Brexit

05 décembre 2018 13:07; Act: 05.12.2018 21:07 Print

Les députés se déchaînent contre l'accord de May

Theresa May a essuyé les critiques du parlement britannique mercredi en voulant défendre l'accord du Brexit.

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Le Royaume-Uni peut décider seul de renoncer à quitter l'Union européenne sans avoir besoin de l'aval des autres Etats membres, a estimé la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), une victoire pour les Britanniques opposés au Brexit. (Lundi 10 décembre 2018) Une organisation anti-Brexit a contesté vendredi devant la justice britannique le résultat du référendum de 2016 sur le Brexit. (Vendredi 7 décembre 2018) Theresa May a dit jeudi que les députés pourraient avoir le dernier mot sur l'activation éventuelle d'une disposition évitant le rétablissement de contrôles frontaliers sur l'île d'Irlande après le Brexit. (6 décembre 2018) Une polémique retarde le début de cinq jours de débats au parlement britannique sur les termes du retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne. (4 décembre 2018) Les députés britanniques entament mardi cinq jours de débats sur les termes du retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne, avant un vote historique le 11 décembre. (Mardi 4 décembre 2018) Après l'accord avec Bruxelles, la Première ministre britannique doit maintenant convaincre le Parlement avant Noël. (Dimanche 25 novembre 2018) C'est ce dimanche que doit être officialisé le Brexit, à Bruxelles. La Première ministre britannique, Theresa May (gauche), est arrivée samedi en Belgique. (Dimanche 25 novembre 2018) L'Espagne a fait planer vendredi la menace d'une annulation du sommet européen prévu dimanche à Bruxelles si elle n'obtenait pas des «garanties» sur l'avenir de Gibraltar après le Brexit. (Vendredi 23 novembre 2018) La Première ministre britannique Theresa May a défendu devant Downing Street le projet d'accord sur le Brexit. (Jeudi 22 novembre 2018) Les équipes de négociations de l'UE et du Royaume-Uni ont conclu un accord sur le cadre de leur liens post-Brexit, sous la forme d'un projet de «déclaration politique» qui doit encore être validé lors d'un sommet dimanche, a annoncé jeudi le président du Conseil européen . (Jeudi 22 novembre 2018) A moins de cinq mois de la date fatidique du Brexit, Theresa May va rencontrer Jean-Claude Juncker ce mercredi à Bruxelles pour discuter du «cadre de la relation future». (21 novembre 2018) «Il n'y a pas d'autre accord sur la table», prévient Theresa May, la première ministre britannique. (Dimanche 18 octobre 2018) Les partisans d'un second référendum sur le Brexit se sentaient pousser des ailes jeudi après la menace agitée par la première ministre britannique Theresa May. (Vendredi 16 novembre 2018) La Première ministre britannique a annoncé jeudi soir qu'elle continuerait à soutenir l'accord sur le Brexit pour lequel elle a travaillé. (Jeudi 15 novembre 2018) Coup de théâtres à Londres: quelques heure après l'annonce d'un accord soutenu par le gouvernement, le ministre du Brexit Dominic Raab démissionne. (Jeudi 15 novembre 2018) Peu auparavant, le secrétaire d'Etat britannique pour l'Irlande du Nord, le conservateur (à gauche) a annoncé avoir démissionné. (Jeudi 15 novembre 2018) Le président du Conseil européen annonce un sommet extraordinaire pour la fin du mois afin de valider le projet d'accord sur le Brexit. (15 novembre 2018) L'accord sur le Brexit «n'a pas encore été trouvé» malgré «d'intenses efforts», a confirmé lundi le négociateur en chef de l'Union européenne aux ministres des 27 réunis à Bruxelles. (Lundi 12 novembre 2018) Des centaines de personnes ont formé lundi une chaîne humaine devant Downing Street à Londres. Elles ont demandé au gouvernement britannique de garantir les droits des expatriés dans l'hypothèse d'un Brexit sans accord avec l'Union européenne. (5 novembre 2018) Les manifestants ont remis, au siège du gouvernement, une lettre pour la Première ministre Theresa May. (5 novembre 2018 Les manifestants ont demandé au gouvernement britannique de garantir les droits des expatriés dans l'hypothèse d'un Brexit sans accord avec l'Union européenne. (5 novembre 2018) Plus de 70 patrons britanniques ont signé une lettre dans le «Sunday Times» pour réclamer un vote du public sur les termes définitifs de la sortie du Royaume-Uni de l'UE. (Dimanche 4 novembre 2018) Arron Banks, grand argentier des pro-Brexit, est soupçonné d'irrégularités dans le financement de la campagne du référendum. Une enquête a été ouverte ce jeudi. (2 novembre 2018) Londres a trouvé un accord avec Bruxelles qui va permettre au secteur financier britannique de conserver l'accès au marché unique après le Brexit, rapporte le . Bruxelles lui accorde un régime d'équivalence élargie. (Jeudi 1er novembre 2018) La fin des négociations sur la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne est en vue. Elle pourrait intervenir d'ici le 21 novembre. (Mercredi 31 octobre 2018) Dans un discours prévu lundi, la Première ministre britannique doit redire son opposition à la solution de l'UE sur la frontière irlandaise. (22 octobre 2018) Ce samedi 20 octobre, un demi-million de Britanniques venus des quatre coins du pays ont marché sur Londres pour réclamer un référendum sur l'accord final du Brexit, rebaptisé pour l'occasion «Brexshit». (samedi 20 octobre 2018) People's Vote appelle à une grande mobilisation dans le centre de Londres pour réclamer un nouveau référendum sur le Brexit. (20 octobre 2018) Faute de nouvelles propositions de Theresa May, le sommet européen n'a pas permis de percée sur le dossier du Brexit. (Mercredi 17 octobre 2018) Le négociateur en chef de l'Union européenne sur le Brexit Michel Barnier a proposé de prolonger d'un an la période de transition qui suivra la sortie du Royaume-Uni de l'UE. (Mercredi 17 octobre 2018) L'Union européenne a réclamé mardi des «propositions concrètes» et «créatives» à Londres. Les négociations sur le Brexit sont dans une «impasse», à la veille d'un sommet entre les dirigeants européens et à moins de six mois du divorce. (Mardi 16 octobre 2018) Les dirigeants européens et britanniques ont dit lundi croire encore possible de parvenir à un accord sur le Brexit, malgré l'échec du dernier cycle de négociations qui rend le scénario d'un divorce sans accord «plus probable que jamais» selon Bruxelles et Donald Tusk. (Mardi 16 octobre 2018) D'«intenses» discussions de dernière minute dimanche à Bruxelles n'ont pas suffi à débloquer les négociations sur le départ britannique de l'Union européenne, qui butent encore et toujours sur le sort de la frontière irlandaise après le Brexit. (Dimanche 14 octobre 2018) Malgré l'opposition de nombreux Britanniques, les négociations du divorce entre le Royaume-Uni et l'UE pourraient aboutir prochainement. (Mardi 9 octobre 2018) La Première ministre britannique Theresa May a annoncé qu'elle envisageait de rester à la tête du gouvernement «pour le long terme». Elle s'est exprimée depuis le congrès annuel de son Parti conservateur, à Birmingham. (Mardi 2 octobre 2018) La Première ministre Theresa May quitte le congrès du Parti conservateur (Tory) en compagnie du Chancelier de l'Echiquier (ministre des Finances) Philip Hammond. (Lundi 1er octobre 2018) Nigel Farage veut 'sauver le Brexit' et remobiliser ses troupes dans le cadre de la campagne Leave Means Leave (Partir veut dire Partir). (22 septembre 2018) De nombreux élus conservateurs, comme le député Jacob Rees-Mogg, souhaitent de leur côté une sortie sans accord et veulent couper tous les ponts avec l'UE. Beaucoup d'entre eux sont favorables à un rapprochement avec les Etats-Unis de Donald Trump. La société britannique se divise à l'approche de la date fatidique du 29 mars 2019, qui marquera l'entrée en vigueur du Brexit. D'un côté, les Remainers craignent que le Royaume-Uni ne soit plus isolé que jamais, surtout s'il ne parvient pas à conclure d'accord avec l'UE. Ils ne manquent jamais de souligner les conséquences néfastes d'une sortie sans accord.

Une faute?

Le gouvernement britannique a essuyé une nouvelle vague de critiques mercredi au Parlement alimentée par la publication de l'avis de son conseiller juridique sur l'accord de Brexit conclu entre Bruxelles et la Première ministre Theresa May.

Dans ce document, dont les députés ont exigé la publication intégrale, l'Attorney general souligne que Londres pourrait être «soumis à des cycles de négociations très longs et répétés» pour obtenir un nouvel accord définissant la relation future entre le Royaume-Uni et l'UE.

Il prévient que l'alignement règlementaire de la province britannique d'Irlande du Nord sur l'UE afin d'éviter une frontière physique avec la République d'Irlande après le Brexit, prévu pour le 29 mars 2019, pourrait «perdurer indéfiniment» dans l'attente de la conclusion du nouvel accord.

Ces dispositions, désignées par le terme de «filet de sécurité», nourrissent le mécontentement des députés eurosceptiques, qui demandent une franche rupture avec l'UE, et du parti nord-irlandais DUP, pourtant allié au gouvernement, qui refuse tout traitement spécifique pour l'Irlande du Nord, y voyant une atteinte à l'intégrité du Royaume-Uni, et juge le texte «inacceptable».

Partisans comme adversaires du Brexit ont ainsi prévenu qu'ils s'opposeraient à l'accord de divorce, qui sera soumis à leur vote le 11 décembre au terme de cinq jours de débats. Theresa May a même été accusée par le député nationaliste écossais Ian Blackford d'avoir cherché à «induire en erreur» les parlementaires en refusant initialement de publier cet avis juridique susceptible de renforcer l'opposition à son accord.

Le ministre de l'Intérieur, Sajid Javid, en a aussi pris pour son grade : ses promesses de maintenir une coopération avec l'UE en matière de sécurité après le Brexit ont été jugées dignes d'«une liste de cadeaux envoyée au Père Noël», selon le député travailliste Chris Bryant.

Le Royaume-Uni comme l'UE ont jusqu'à présent écarté la possibilité de renégocier le texte, contrairement à ce que demandent des députés opposés à Theresa May.

- Opposition du Parlement écossais -

Mardi, le gouvernement avait essuyé un sérieux revers, les députés estimant qu'il s'était rendu coupable d'«outrage au Parlement» en refusant de publier l'intégralité de l'avis juridique et obtenant sa publication le jour suivant.

Alors que Theresa May peine à réunir une majorité pour adopter l'accord, fruit de 17 mois de difficiles négociations entre Londres et Bruxelles, le parlement écossais a quant à lui déjà tranché en rejetant le texte.

Par 92 voix contre 29, les députés écossais ont adopté mercredi une motion écartant à la fois l'accord de divorce négocié par Theresa May et l'hypothèse d'une sortie du Royaume-Uni de l'UE sans accord, appelant à trouver une «meilleure» option, dans un vote purement symbolique.

L'Ecosse avait voté contre la sortie de l'UE au référendum de juin 2016 Pendant ce temps, à Bruxelles, le processus de ratification du texte par la Commission a commencé. «Nous devons bien sûr connaître le résultat des discussions au Parlement britannique et du vote», a déclaré le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis. «Mais nous nous préparons».

- «Réconciliation» -

La cheffe du gouvernement britannique ne cesse de répéter que le Traité de retrait est «la seule solution» pour mener à bien le Brexit. «Je continue à écouter les collègues là-dessus et à réfléchir au moyen d'avancer», a-t-elle dit aux députés mercredi.

Mais l'accord fédère les mécontentements au sein de l'opposition et jusque dans les rangs de la majorité, la plaçant dans une position d'extrême faiblesse et laissant planer de gros doutes sur le vote du Parlement.

Le chef des travaillistes, Jeremy Corbyn, l'a jugé «mauvais» pour le Royaume-Uni et son économie, estimant que Theresa May avait seulement réussi à réunir une «extraordinaire coalition» contre elle.

L'ex-ministre conservateur des Affaires étrangères, Boris Johnson, a qualifié le texte d'«humiliation nationale tournant le Brexit en dérision». Dans un Royaume-Uni toujours profondément divisé, deux ans et demi après le référendum sur le Brexit, l'achevêque de Canterbury, Justin Welby, a appelé mercredi à la «réconciliation nationale».

(nxp/ats)