Zimbabwe

31 juillet 2018 07:05; Act: 31.07.2018 10:24 Print

Les deux principaux rivaux affirment être en tête

Le chef de l'opposition, Nelson Chamisa, a revendiqué une victoire «éclatante» aux élections générales. Tout comme son rival, le chef de l'Etat Emmerson Mnangagwa.

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La Cour constitutionnelle du Zimbabwe a rejeté les requêtes de l'opposition et a validé ce vendredi l'élection du président sortant Emmerson Mnangagwa, (24 août 2018) Emmerson Mnangagwa, ancien bras droit de Robert Mugabe, a été élu président du Zimbabwe dès le premier tour, une victoire immédiatement rejetée vendredi par l'opposition. (Vendredi 3 août 2018) Le leader de l'opposition au Zimbabwe, Nelson Chamisa, a revendiqué mardi une victoire «éclatante» aux élections générales la veille, les premières depuis la chute du président Robert Mugabe. (Mardi 31 juillet 2018) Les Zimbabwéens se sont mobilisés pour voter ce lundi. (30 juillet 2018) De longues files d'attente s'étaient formées à l'aube devant de nombreux bureaux de vote à Harare. (30 juillet 2018) Premières élections générales depuis la chute du président Robert Mugabe en novembre après trente-sept ans de pouvoir. (30 juillet 2018) Elections au Zimbabwe, 30 juillet 2018. Les scrutins historiques sont organisé dans un climat de suspicion de fraude. (Zimbabwe, 30 juillet 2018) Robert Mugabe, accompagné de son épouse, de voter sous les flashs des photographes à Harare. Il s'est refusé à tout commentaire. (30 juillet 2018) La course pour la fonction suprême se joue entre l'actuel chef de l'Etat Emmerson Mnangagwa (photo), patron de la Zanu-PF, le parti au pouvoir depuis l'indépendance du Zimbabwe en 1980, et l'opposant Nelson Chamisa, leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC). (30 juillet 2018)

Une faute?

Les deux principaux candidats à la présidentielle au Zimbabwe, le chef de l'Etat Emmerson Mnangagwa et l'opposant Nelson Chamisa, se sont chacun félicités mardi d'être en tête des élections organisées la veille, les premières depuis la chute de Robert Mugabe après près de quatre décennies au pouvoir.

Les résultats officiels des élections présidentielle, législatives et municipales, qui se jouent essentiellement entre la Zanu-PF, le parti aux commandes depuis 1980, et le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), n'ont pas encore été annoncés. Mais M. Chamisa, le jeune patron du MDC, a revendiqué dès mardi une «victoire éclatante».

«Nous avons fait remarquablement bien» contre Emmerson Mnangagwa et la Zanu-PF, a-t-il affirmé, en se basant sur un décompte des voix portant sur «la majorité des plus de 10000 bureaux de vote» du pays. «Nous sommes prêts à former le prochain gouvernement», a-t-il lancé sur son compte Twitter.

Rapidement, M. Mnangagwa, patron de la Zanu-PF et ancien bras droit de M. Mugabe, lui a répondu en sous-entendant qu'il menait la course.

«Les informations obtenues par mes représentants sur le terrain sont extrêmement positives», a-t-il assuré. «En train d'attendre patiemment les résultats, conformément à la Constitution», a-t-il ajouté sur son compte Twitter, se disant «enchanté par le taux de participation élevé».

Les Zimbabwéens se sont rendus en nombre lundi aux urnes pour ces élections historiques. Selon la commission électorale, le taux de participation se situait aux alentours de 75% une heure avant la clôture des bureaux de vote lundi.

M. Mnangagwa, qui a succédé en novembre à M. Mugabe à la suite d'un coup de force de l'armée et de son parti, cherche à obtenir par les urnes la légitimité du pouvoir. Il était donné favori de la présidentielle, même si l'écart avec son principal adversaire s'était récemment réduit, selon un sondage publié il y a une dizaine de jours.

Si aucun candidat n'obtient la majorité absolue des suffrages au premier tour, un second tour sera organisé le 8 septembre.

«Nouveau Zimbabwe»

En campagne, M. Mnangagwa, 75 ans, ancien vice-président et ministre de M. Mugabe, a tenté de se démarquer de son ex-mentor, en promettant un «nouveau Zimbabwe» et la relance de l'économie, au bord de la faillite.

Devant les banques, les longues files de clients en quête d'un peu de liquide sont quotidiennes depuis des années. Les diplômés viennent chaque jour grossir les rangs des sans emploi, alors que le taux de chômage avoisine les 90%.

M. Chamisa, âgé de 40 ans et sans grande expérience politique, a lui fait de son âge son arme principale pour détrôner le parti au pouvoir depuis l'indépendance en 1980. Pendant la campagne, cet orateur au style vestimentaire toujours impeccable a naturellement su séduire un électorat jeune, en quête de sang neuf.

Depuis son indépendance, le Zimbabwe n'a connu que deux chefs de l'Etat, tous les deux issus du même parti, la Zanu-PF. D'abord M. Mugabe, contraint à la démission en novembre à l'âge de 93 ans, puis M. Mnangagwa, qui a pris sa revanche après avoir limogé quelques semaines plus tôt de son poste de vice-président.

Le président Mnangagwa a promis des élections «libres et justes», alors que les scrutins de l'ère Mugabe ont été régulièrement entachés de violences et de fraudes. Pour preuve de sa bonne volonté, il a invité, pour la première fois en seize ans, les observateurs occidentaux à surveiller le processus électoral.

Aucun incident violent n'avait été signalé lundi en fin d'après-midi, a indiqué le chef des observateurs de l'Union européenne (UE), Elmar Brok.

En revanche, l'UE a noté «des déficiences» pendant les opérations de vote, notamment «la totale désorganisation» du vote dans deux quartiers pauvres d'Harare, alors que «tout s'est bien passé dans des quartiers plus favorisés». «Il convient maintenant de vérifier s'il s'agit d'une tendance» ou de cas isolés, a estimé M. Brok.

L'ancien président Mugabe a voté lundi sous les flashs des photographes. Il avait la veille, lors d'une conférence de presse surprise, appelé les électeurs à faire chuter son ancien parti, la Zanu-PF. «Je ne peux pas voter pour ceux qui m'ont mal traité», avait-il expliqué, avant de sous-entendre qu'il donnerait sa voix à M. Chamisa, dont il a toujours combattu la formation.

(nxp/afp)