Nicaragua

14 juin 2018 00:12; Act: 14.06.2018 04:16 Print

Les évêques convoquent une réunion vendredi

Les évêques du Nicaragua ont reçu une réponse du président Ortega. Ils convoquent vendredi gouvernement et opposition.

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Des milliers de catholiques se sont rassemblés dimanche à la cathédrale de Managua pour soutenir leurs évêques et exiger la libération de centaines de personnes détenues à la suite des manifestations contre le gouvernement de Daniel Ortega. (Lundi 29 octobre 2018) La police a arrêté dimanche 30 manifestants de l'opposition au Nicaragua. La communauté internationale s'inquiète. (14 octobre 2018) Des milliers de partisans du sandinisme ont défilé mercredi à Managua pour soutenir le président Daniel Ortega, confronté depuis cinq mois à des manifestations de l'opposition réclamant son départ du pouvoir. (Jeudi 4 octobre 2018) La police nicaraguayenne a dispersé avec violence une manifestation contre le président Ortega, à Managua. (Dimanche 30 septembre 2018) Un opposant au président nicaraguayen Daniel Ortega qui manifestait dimanche à Managua a été tué et au moins cinq autres manifestants ont été blessés. (23 septembre 2018) Plusieurs milliers de manifestants ont défilé dans les rues de la capitale, Managua, pour soutenir le président Daniel Ortega. (Jeudi 20 septembre 2018) Des hommes en moto ont ouvert le feu samedi sur des manifestants anti-Ortega, faisant au moins deux blessés. (15 septembre 2018) Une nouvelle manifestation pour la démission du président Ortega a rassemblé des milliers de personnes jeudi à Managua. (13 septembre 2018) La capitale nicaraguayenne a été partiellement paralysée vendredi par une grève de 24 heures du secteur privé à l'appel de l'alliance de l'opposition. (Samedi 8 septembre 2018) De violents incidents ont éclaté dimanche à Managua lors d'une manifestation contre la présidence de Daniel Ortega. (2 septembre 2018) En réaction à un rapport de l'ONU sur les violences disproportionnées contre les manifestants qui ont fait plus de 300 morts en avril, Ortega expulse la mission de l'ONU. (31 août 2018) Des centaines de Nicaraguayens ont formé jeudi une chaîne humaine à Managua pour demander la libération des personnes arrêtées lors des manifestations anti-gouvernementales. (30 août 2018) Le président nicaraguayen Daniel Ortega a violemment attaqué mercredi le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme après la publication par cet organisme d'un rapport sur la situation au Nicaragua. (Mercredi 29 août 2018) Des milliers de manifestants ont demandé mercredi la démission du président du Nicaragua Daniel Ortega dans les rues de Managua. (15 août 2018) Des milliers de Nicaraguayens sont descendus dans la rue pour soutenir les médecins licenciés par le gouvernement pour avoir soigné des opposants blessés. (Dimanche 5 août 2018) Pour la première fois, catholiques, évangélistes et non-croyants ont manifesté ensemble afin de soutenir les évêques, critiqués et agressés par le président Daniel Ortega. (Dimanche 29 juillet 2018) Quelque 40 médecins, infirmières et techniciens d'un hôpital public nicaraguayen ont été renvoyés vendredi pour avoir soigné des manifestants et soutenu les rassemblements contre le président Daniel Ortega. (Samedi 28 juillet 2018) Plusieurs centaines d'étudiants ont commémoré les 100 jours de protestation contre le président Daniel Ortega. Depuis le début de la répression, plus de 300 personnes sont mortes. (Vendredi 27 juillet 2018) Des centaines de manifestants ont encore défilé dimanche pour demander la démission du président Ortega. (Dimanche 22 juillet 2018) L'évêque auxiliaire de Managua, Silvio Jose Baez Ortega, a réaffirmé la volonté de l'Eglise de poursuivre son rôle de médiateur malgré les attaques du président Ortega. (Lundi 23 juillet 2018) Plusieurs centaines de manifestants ont bravé le pouvoir en manifestant dans les rues de la capitale Managua. (Dimanche 22 juillet 2018) En pleine vague de protestations contre le président Daniel Ortega, les sandinistes au pouvoir au Nicaragua commémoraient jeudi le 39e anniversaire de la révolution de 1979 qui a renversé la dictature d'Anastasio Somoza. (Jeudi 19 juillet 2018) A Masaya, les forces pro-Ortega font désormais place nette et chassent les opposants au régime de la ville la plus rebelle du pays. (Jeudi 19 juillet 2018) Daniel Ortega avec son épouse Rosario Murillo,surnommée «la sorcière». (18 juillet 2018) «Ensemble, nous sommes un volcan», scandent les manifestants en défi au président Ortega dont ils réclament le départ. (Mardi 17 juillet 2018) Dans la nuit de vendredi à samedi, deux jeunes ont été tués durant une violente attaque menée par les forces pro-gouvernementales contre une église de Managua, où quelque 200 étudiants s'étaient retranchés. (Lundi 16 juillet 2018) Au moins 10 personnes ont été tuées dimanche dans des affrontements entre les forces gouvernementales et les rebelles. (Lundi 16 juillet) Deux étudiants ont été tués et une vingtaine d'autres blessés au cours d'une attaque des forces progouvernementales contre une église où 200 étudiants étaient retranchés. Ils sont sortis samedi à la suite d'une médiation de l'Eglise catholique. (Dimanche 15 juillet) Deux personnes ont été tuées et des dizaines blessées vendredi dans des violences à Masaya, la ville la plus rebelle de Nicaragua. (Samedi 14 juillet 2018) Les partisans du président Daniel Ortega ont roulé vers la ville rebelle de Masaya en réponse à la grève générale déclenchée par l'opposition. (Samedi 14 juillet 2018) Quatre policiers et un manifestant ont été tués jeudi, lors de heurts à Morrito, dans le sud-est du pays. (Jeudi 12 juillet 2018) Des milliers de manifestants ont défilé jeudi au Nicaragua pour exiger le départ du président Daniel Ortega. (12 juillet 2018) Des partisans du président Daniel Ortega et des paramilitaires ont agressé des prélats catholiques dans une basilique. (Lundi 9 juillet 2018). Trois personnes au moins sont mortes et plusieurs ont été blessées dimanche lors d'une violente incursion de forces gouvernementales à Diriamba et Jinotepe. (Archives) (Dimanche 8 juillet 2018) Apparu en public pour la première fois depuis plus d'un mois, le président Daniel Ortega a exclu des élections anticipées, réclamées par l'opposition depuis le début des manifestations. (Dimanche 8 juillet 2018) Une opération policière a fait plusieurs morts. En parallèle, des officiels ont été visés par des sanctions américaines. (Jeudi 5 juillet 2018) Mercredi, plusieurs milliers de manifestants ont formé une chaîne humaine pour demander le départ du président Ortega, dans le nord du pays. (Jeudi 5 juillet 2018) Un groupe d'experts de la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) a commencé à enquêter sur les violences qui secouent le Nicaragua. (Mardi 3 juillet 2018) La «Marche des Fleurs» a réuni des milliers de Nicaraguayens samedi à Managua, réclamant justice pour les victimes mineures de la répression. (Samedi 30 juin 2018) Le parlement du Nicaragua a autorisé vendredi la venue dans le pays de militaires de plusieurs pays, dont la Russie, de juillet à décembre pour des exercices. (Samedi 30 juin 2018) People attend the 'Marcha de las Flores' -in honor of the children killed during protests- in Managua on June 30, 2018. At least six people were shot and wounded Saturday while protesting President Daniel Ortega in Nicaragua's capital, an AFP reporter said. / AFP PHOTO / INTI OCON Le cardinal médiateur de la crise au Nicaragua, où le dialogue piétine, se rend au Vatican mardi. (26 juin 2018) Le gouvernement et l'opposition sont convoqués par l'Eglise afin de discuter des élections anticipées de 2019. (Lundi 25 juin 2018) La répression contres les manifestants au Nicaragua a fait 5 nouvelles victimes. (Dimanche 24 juin 2018) 26 personnes ont été libérées des prisons au Nicaragua. (Vendredi 22 juin 2018) Derrière les barricades, les habitants rebelles de Masaya résistent à l'assaut des forces pro-gouvernementales. (Mercredi 20 juin 2018) Au moins trois personnes ont été tuées mardi dans l'offensive du gouvernement du Nicaragua contre la ville rebelle de Masaya. (19 juin 2018) Au Nicaragua, l'opposition refuse de dialoguer avec le gouvernement Ortega sans observateurs internationaux. (Lundi 18 juin 2018) Au moins huit personnes ont été tuées samedi à Managua, dont les six membres d'une même famille morts dans l'incendie de leur maison. (Samedi 16 juin 2018) Le gouvernement de Daniel Ortega a accepté l'ouverture d'une enquête par des observateurs des droits de l'Homme indépendants pour enquêter sur les violences, qui ont fait au moins 170 morts depuis deux mois. (Samedi 16 juin 2018) Le président Daniel Ortega a rejeté la requête des évêques catholiques sur l'ouverture d'une enquête par des organismes internationaux. Il exige d'abord que les manifestants démontent les barrages installés sur de nombreuses routes du pays, ce que l'opposition a immédiatement refusé. (Vendredi 15 juin 2018) De nouvelles violences meurtrières ont éclaté au Nicaragua, paralysé toute la journée par une grève générale, portant à plus de 160 le nombre de morts depuis le début de la vague de contestation. (Jeudi 14 juin 2018) Les évêques du Nicaragua ont reçu une réponse du président Ortega. Ils convoquent vendredi gouvernement et opposition. (Mercredi 13 juin 2018) L'opposition au président du Nicaragua Daniel Ortega appelle à une grève générale pacifiste jeudi. (Mardi 12 juin 2018) La police anti-émeute et les milices paramilitaires pro-gouvernementales ont attaqué lundi à l'est de Managua les barricades dressées par les manifestants, plongeant cette zone de la capitale nicaraguayenne dans le chaos pour tenter de mater un soulèvement contre le président Daniel Ortega, toujours silencieux. (Lundi 11 juin 2018) Depuis le début du mois d'avril, le bilan est de 137 morts dans les affrontements entre les manifestants et le gouvernement. (Samedi 9 juin 2018) Une réunion est prévue entre le président Ortega et les évêques pour une éventuelle reprise du dialogue avec l'opposition. (Jeudi 7 juin 2018) Les manifestations anti-Ortega ont fait 121 morts et 1300 blessés depuis mi-avril, selon une ONG locale. (Mardi 5 juin 2018) Au moins cinq personnes ont été tuées au Nicaragua dans de nouvelles violences en marge des manifestations contre le président Daniel Ortega, dont l'épouse et vice-présidente a appelé au dialogue. (Lundi 4 août 2018) Un citoyen américain a été tué au Nicaragua, à Managua, lors des manifestations anti-gouvernementales et ce dans des circonstances troubles. (Samedi 2 juin 2018) Les dernières victimes de la répression étaient enterrés vendredi au Nicaragua. Le bilan dépasse désormais les 100 morts depuis plus d'un mois. (Vendredi 1er juin 2018) La marche de soutien aux mères dont les enfants avaient été tués dans les manifestations précédentes a été prise sous les tirs soudains de snipers. (Jeudi 31 mai 2018) «Le Nicaragua nous appartient à nous tous et nous restons tous ici», a lancé Daniel Ortega devant ses partisans dans le nord de Managua, la capitale nicaraguayenne. (Mercredi 30 mai 2018) La marche des «Mères d'avril», dont les enfants sont morts pendant les manifestations, a été la cible de snipers. (Mercredi 30 mai 2018) Les affrontements avec la police ont fait une centaine de morts depuis avril. (Mardi 29 mai 2018) Un manifestant brandit une arme artisanale à Masaya. (Lundi 28 mai 2018)

Une faute?

Le Nicaragua s'apprêtait à vivre une journée de paralysie totale jeudi, l'opposition ayant décrété une grève générale pour protester contre la violente répression des manifestations contre le président Daniel Ortega, qui fait plus de 150 morts en moins de deux mois. Tout en soutenant cette «expression de protestation pacifique», l'influente Eglise catholique, qui s'est posée en médiatrice du conflit, a prié le gouvernement et l'opposition de renouer le dialogue.

Les évêques ont annoncé mercredi soir avoir «reçu une réponse du président de la République» à leur proposition de démocratisation de la vie politique, présentée il y a près d'une semaine. Et ils ont dans la foulée convoqué les deux camps à une réunion de concertation vendredi, où ils présenteront la réponse apportée par l'ancien guérillero de 72 ans, à la tête du pays depuis 2007, après un premier passage de 1979 à 1990.

Les manifestants réclament notamment l'organisation anticipée de l'élection présidentielle prévue en 2021 et des réformes constitutionnelles. «Ca suffit. Nous voulons tous la paix, nous voulons dépasser ces circonstances dures, douloureuses, tragiques. Nous voulons trouver les possibilités de tracer un chemin vers l'avant à la table de négociations», a déclaré mercredi soir sur les médias officiels Mme Rosario Murillo, vice-présidente et épouse de Daniel Ortega, sans faire référence à la réponse présidentielle aux évêques.

En attendant de voir si ces discussions permettront de trouver une issue à la crise, les Nicaraguayens se sont précipités dans les supermarchés pour renflouer leurs stocks de nourriture avant le début de la grève prévu à minuit mercredi (06H00 GMT jeudi).

«Nous devons faire ce sacrifice; nous n'allons pas mourir de faim en un jour», a déclaré à l'AFP Jorge Esquivel, alors qu'il sortait d'un magasin, les bras chargés de vivre. Cet homme de 60 ans s'est dit favorable à la grève, qui doit toucher «tout le pays et toutes les activités économiques», à l'exception des services d'urgence, selon ses initateurs.

«La population est réprimée»

L'appel au débrayage a été lancé par l'Alliance citoyenne pour la justice et la démocratie, qui regroupe des étudiants, des chefs d'entreprise et des représentants de la société civile. Cette coalition est à la pointe des manifestations lancées le 18 avril contre le gouvernement sandiniste et qui n'ont cessé de prendre de l'ampleur, malgré une féroce répression qui a fait 152 morts et 1.340 blessés, selon le dernier bilan du Centre nicaraguayen des droits de l'homme (Cenidh).

La perspective d'une grève générale a été saluée par l'archevêché de Managua qui l'a qualifiée «d'expression d'unité nationale et de protestation pacifique en réponse à la grave crise politique». Traversé par une profonde crise économique et sociale, le pays a connu un regain de violences depuis lundi après que les forces de sécurité ont tenté de démanteler de force les barricades dressées sur plusieurs routes du pays.

Armés de frondes et de mortiers artisanaux face aux fusils des policiers anti-émeutes, les manifestants ont bloqué en plusieurs points les axes routiers, paralysant des milliers de camions et désorganisant l'approvisionnement du pays. Ces blocages ont miné la fragile économie du pays, avec un coût qui pourrait atteindre plus de 900 millions de dollars si le conflit se prolongeait, selon la Fondation nicaraguayenne pour le développement social et économique (FUNIDES).

Après l'avoir longtemps soutenu, les milieux d'affaires ont coupé les ponts avec le président Ortega, lui reprochant sa violente répression des manifestations. «La population est réprimée et cette grève vise à exprimer son mécontentement», a souligné M. Arena.

«Guerre civile larvée»

Face à la répression déployée par les policiers anti-émeute et des milices paramilitaires pro-Ortega, certains manifestants commencent à envisager de prendre les armes, alors que le mouvement se voulait jusqu'ici pacifique.

«Pour moi, ce qui se passe est une guerre civile larvée», déclare un responsable étudiant surnommé «El Gato» (Le Chat), retranché depuis plus d'un mois avec des centaines d'autres dans l'enceinte de l'Université de Managua. «La plupart d'entre nous ne veulent pas l'envisager, mais personnellement je pense que le moment va arriver où nous allons devoir nous armer pour être à égalité avec eux» (les forces de sécurité), ajoute-t-il.

La guérilla sandiniste d'Ortega avait renversé la dictature de Somoza en 1979, la remplaçant par une junte communiste. Mais même les militants qui avaient alors combattu à ses côtés ont désormais lâché Ortega. «Je crois que ce combat est juste -- nous sommes retranchés ici pour faire pression sur le gouvernement et signifier notre refus de ce qu'il fait aux Nicaraguayens», insiste El Gato.

(nxp/afp)