Brésil

08 octobre 2018 16:44; Act: 08.10.2018 16:44 Print

Les fils Bolsonaro et la théorie du complot

Une rumeur de fraude électorale, étayée par une fausse vidéo, a été partagée en masse par les supporters du «Trump brésilien», dimanche. Eduardo et Flavio Bolsonaro y sont pour quelque chose.

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Le nouveau président brésilien a confirmé jeudi le transfert prochain de l'ambassade du Brésil à Jérusalem. (3 janvier 2018) Jair Bolsonaro, ici avec son épouse, s'est engagé, lors de son investiture, à lutter contre la corruption. (Mardi 1er janvier 2019) Ancien capitaine et grand admirateur de la dictature militaire, Jair Bolsonaro a été élu le 28 octobre. (Mardi 1er janvier 2019) Il a tiré parti d'une vague de mécontentement contre le Parti des travailleurs, à gauche. (Mardi 1er janvier 2019) (Mardi 1er janvier 2019) Ultra-libéral sur le plan économique, très conservateur sur le plan moral, avec une forte présence militaire et seulement deux femmes: c'est le profil atypique du futur gouvernement du président élu d'extrême droite du Brésil Jair Bolsonaro. (Mardi 11 décembre 2018) Jair Bolsonaro a été élu nouveau président du Brésil, en ayant obtenu 56% des voix au second tour de l'élection présidentielle. (Dimanche 28 octobre 2018) Plusieurs opérations policières ont eu lieu ces derniers jours pour obtenir le retrait de banderoles antifascistes ou l'annulation de conférences sur la démocratie dans des universités publiques au Brésil. Etudiants et professeurs crient à la «censure». (Vendredi 26 octobre 2018) Le candidat d'extrême droite à la présidentielle brésilienne veut assouplir la législation sur le port d'arme. (Mercredi 24 octobre 2018) Le candidat de gauche à la présidentielle brésilienne, Fernando Haddad, a déclaré qu'il lutterait jusqu'au bout pour la démocratie. (Mardi 23 octobre 2018) Facebook a fermé 68 pages et 43 comptes soutenant le candidat brésilien d'extrême droite Jair Bolsonaro. (22 octobre 2018) Fernando Haddad a accusé jeudi son rival Jair Bolsonaro d'avoir monté une «organisation criminelle» avec de «l'argent sale» pour orchestrer un bombardement de messages et de fausses informations sur la messagerie instantanée WhatsApp. Un nouveau sondage a confirmé lundi que le candidat d'extrême droite à la présidentielle au Brésil Jair Bolsonaro restait le grand favori du second tour du 28 octobre, avec 59% des intentions de vote, contre 41% pour son adversaire de gauche Fernando Haddad. (Mardi 16 octobre 2018) Fernando Haddad considère Jair Bolsonaro comme une menace pour la démocratie et l'a accusé de «fomenter la violence». (Dimanche 14 octobre 2018) Jair Bolsonaro, favori du deuxième tour de la présidentielle au Brésil, s'est défendu d'être d'extrême droite. (Vendredi 12 octobre 2018) Brazil's presidential candidate for the Workers' Party (PT), Fernando Haddad gestures during an interview with AFP in Sao Paulo, Brazil, on October 13, 2018. - Brazil's far-right presidential candidate Jair Bolsonaro is 'fomenting violence,' his leftist rival Fernando Haddad told AFP on Saturday. (Photo by NELSON ALMEIDA / AFP) Fernando Haddad n'a reçu qu'un soutien timide de Ciro Gomes, candidat du centre gauche (PDT) arrivé en 3e position avec 12,5% des voix. (Jeudi 11 octobre 2018) Au Brésil, les deux finalistes de la présidentielle se sont invectivés sur les réseaux sociaux. (Mardi 9 octobre 2018) Jair Bolsonaro, ancien parachutiste de l'armée, est toujours le favori de l'élection présidentielle brésilienne, mais il n'a pas été élu au premier tour comme il l'espérait. (Mardi 9 octobre 2018) Jair Bolsonaro, arrivé en tête du premier tour de l'élection présidentielle brésilienne, salue ses supporters. (Lundi 8 octobre 2018) Jair Bolsonaro, arrivé en tête du premier tour de l'élection présidentielle brésilienne, salue ses supporters. (Lundi 8 octobre 2018) Scènes de liesse dans les rues de Rio après les résultats du premier tour de la présidentielle où Jair Bolsonaro arrive en tête. (8 octobre 2018) Scènes de liesse dans les rues de Rio après les résultats du premier tour de la présidentielle où Jair Bolsonaro arrive en tête. (8 octobre 2018) Brésil, 8 octobre 2018) Des supporters du candidat Bolsonaro mettent le feu à une machine de vote. (8 octobre 2018) Rio, 8 octobre 2018. Le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro (à droite) est arrivé largement en tête de la présidentielle brésilienne, suivi par son concurrent de gauche Fernando Haddad. (Dimanche 8 octobre 2018) Candidat du Parti Social Liberal (PSL, extrême droite), Jair Bolsonaro, 63 ans, est ex-capitaine de l'armée brésilienne. Il a été poignardé en pleine rue le jeudi 6 septembre. Candidat très controversé, Jair Bolsonaro est comparé à Donald Trump pour sa politique laxiste sur les armes et ses commentaires misogynes. Fernando Haddad, ex maire de Sao Paulo de 55 ans, se présente pour le Parti des Travailleurs (PT, gauche). Il est le candidat choisi par Lula pour le remplacer. Fernando Haddad prône plus de transparence du gouvernement et veut changer la politique anti-drogue pour aller vers une dépénalisation. La candidature de l'ex-président Lula, actuellement en prison, a été invalidée par la justice brésilienne. Il purge une peine de 12 ans et un mois de prison pour corruption passive et blanchiment d'argent. Marina Silva était ministre de l'Environnement, sous la présidence de Lula. A 60 ans, elle se présente sous l'étiquette du Parti Rede Sustentabilidade (REDE, centre gauche). Marina Silva s'engage pour un Brésil inscrit dans le développement durable et pour un renforcement du contrôle des armes. Ancien ministre des Finances, Ciro Gomes, 60 ans, se présente sous l'étiquette du Parti démocratique travailliste (PDT, centre gauche). Ciro Gomes veut changer le Brésil en réformant les retraites et la fiscalité. Il veut créer une police des frontières. A 65 ans, Geraldo Alckmin, ex gouverneur de Sao Paulo, est le candidat du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB, centre droit). Geraldo Alckmin veut abolir les privilèges liés aux retraites et réduire le nombre de ministères.

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Le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro s'est facilement qualifié dimanche pour le second tour de la présidentielle au Brésil avec 46,06% des voix. Il sera opposé le 28 octobre à Fernando Haddad, du parti des travailleurs, dans un duel à l'issue incertaine. Au cours de ce premier tour, des rumeurs de fraude électorale ont parsemé les réseaux sociaux. Une vidéo apparue dimanche montrait un citoyen essayer d'entrer le numéro d'un candidat sur une machine de vote et voir le code se transformer instantanément en faveur de Fernando Haddad.



La presse locale a rapidement démonté cette théorie du complot en expliquant que cette vidéo était un «fake», cela n'a pas empêché des supporters de Jair Bolsonaro de la faire circuler sur le web. Flavio et Eduardo, deux des fils du «Trump brésilien», s'en sont également mêlés, raconte BuzzFeed.

Flavio, qui s'est assuré un siège au Sénat, a effacé son tweet contenant la vidéo mais écrit sur Twitter qu'il était satisfait d'avoir attiré l'attention sur le problème. Eduardo, réélu député dimanche, a pour sa part appelé les internautes à partager des clichés de leur machine de vote, au nom de l'intégrité électorale.


Le problème, c'est que la loi brésilienne interdit de prendre des photos ou de filmer dans les bureaux de vote. L'interdiction est également valable pour les écrans des machines de vote ou les selfies dans les cabines. Toute infraction à cette loi est passible d'une amende de 3000 francs. Qu'à cela ne tienne, de nombreux supporters de Bolsonaro ont joué le jeu, certains poussant le bouchon encore plus loin: ils ont posé devant la machine de vote avec leur arme.

La psychose d'un complot contre le candidat d'extrême droite a rythmé le week-end de ses sympathisants. Sur WhatsApp, une rumeur s'est répandue comme une traînée de poudre: la commission d'élection du Brésil allait empêcher les supporters du «Trump brésilien» de voter. Le message conseillait aux électeurs de ne pas porter de T-shirt estampillé Bolsonaro au moment de voter, histoire d'éviter de se faire repérer.

Le mois dernier, après avoir été poignardé lors d'un meeting de campagne, le candidat d'extrême droite avait réalisé une vidéo depuis son lit d'hôpital. Il y déclarait que s'il ne gagnait pas l'élection, ce serait à cause d'une fraude électorale orchestrée par le Parti des travailleurs.

(joc)