Paris

19 avril 2019 13:55; Act: 19.04.2019 16:42 Print

Les derniers tableaux de Notre-Dame en sécurité

Les oeuvres intactes à l'intérieur de la cathédrale ont été extraites du bâtiment sinistré ce vendredi pour être préservées.

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Un homme évacue les oeuvres de Notre-Dame. (Photo: AFP)

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Quinze tableaux de Notre-Dame en bon état de conservation ont été décrochés pour être emmenés au Louvre. Ils devaient y être sécurisés dès vendredi, avant que ne démarre le long chantier de restauration de la cathédrale parisienne ravagée par un incendie.

Quatre jours après le sinistre, sur le parvis de la cathédrale où flotte une odeur persistante de brûlé, le ministre de la Culture Franck Riester a confirmé la bonne nouvelle: ces tableaux de grande taille, des mays du XVIIe siècle - les plus grands de trois mètres sur quatre - «n'ont pas été abîmés» et «sont dans des conditions quasi normales».

Une nouvelle que l'on espérait, puisque l'intérieur de la nef n'avait pas été directement attaqué par l'incendie. Les tableaux «ont été préservés des flammes et peuvent être retirés, déposés et transportés dans des réserves sécurisées», précise le ministre.

Opération difficile

L'opération devait se conclure dans la journée. Les quinze toiles de prix, signées Laurent de La Hyre ou Charles Le Brun, ont été soigneusement emballées et placées dans des camions, qui devaient les conduire au Louvre.

L'opération n'était «pas facile. Les tableaux sont grands et lourds, les chapelles sont un petit peu encombrées», notamment par des confessionnaux modernes en verre, a expliqué Isabelle Pallot-Frossard, directrice du Centre de recherche et de restauration des Musées de France.

«Le travail d'emballage est le plus long, puisqu'on les descend d'abord, on les observe, on fait le constat d'état, des photographies, et ensuite on les emballe», dit-elle. Pour Judith Kagan, cheffe du bureau de la conservation du patrimoine, cette évacution doit «permettre au chantier de se dérouler sans être occupé avec les objets précieux au milieu». «Il n'y a aucun tableau endommagé dans l'incendie», tient-elle à souligner.

Chemin de croix

Seules quatre oeuvres, intactes mais pas encore accessibles, car les lieux où elles se trouvent doivent être sécurisés, devaient rester dans la cathédrale: deux tableaux, un reliquaire contenant les restes de Sainte Geneviève, patronne de Paris, et «une Vierge à l'enfant qui est toute droite et a gardé un petit cierge qui est resté allumé pendant plusieurs jours», raconte Judith Kagan.

Pour expliquer le bon état de conservation, Mme Pallot-Frossard explique qu'«il n'y a pas eu du tout d'eau tombée dans les chapelles. Il n'y a pas eu de suie, car il n'y a pas eu de feu important dans la cathédrale. Quand des poutres enflammées sont tombées, les pompiers ont immédiatement jugulé le feu».

En ce Vendredi Saint, l'archevêque de Paris Michel Aupetit, qui normalement prend part au chemin de Croix au Sacré-Coeur, a participé à celui organisé autour de Notre-Dame avec les fidèles.

Macron parle avec l'Unesco

Emmanuel Macron, qui a annoncé la fin du chantier dans cinq ans - s'attirant les critiques des sceptiques, qui jugent qu'une telle opération prendra plus de temps - a reçu vendredi une délégation de l'Unesco. Ils ont fait le point sur les aides internationales qui ont afflué, au côté du général Jean-Louis Georgelin, le «Monsieur Reconstruction» nommé par l'Elysée.

Selon l'expert en oeuvres d'art Eric Turquin, «le fait que les tableaux étaient dans des chapelles latérales les a sans doute préservés d'une chaleur excessive, qui aurait cristallisé la peinture et aurait eu un effet irrémédiable».

Escroquerie

L'incendie de lundi soir a suscité une émotion dans le monde entier. Les dons de mécènes et de personnes privées ont afflué et des escrocs ont tenté d'intercepter une partie des dons avec des faux sites.

Dans ce contexte, une enquête pour «escroquerie en bande organisée» visant des personnes ayant lancé frauduleusement des appels aux dons pour financer la reconstruction de Notre-Dame a été ouverte vendredi, a appris l'AFP auprès du parquet de Paris qui appelle à la «vigilance».

Cette enquête a été ouverte à la suite d'une plainte de la Fondation du patrimoine visant des personnes profitant du contexte pour tenter de solliciter frauduleusement des dons en son nom.

(nxp/ats)