Québec

19 mai 2012 08:49; Act: 19.05.2012 09:21 Print

Les étudiants se rebellent contre une «loi spéciale»

Le gouvernement québécois a imposé sa ligne dure contre le mouvement étudiant en faisant voter une «loi spéciale», accueillie par des lancers de cocktails Molotov ne marge d'une manifestation.

Voir le diaporama en grand »
23.06 Après quelques jours de pause, les manifestations ont repris au Québec. Dix à vingt-mille étudiants sont descendus dans la rue à Montréal et à Québec. La 49e nuit de manifestations s'est soldée par un avis de dispersion. La police a chargé à la matraque plus d'un millier de manifestants dimanche soir à Montréal. 09.06 Des nouveaux affrontements ont eu lieu vendredi soir. 06.06 Le député Amir Khadir a été arrêté lors de la manifestation de mardi soir à Québec. 23.05 Les manifestations continuent au Québec. 22.05 Une marée humaine a envahi les rues de Montréal, au centième jour de conflit entre le gouvernement et les étudiants. 19.05 La situation n'est pas en passe d'être résolue au Québec. Le gouvernement a imposé sa ligne dure contre le mouvement étudiant en faisant voter une «loi spéciale», accueillie par des lancers de cocktails Molotov ne marge d'une manifestation. 05.05 Une nouvelle manifestation a donné lieu à plus de 100 interpellations. Plus tard dans la journée, un accord entre les manifestants et le gouvernement a été annoncé. De violents affrontements entre étudiants contestataires et policiers ont éclaté vendredi dans le centre-ville de Montréal. Les étudiants dénoncent la décision du gouvernement québécois d'augmenter les droits de scolarité de 325 dollars par an pendant cinq ans à compter de l'automne. Soit une hausse totale de 1625 dollars ou 75%. La police de Montréal a fait état d'au moins 12 arrestations, quatre à six blessés, dont trois dans ses rangs.

Sur ce sujet
Une faute?

Le Parlement québécois a adopté vendredi à l'initiative du gouvernement de Jean Charest une «loi spéciale» illustrant la ligne dure adoptée face aux étudiants en grève depuis plus de trois mois et critiquée par beaucoup pour les limitations aux libertés qu'elle met en place.
Ce texte, approuvé par 68 voix pour et 48 contre, restreint notamment le droit de manifester et prévoit de lourdes amendes pour les contrevenants.

Plusieurs milliers de personnes - les estimations de témoins allaient de trois à dix mille - ont manifesté vendredi soir à Montréal contre la nouvelle loi, baptisée «loi matraque» par ses adversaires. Leur marche a été émaillée de quelques incidents et des cocktails Molotov ont été lancés dans le centre ville, ce qui a poussé la police à déclarer la manifestation illégale, mais ensuite celle-ci s'est poursuivie dans le calme.

Amertume et détermination

Au parlement, immédiatement après le vote, la chef de l'opposition et du Parti Québécois Pauline Marois, a évoqué «un des jours les plus sombres pour la démocratie québécoise» et une «loi-matraque pour faire taire les Québécois». Les leaders étudiants ont de leur côté exprimé à la fois leur amertume et leur détermination. Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, a regretté que le gouvernement ait «choisi la voie de la répression plutôt que la négociation» et annoncé que son organisation allait contester la loi spéciale devant les tribunaux.

Le troisième leader des grévistes, Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la Classe, l'organisation la plus radicale, a dénoncé, lui «le meurtre de la liberté d'association et de la liberté de manifester» et déclaré que la loi serait contestée «devant les tribunaux et dans la rue». A cet égard, il a appelé les Québécois à participer à une «grande manifestation» organisée à Montréal mardi prochain.

Levée de boucliers

Si la position ferme adoptée depuis le début du conflit par M. Charest face aux étudiants n'avait jusqu'ici pas nui à sa cote de popularité, les moyens qu'il a fini par choisir pour y mettre fin ont provoqué une levée de boucliers. Avant même qu'elle ne soit adoptée, la loi a été violemment dénoncée par les leaders syndicaux, des universitaires, ou par le bâtonnier du barreau du Québec, Me Louis Masson.

Le texte doit rester en vigueur jusqu'en juillet 2013. Il restreint le droit de manifester sans accord préalable de la police, qui doit être informée huit heures à l'avance, et interdit tout rassemblement à moins de 50 mètres des établissements scolaires.

Lourdes amendes

Les organisateurs de manifestations destinées à empêcher le fonctionnement normal des universités s'exposeront désormais à une amende de 1000 à 5000 dollars par jour pour une personne, et de 25'000 à 125'000 dollars par jour pour une organisation, et le double en cas de récidive. Pour la ministre de l'Education Michelle Courchesne, descendue en première ligne face aux caméras après le vote, la loi spéciale défend le droit à l'éducation des non-grévistes et vise à sauver le semestre en cours qui risquait d'être annulé.

Hausse des droits de scolarité

De fait, elle suspend les cours dans les établissements en grève jusqu'à mi-août, dans le but de faire baisser la tension. Le conflit a été déclenché début février par l'annonce d'une hausse progressive des droits de scolarité, apparemment acceptée par une partie de la société québécoise, mais refusée par les organisations étudiantes. La dernière version de cette réforme prévoit une augmentation de 82% des droits de scolarité à l'université --soit 1780 dollars sur sept ans-- au lieu de cinq ans initialement, pour arriver à près de 4000 dollars par an, plus près de la moyenne nord-américaine.

(afp)