée à «une situation d'urgence» si le Royaume-Uni quitte l'Union européenne sans accord de divorce, a déclaré vendredi le chef de la diplomatie irlandaise Simon Coveney. (Vendredi 22 février 2019) Lors d'une rencontre à Vaduz, Karin Keller-Sutter a mis en garde jeudi les ministres allemand, autrichien et liechtensteinois de l'intérieur contre les conséquences potentielles du Brexit en matière de sécurité. (21 février 2019) Theresa May rencontre ce mercredi soir à Bruxelles Jean-Claude Juncker, en espérant obtenir des modifications de l'accord sur le Brexit. (20 février 2019) Theresa May va parler «dans les prochains jours» à tous les dirigeants des Etats membres de l'UE. (Dimanche 17 février 2019) La Première ministre britannique Theresa May a essuyé jeudi une défaite embarrassante au Parlement. Ce revers fragilise sa position dans les discussions qu'elle mène avec Bruxelles pour tenter d'obtenir une modification de l'accord de Brexit. (14 février 2019) Le ministre de l'économie Guy Parmelin et le ministre anglais du commerce extérieur, Liam Fox ont signé ce lundi un accord douanier pour l'après Brexit. (11 février 2019) Les deux pays assurent le maintien des droits et des obligations économiques et commerciaux découlant des accords entre la Suisse et l'UE. Les bonnes relations entre les deux pays se poursuivront après la sortie du Royaume-Uni de l'UE, indique le Département fédéral de l'économie dans un communiqué. (11 février 2019) La Première ministre Theresa May va proposer aux députés britanniques de lui accorder un délai supplémentaire pour négocier avec Bruxelles un accord de Brexit remanié. (Dimanche 10 février 2019) Le premier ministre irlandais Leo Varadkar: «Le temps presse et nous devons aboutir à un accord aussi vite que possible.» (8 février 2019) La Banque d'Angleterre (BoE) a sabré sa prévision de croissance pour 2019, face au ralentissement économique mondial et à l'incertitude autour du Brexit, qui «s'est intensifiée» et pèse sur l'activité. Le gouverneur a d'ailleurs jugé que l'économie britannique n'était «pas encore prête» à un Brexit sans accord. (Jeudi 7 février 2019) Theresa May et Jean-Claude Juncker se sont mis d'accord pour entamer de nouveaux pourparlers pour tenter de sortir de l'impasse du Brexit.(Jeudi 7 février 2019) «Je me demande à quoi cette place spéciale en enfer ressemble, pour ceux qui ont fait la promotion du Brexit sans même l'ébauche d'un plan pour le réaliser en toute sécurité», a déclaré le président du Conseil européen Donald Tusk. (Mercredi 6 février 2019) Le «traité de retrait» de l'UE âprement négocié par Mme May avec l'UE avait été massivement rejeté le 15 janvier par les députés britanniques. (29 janvier 2019) Devant le Parlement à Londres ce mardi 29 janvier 2019. La Première ministre Theresa May a appelé mardi les députés britanniques à lui donner «mandat» pour rouvrir les négociations avec l'Union européenne. (29 janvier 2019) La Première ministre britannique affronte mardi une énième bataille parlementaire sur le Brexit. (29 janvier 2019) Le ministre irlandais des affaires étrangères, Simon Coveney, a affirmé que les dirigeants européens n'accepteraient pas les tentatives britanniques de supprimer les dispositions du «filet de sécurité» («backstop»).(Dimanche 27 janvier 2019) Des militants du groupe Communautés frontalières contre le Brexit participent à un faux contrôle des frontières entre l'Irlande et le Royaume-Uni. (26 janvier 2019) Une sorte de mirador avec de faux soldats. (Irlande, 26 janvier 2019) Des habitants de la région ont utilisé des barrières en béton entre l'Irlande et l'Irlande du Nord. (Irlande, 26 janvier 2019) La reine Elizabeth II a appelé les Britanniques à trouver «un terrain d'entente» dans la mise en oeuvre de la sortie du pays de l'Union européenne. (Vendredi 25 janvier 2019) Le Parlement européen n'envisage aucun accord de Brexit sans «filet de sécurité» pour empêcher une frontière physique en Irlande du Nord. (Jeudi 24 janvier 2019) La Première ministre britannique a annoncé lundi qu'elle chercherait à renégocier avec l'UE pour sauver l'accord de Brexit. (21 janvier 2019) La Première ministre britannique Theresa May affronte ce mercredi une motion de censure, qui a peu de chance d'être adoptée. (16 janvier). La Première ministre Theresa May n'envisage pour le moment pas de démissionner, malgré ce lourd revers. (Mercredi 16 janvier 2019) Les députés britanniques ont infligé mardi une défaite historique à la Première ministre Theresa May en rejetant massivement son accord de sortie de l'UE, déclenchant le dépôt d'une motion de censure par l'opposition travailliste. (Mardi 15 janvier 2019) Le sort de l'accord de sortie de l'Union européenne, conclu entre Londres et Bruxelles, est entre les mains des députés britanniques qui entament son examen. (Mercredi 9 janvier 2019) Le sort de l'accord de Brexit conclu entre Londres et Bruxelles est entre les mains des députés britanniques qui entament mercredi son examen avant un vote historique le 15 janvier. (9 janvier 2018) Le monde universitaire britannique s'inquiète des risques scientifiques d'un Brexit sans accord. (Jeudi 3 janvier 2019) Pour le ministre britannique du commerce, Liam Fox, le Brexit n'aurait «pas plus de 50% de chances» d'aboutir si le Parlement venait à rejeter l'accord négocié avec Bruxelles. (Dimanche 30 décembre 2018) Doris Leuthard et Chris Grayling ont signé à Zurich un accord pour s'assurer mutuellement des droits de trafic existants. (Lundi 17 décembre 2018) Theresa May a demandéi à Bruxelles de nouvelles garanties pour l'aider à obtenir la ratification de l'accord de Brexit par les députés britanniques. Refus poli des Européens (Vendredi 14 décembre 2018) Le Royaume-Uni peut décider seul de renoncer à quitter l'Union européenne sans avoir besoin de l'aval des autres Etats membres, a estimé la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), une victoire pour les Britanniques opposés au Brexit. (Lundi 10 décembre 2018) Une organisation anti-Brexit a contesté vendredi devant la justice britannique le résultat du référendum de 2016 sur le Brexit. (Vendredi 7 décembre 2018) Theresa May a dit jeudi que les députés pourraient avoir le dernier mot sur l'activation éventuelle d'une disposition évitant le rétablissement de contrôles frontaliers sur l'île d'Irlande après le Brexit. (6 décembre 2018) Une polémique retarde le début de cinq jours de débats au parlement britannique sur les termes du retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne. (4 décembre 2018) Les députés britanniques entament mardi cinq jours de débats sur les termes du retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne, avant un vote historique le 11 décembre. (Mardi 4 décembre 2018) Après l'accord avec Bruxelles, la Première ministre britannique doit maintenant convaincre le Parlement avant Noël. (Dimanche 25 novembre 2018) C'est ce dimanche que doit être officialisé le Brexit, à Bruxelles. La Première ministre britannique, Theresa May (gauche), est arrivée samedi en Belgique. (Dimanche 25 novembre 2018) L'Espagne a fait planer vendredi la menace d'une annulation du sommet européen prévu dimanche à Bruxelles si elle n'obtenait pas des «garanties» sur l'avenir de Gibraltar après le Brexit. (Vendredi 23 novembre 2018) La Première ministre britannique Theresa May a défendu devant Downing Street le projet d'accord sur le Brexit. (Jeudi 22 novembre 2018) Les équipes de négociations de l'UE et du Royaume-Uni ont conclu un accord sur le cadre de leur liens post-Brexit, sous la forme d'un projet de «déclaration politique» qui doit encore être validé lors d'un sommet dimanche, a annoncé jeudi le président du Conseil européen . (Jeudi 22 novembre 2018) A moins de cinq mois de la date fatidique du Brexit, Theresa May va rencontrer Jean-Claude Juncker ce mercredi à Bruxelles pour discuter du «cadre de la relation future». (21 novembre 2018) «Il n'y a pas d'autre accord sur la table», prévient Theresa May, la première ministre britannique. (Dimanche 18 octobre 2018) Les partisans d'un second référendum sur le Brexit se sentaient pousser des ailes jeudi après la menace agitée par la première ministre britannique Theresa May. (Vendredi 16 novembre 2018) La Première ministre britannique a annoncé jeudi soir qu'elle continuerait à soutenir l'accord sur le Brexit pour lequel elle a travaillé. (Jeudi 15 novembre 2018) Coup de théâtres à Londres: quelques heure après l'annonce d'un accord soutenu par le gouvernement, le ministre du Brexit Dominic Raab démissionne. (Jeudi 15 novembre 2018) Peu auparavant, le secrétaire d'Etat britannique pour l'Irlande du Nord, le conservateur (à gauche) a annoncé avoir démissionné. (Jeudi 15 novembre 2018) Le président du Conseil européen annonce un sommet extraordinaire pour la fin du mois afin de valider le projet d'accord sur le Brexit. (15 novembre 2018) L'accord sur le Brexit «n'a pas encore été trouvé» malgré «d'intenses efforts», a confirmé lundi le négociateur en chef de l'Union européenne aux ministres des 27 réunis à Bruxelles. (Lundi 12 novembre 2018) Des centaines de personnes ont formé lundi une chaîne humaine devant Downing Street à Londres. Elles ont demandé au gouvernement britannique de garantir les droits des expatriés dans l'hypothèse d'un Brexit sans accord avec l'Union européenne. (5 novembre 2018) Les manifestants ont remis, au siège du gouvernement, une lettre pour la Première ministre Theresa May. (5 novembre 2018 Les manifestants ont demandé au gouvernement britannique de garantir les droits des expatriés dans l'hypothèse d'un Brexit sans accord avec l'Union européenne. (5 novembre 2018) Plus de 70 patrons britanniques ont signé une lettre dans le «Sunday Times» pour réclamer un vote du public sur les termes définitifs de la sortie du Royaume-Uni de l'UE. (Dimanche 4 novembre 2018) Arron Banks, grand argentier des pro-Brexit, est soupçonné d'irrégularités dans le financement de la campagne du référendum. Une enquête a été ouverte ce jeudi. (2 novembre 2018) Londres a trouvé un accord avec Bruxelles qui va permettre au secteur financier britannique de conserver l'accès au marché unique après le Brexit, rapporte le . Bruxelles lui accorde un régime d'équivalence élargie. (Jeudi 1er novembre 2018) La fin des négociations sur la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne est en vue. Elle pourrait intervenir d'ici le 21 novembre. (Mercredi 31 octobre 2018) Dans un discours prévu lundi, la Première ministre britannique doit redire son opposition à la solution de l'UE sur la frontière irlandaise. (22 octobre 2018) Ce samedi 20 octobre, un demi-million de Britanniques venus des quatre coins du pays ont marché sur Londres pour réclamer un référendum sur l'accord final du Brexit, rebaptisé pour l'occasion «Brexshit». (samedi 20 octobre 2018) People's Vote appelle à une grande mobilisation dans le centre de Londres pour réclamer un nouveau référendum sur le Brexit. (20 octobre 2018) Faute de nouvelles propositions de Theresa May, le sommet européen n'a pas permis de percée sur le dossier du Brexit. (Mercredi 17 octobre 2018) Le négociateur en chef de l'Union européenne sur le Brexit Michel Barnier a proposé de prolonger d'un an la période de transition qui suivra la sortie du Royaume-Uni de l'UE. (Mercredi 17 octobre 2018) L'Union européenne a réclamé mardi des «propositions concrètes» et «créatives» à Londres. Les négociations sur le Brexit sont dans une «impasse», à la veille d'un sommet entre les dirigeants européens et à moins de six mois du divorce. (Mardi 16 octobre 2018) Les dirigeants européens et britanniques ont dit lundi croire encore possible de parvenir à un accord sur le Brexit, malgré l'échec du dernier cycle de négociations qui rend le scénario d'un divorce sans accord «plus probable que jamais» selon Bruxelles et Donald Tusk. (Mardi 16 octobre 2018) D'«intenses» discussions de dernière minute dimanche à Bruxelles n'ont pas suffi à débloquer les négociations sur le départ britannique de l'Union européenne, qui butent encore et toujours sur le sort de la frontière irlandaise après le Brexit. (Dimanche 14 octobre 2018) Malgré l'opposition de nombreux Britanniques, les négociations du divorce entre le Royaume-Uni et l'UE pourraient aboutir prochainement. (Mardi 9 octobre 2018) La Première ministre britannique Theresa May a annoncé qu'elle envisageait de rester à la tête du gouvernement «pour le long terme». Elle s'est exprimée depuis le congrès annuel de son Parti conservateur, à Birmingham. (Mardi 2 octobre 2018) La Première ministre Theresa May quitte le congrès du Parti conservateur (Tory) en compagnie du Chancelier de l'Echiquier (ministre des Finances) Philip Hammond. (Lundi 1er octobre 2018) Nigel Farage veut 'sauver le Brexit' et remobiliser ses troupes dans le cadre de la campagne Leave Means Leave (Partir veut dire Partir). (22 septembre 2018) De nombreux élus conservateurs, comme le député Jacob Rees-Mogg, souhaitent de leur côté une sortie sans accord et veulent couper tous les ponts avec l'UE. Beaucoup d'entre eux sont favorables à un rapprochement avec les Etats-Unis de Donald Trump. La société britannique se divise à l'approche de la date fatidique du 29 mars 2019, qui marquera l'entrée en vigueur du Brexit. D'un côté, les Remainers craignent que le Royaume-Uni ne soit plus isolé que jamais, surtout s'il ne parvient pas à conclure d'accord avec l'UE. Ils ne manquent jamais de souligner les conséquences néfastes d'une sortie sans accord. British Prime Minister Theresa May (L) is welcomed by European commission President Jean-Claude Juncker (R) ahead to a meeting on Brexit, on February 7, 2019 in Brussels. (Photo by Aris Oikonomou / AFP)

Une faute?

La saga du Brexit continue avec le vote des députés britanniques du report de la sortie de l'Union européenne, à deux semaines de l'échéance initiale, et un suspense qui reste entier faute d'accord avec Bruxelles.

La même semaine, le Parlement a rejeté à la fois la proposition d'accord négociée en dernière minute par la Première ministre Theresa May après un saut à Bruxelles, mais aussi l'éventualité de sortir de l'UE sans accord. Enfin jeudi, il s'est résolu à ce que le Royaume-Uni demande de différer le divorce.

Bref, ni plan May ni «no deal», sachant que rien n'est encore définitif. Un long report entraînant la participation du Royaume-Uni aux élections européennes de mai n'est pas à exclure, tout comme une sortie brutale, sans accord, avec le surcroît de complications de tous ordres (politique, économique etc.) qu'induirait l'un comme l'autre.

Le report du Brexit d'au moins trois mois après la date fatidique du 29 mars, c'est-à-dire au 30 juin au plus tard, n'est lui-même pas encore formellement acté. Encore faut-il que l'UE l'accepte, vis-à-vis d'un partenaire britannique qui veut la quitter sans parvenir à savoir comment.

La Commission européenne avait d'ailleurs rappelé jeudi soir que «toute demande de prolongation de (la période de négociations prévue par) l'article 50 nécessite l'accord unanime des 27 autres pays membres» et devrait être dûment justifiée.

Plus tôt, le président du Conseil européen Donald Tusk avait invité les 27 à être prêts à accorder «une longue prolongation» au Royaume-Uni s'il «accepte de repenser sa stratégie pour le Brexit et parvient à dégager un consensus autour de celle-ci».

Trois fois le plan May

La Commission européenne n'avait pas réagi officiellement au vote de Westminster jeudi soir, ce qui n'empêchait pas la presse britannique de conjecturer sur le sort du Brexit et de Theresa May.

«Si elle ne parvient pas à faire accepter son accord, elle sera confrontée à l'indignité d'un retour à Bruxelles, forcée d'admettre que sa stratégie de Brexit a échoué et en demandant une extension sachant qu'elle n'aura pas d'atout pour en négocier le terme», souligne le Times vendredi dans son éditorial.

Selon la motion présentée par le gouvernement, adoptée par 413 voix contre 202, les députés «acceptent que le gouvernement cherche un accord avec l'Union européenne» pour un report de la date du Brexit. Signe des profondes divisions qui agitent la majorité, 188 Tories ont voté contre, dont sept membres du gouvernement, parmis lesquels Stephen Barclay, ministre chargé du Brexit, ou Liam Fox, ministre du Commerce international.

La motion prévoit un court report, jusqu'au 30 juin donc, si les élus britanniques approuvent l'accord de retrait de Mme May, qu'ils ont déjà retoqué à deux reprises. Mais elle a décidé de le leur soumettre encore une fois d'ici à mercredi.

Si l'accord est encore recalé, alors le report devra aller au-delà du 30 juin et impliquera que le pays participe aux prochaines élections européennes en mai, a prévenu Theresa May.

Ce scénario d'un long report prolongerait l'incertitude dans laquelle est plongé le Royaume-Uni depuis qu'il a voté pour sortir de l'Union européenne en juin 2016. Il pourrait même signifier pas de Brexit du tout, a insisté la dirigeante conservatrice, qui compte bien jouer sur cette menace pour rallier à son accord les eurosceptiques de son Parti conservateur et les députés du petit parti unioniste nord-irlandais DUP, son allié au Parlement.

Trump raille May

Mais pour le leader de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, Mme May devrait accepter que son accord, qui prévoit une sortie du marché unique et de l'union douanière européenne, n'est pas «une option viable».

Ce vote en faveur d'un report «est une manifestation rare et bienvenue de bon sens dans les couloirs du pouvoir», a réagi Joshua Hardie, vice-président de la principale organisation d'employeurs, la CBI. «Mais les choses doivent changer pour que cela soit plus qu'un sursis».

En l'absence d'un accord de retrait approuvé par le parlement britannique, le scénario par défaut reste pour l'instant celui d'un Brexit sans accord au 29 mars, même si une majorité de députés s'est prononcée contre une telle issue mercredi.

«La situation est grave et il faut se préparer aussi à cette option que nous ne souhaitons pas», a déclaré le négociateur européen Michel Barnier jeudi soir, au Sommet des régions à Bucarest. «Je recommande qu'on ne sous-estime pas les conséquences» d'un «no-deal».

Cette perspective ne serait pas pour déplaire au président américain Donald Trump, qui a plaidé par le passé pour un Brexit «dur». «Mon gouvernement est prêt à négocier un grand accord commercial avec le Royaume-Uni. Le potentiel est illimité!», a-t-il tweeté jeudi.

Lors d'une rencontre avec le Premier ministre irlandais Leo Varadkar à Washington, le président américain a également décoché plusieurs flèches contre Theresa May, estimant que le Brexit «aurait pu être négocié d'une autre façon» et se disant «surpris de voir à quel point tout se passe mal».

(nxp/afp)