Otages en Afghanistan

29 juin 2011 15:39; Act: 29.06.2011 17:47 Print

Les deux journalistes français libérés

Les deux journalistes français Hervé Ghesquière et Stéphane Taponnier, otages en Afghanistan depuis un an et demi, ont été libérés.

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Hervé Ghesquière et Stéphane Taponnier avaient été enlevés en décembre 2009. (Photo: AFP)

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Deux journalistes français de la télévision publique, Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, ainsi que leur interprète afghan, ont été libérés mercredi. Ils étaient détenus en otage par des talibans en Afghanistan depuis 18 mois. Les deux reporters seront de retour en France jeudi.

«Le président de la République (Nicolas Sarkozy) annonce la libération de nos deux compatriotes Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, ainsi que de leur interprète Reza Din», a indiqué mercredi un communiqué de la présidence française.

Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, qui travaillaient pour un magazine de la chaîne publique France 3, ont été enlevés le 30 décembre 2009 à 60 km de Kaboul, dans la province de Kapisa. Ils étaient aux mains de groupes talibans.

«Le chef de l'État s'associe à la joie des familles. Il remercie le président (afghan Hamid) Karzaï pour la gestion de cette crise, ainsi que tous ceux qui ont participé à la libération des otages. Le président de la République réaffirme son soutien au peuple afghan et aux autorités afghanes», ajoute le texte de la présidence française.

«C'est un choc»

«Je veux confirmer que depuis quelques heures nos deux otages sont entre les mains des forces françaises sur la base de Tagab. Nous attendions pour l'annoncer que les familles aient été directement informées», a précisé le premier ministre François Fillon devant l'Assemblée nationale. Ils sont «en bonne santé» et seront sur le sol français «dans quelques heures», a-t-il précisé.

«Ils arriveront demain matin à Villacoublay (près de Paris) à 8h00 et je serai bien évidement là pour les accueillir», a affirmé Béatrice Coulon, compagne d'Hervé Ghesquière. «C'est un choc», a confié Thierry Taponier, le frère de Stéphane Taponier. «L'apprendre d'un coup, j'ai du mal à en parler» a-t-il ajouté très ému.

Félicitations de Kaboul

La chaîne de télévision France 3 a confirmé que les deux journalistes étaient en bonne condition physique et morale. «Ils sont en très bonne forme physique, ils sont en très bonne forme morale», a confié Pierre Babey, un journaliste de la chaîne qui a pu aller à leur rencontre peu après leur libération.

Le gouvernement afghan, de son côté, a félicité la France pour cette libération. «Nous félicitons les journalistes eux-mêmes, ainsi que le gouvernement français et la nation française», a déclaré Siamak Heravi, porte-parole de Hamid Karzaï.

Le premier ministre François Fillon a saisi l'occasion pour lancer un appel: «Cette libération nous fait penser à tous les Français qui sont encore retenus en otages, au Sahel, en Somalie, au Yémen, nous allons oeuvrer avec la même détermination pour obtenir leur libération et j'en profite pour lancer un appel à ceux qui les détiennent», a-t-il déclaré.

Fête improvisée

Le sort de Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, des journalistes habitués aux zones de guerre, faisait l'objet d'une intense mobilisation en France. Des comités de soutien se sont constitués, et les bulletins d'information des chaînes de télévision publique s'achevaient depuis plusieurs mois par des message de rappel de la captivité des deux hommes.

Mercredi, les comités de soutien avaient prévu de manifester à Paris, près du centre Beaubourg, pour marquer les 18 mois de captivité des deux journalistes. La manifestation s'est transformée en une fête improvisée pour célébrer leur libération.

Six mois sans preuve de vie

Les autorités françaises avaient d'abord été optimistes sur la situation des deux hommes, car le contact avec les ravisseurs avait été assez rapidement établi après leur enlèvement.

Ainsi, le 24 septembre 2010, le chef d'Etat-major des armées françaises, l'amiral Edouard Guillaud, avait même confié avoir un «espoir raisonnable» d'une libération avant Noël. Leur captivité durera six mois de plus. La dernière preuve de vie connue des deux hommes, un enregistrement vidéo, datait de novembre 2010.

(ats)