Syrie

23 octobre 2019 21:34; Act: 24.10.2019 02:28 Print

Les forces russes à la frontière syro-turque

Conformément à l'accord conclu entre Moscou et Ankara, les militaires russes se sont déployés dans le nord de la Syrie pour encadrer le retrait des forces kurdes.

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Nouvelle arrestation d'un maire prokurde en Turquie ce vendredi. Une opération lancée par le gouvernement Erdogan, dans le sillage du déclenchement le 9 octobre par la Turquie d'une offensive dans le nord-est de la Syrie contre la milice kurde des Unités de protection du peuple. (8 novembre 2019) Un responsable américain dénonce les «efforts déterminés de nettoyage ethnique» de la part d'Ankara et de ses alliés à l'encontre des Kurdes en Syrie. (7 novembre 2019) Au moins 13 personnes ont été tuées samedi dans l'explosion d'une voiture piégée sur un marché à Tal Abyad, ville contrôlée par les forces turques dans le nord de la Syrie. (Samedi 2 novembre 2019) Le président syrien Bachar al-Assad a déclaré jeudi qu'il ne voulait pas faire de la Turquie un «ennemi», malgré le déploiement turc dans le nord du pays. (Vendredi 1er novembre 2019) Le retrait des forces kurdes du nord du pays achevé, les premiers combats entre soldats syriens et turcs ont eu lieu mardi. (Mercredi 30 octobre 2019) La Russie a affirmé mardi que le retrait des forces kurdes dans le nord de la Syrie, conformément à l'accord russo-turc, avait été terminé «plus tôt que prévu». (Mardi 29 octobre 2019) Pendant que les Russes patrouillent dans le nord-est de la Syrie, Washington a annoncé jeudi des renforts militaires pour protéger les champs de pétrole. (24 octobre 2019) Les Forces démocratiques syriennes se sont retirées de plusieurs positions dans la région de Hassaké, au nord-est de la Syrie. (Jeudi 24 octobre, photo d'illustration) Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg se refuse à condamner l'opération militaire turque contre les Kurdes de Syrie. (Jeudi 24 octobre) Conformément à l'accord conclu entre Moscou et Ankara, les militaires russes ont atteint la frontière syro-turque pour encadrer le retrait des forces kurdes. (Mercredi 23 octobre 2019) , émissaire américain pour la Syrie, a reconnu qu'une centaine de prisonniers du groupe Etat islamique avaient profité de l'offensive turque en Syrie pour s'échapper. (Mercredi 23 octobre 2019) Les présidents russe et turc se sont accordés mardi sur un retrait des forces kurdes du nord-est de la Syrie, ainsi que sur le contrôle de la frontière. (Mardi 22 octobre 2019) Les combattants kurdes ont fait savoir mardi à l'administration américaine s'être totalement retirés de la zone de sécurité voulue par la Turquie au nord de la Syrie, quelques heures avant la fin de la trêve. (Mardi 22 octobre 2019) Des véhicules militaires américains avec des soldats à bord sont passés sur le pont du poste-frontière de Fichkhabour, aux confins des territoires irakien, syrien et turc. (21 octobre 2019) Le président turc Recep Tayyip Erdogan a averti vendredi que l'offensive dans le nord-est de la Syrie reprendrait dès mardi soir si les forces kurdes ne se retirent pas de ce secteur comme prévu dans l'accord de trêve. (18 octobre 2019) La Turquie va suspendre son offensive dans le nord de la Syrie pendant cinq jours et y mettre fin après un retrait des forces kurdes de ce secteur durant ce délai, a annoncé jeudi le vice président américain Mike Pence à Ankara. (Jeudi 17 octobre 2019) Le vice-président américain Mike Pence a rencontré à Ankara le président turc Recep Tayyip Erdogan pour tenter de négocier un cessez-le-feu. (Jeudi 17 octobre 2019) L'administration semi-autonome kurde assure que la Turquie utilise des armes non conventionnelles. Cette information n'a pas pu être confirmée ni par l'AFP ni par l'Observatoire des droits de l'Homme en Syrie qui assure néanmoins avoir dû faire face à des blessures du type brûlures ces derniers jours. Jeudi 17 octobre 2019. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, près de 300'000 civils ont fui les combats en huit jours. (17 octobre 2019 «Le PKK, qui fait partie des Kurdes, est probablement pire en termes de terrorisme et une plus grande menace terroriste en bien des aspects que l'EI», a déclaré Donald Trump. (Mercredi 16 octobre 2019) Les troupes du régime syrien ainsi que des soldats russes sont entrés mercredi dans la ville kurde de Kobané pour contenir une offensive d'Ankara, selon une ONG. (Mercredi 16 octobre 2019) Washington va tenter mercredi en Turquie de négocier un «cessez-le-feu» dans le nord de la Syrie où de violents combats turco-kurdes persistent. (16 octobre 2019) Dans une tribune au «Wall Street Journal», le dirigeant turc cherche à apaiser les inquiétudes des Occidentaux, qui craignent une résurgence de l'EI et la fuite de ses combattants. (15 octobre 2019) Importants combats près de la frontière turque. (14 octobre 2019) Les Kurdes de Syrie, lâchés par Washington, ont annoncé dimanche soir avoir conclu un accord avec Damas pour le déploiement de l'armée syrienne dans le nord du pays. (13 octobre 2019) Près de Tal Abyad, de «violents combats» se déroulent dans la localité de Suluk. (Dimanche 13 octobre 2019) A Ras al-Aïn, les forces kurdes ont fait reculer les militaires turcs et leurs supplétifs syriens. (Dimanche 13 octobre 2019) Lors des violences nocturnes, 17 combattants proturcs ont été tués à Ras al-Aïn ou par des tireurs embusqués des forces kurdes. (Dimanche 13 octobre 2019) Depuis le début mercredi de l'offensive turque contre une milice kurde syrienne, plus de 130'000 personnes ont été déplacées. (Dimanche 13 octobre 2019) Recep Tayyip Erdogan a affirmé ce vendredi soir que l'offensive dans le nord de la Syrie se poursuivrait en dépit des avertissements américains. (11 octobre 2019) Des personnes se rassemblent sur le site d'une explosion dans la ville de Qamishli, le 11 octobre 2019. Vue de la ville syrienne de Tal Abyad depuis le côté turc. Un premier soldat turc a perdu la vie, ont annoncé les autorités. (jeudi 10 octobre 2019) L'offensive d'Ankara contre une milice kurde dans le nord-est de la Syrie a provoqué jeudi la fuite de milliers de civils face à l'avancée des forces turques et suscite un tollé international. (10 octobre 2019) Le président américain a évoqué jeudi une possible médiation américaine dans le conflit entre Kurdes et Turcs. (10 octobre 2019) Le conseiller fédéral Ignazio Cassis a condamné sur la RTS l'opération militaire turque en Syrie. (10 octobre 2019) Des combattants de l'ASL soutenus par la Turquie se dirigent vers la ville syrienne de Tal Abyad depuis la ville frontalière turque d'Akcakale. (10 octobre 2019) La population se met à l'abri des tirs de mortiers. (10 octobre 2019) Colonnes de fumée a. (10 octobr 2019)près des bombardements dans la ville de Ras al-Ein L'offensive turque a jeté des milliers de civils kurdes sur les routes, fuyant la ville de Ras al-Ein. (Jeudi 10 octobre 2019) L'objectif des forces turques et leurs supplétifs syriens semblent être la ville de Ras al-Ein, soumise à un feu d'artillerie et des bombardements intenses. (Jeudi 10 octobre 2019) La Turquie a dépêché d'importants renforts dans sa zone frontalière avec la Syrie. (Jeudi 10 octobre 2019) Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé jeudi d'ouvrir les portes de l'Europe à des millions de réfugiés en réponse aux critiques européennes contre l'offensive turque. (Jeudi 10 octobre 2019) Selon des médias turcs, des membres des forces spéciales turques et des blindés, appuyés par des combattants syriens, ont pénétré en Syrie. (9 octobre 2019) Des militaires turcs et leurs supplétifs syriens ont pénétré dans le nord-est de la Syrie. (9 octobre 2019) Selon Ankara, l'objectif de cette nouvelle offensive, la troisième en trois ans, est de créer une «zone de sécurité». (9 octobre 2019) Des «milliers» de personnes ont fui mercredi les frappes aériennes d'Ankara visant des secteurs du nord de la Syrie situés à la frontière avec la Turquie. (9 octobre 2019) Des «milliers» de personnes ont fui mercredi les frappes aériennes d'Ankara visant des secteurs du nord de la Syrie situés à la frontière avec la Turquie. (9 octobre 2019) Des «milliers» de personnes ont fui mercredi les frappes aériennes d'Ankara visant des secteurs du nord de la Syrie situés à la frontière avec la Turquie. (9 octobre 2019) Des «milliers» de personnes ont fui mercredi les frappes aériennes d'Ankara visant des secteurs du nord de la Syrie situés à la frontière avec la Turquie. (9 octobre 2019) L'opération militaire en cours «ne donnera pas de résultat», a affirmé Jean-Claude Juncker devant le Parlement européen à Bruxelles. (9 octobre 2019) «Les Forces armées turques et l'Armée nationale syrienne (des rebelles syriens soutenus par Ankara, NDLR) ont débuté l'opération Source de paix dans le nord de la Syrie». (9 octobre 2019) «Les Forces armées turques et l'Armée nationale syrienne (des rebelles syriens soutenus par Ankara, NDLR) ont débuté l'opération Source de paix dans le nord de la Syrie». (9 octobre 2019) Legende«Les Forces armées turques et l'Armée nationale syrienne (des rebelles syriens soutenus par Ankara, NDLR) ont débuté l'opération Source de paix dans le nord de la Syrie». (9 octobre 2019) «Les Forces armées turques et l'Armée nationale syrienne (des rebelles syriens soutenus par Ankara, NDLR) ont débuté l'opération Source de paix dans le nord de la Syrie». (9 octobre 2019) Le président turc Erdogan annonce le début d'une nouvelle opération militaire contre la milice kurde des Unités de protection du peuple. (9 octobre 2019) Le président turc Erdogan annonce le début d'une nouvelle opération militaire contre la milice kurde des Unités de protection du peuple. (9 octobre 2019) «Nous proclamons l'état de mobilisation générale pendant trois jours dans le nord-est de la Syrie», a annoncé l'administration semi-autonome kurde dans un communiqué. (9 octobre 2019) Plusieurs dirigeants européens réunis mardi à Luxembourg se sont inquiétés de voir survenir un nouvel afflux migratoire en raison de la situation en Syrie. (8 octobre 2019) Les soldats de l'armée turque se dirigent vers la frontière avec la Syrie près d'Akcakale, dans la province de Sanliurfa. (8 octobre 2019) Les soldats de l'armée turque se dirigent vers la frontière avec la Syrie près d'Akcakale, dans la province de Sanliurfa. (8 octobre 2019) Les soldats de l'armée turque se dirigent vers la frontière avec la Syrie près d'Akcakale, dans la province de Sanliurfa. (8 octobre 2019) Donald Trump: «Nous sommes en train de quitter la Syrie, mais nous n'avons absolument pas abandonné les Kurdes qui sont des gens formidables et de merveilleux combattants.» (8 octobre 2019) Soldats turcs aperçus près de la frontière avec la Syrie dans la province de Sanliurfa. (8 octobre 2019) L'on peut distinguer un drapeau du peuple kurde pris en photo du côté turc de la frontière entre la Turquie et la Syrie, à Akcakale, dans le sud-est de la Turquie. (8 octobre 2019) Protestations contre une invasion turque devant le siège de l'ONU dans la ville syrienne kurde du nord de Qamishli. (8 octobre 2019) Protestations contre une invasion turque devant le siège de l'ONU dans la ville syrienne kurde du nord de Qamishli. (8 octobre 2019) Un combattant de l'Armée syrienne libre, soutenue par la Turquie. (7 octobre 2019) Des forces de l'Armée syrienne libre soutenues par la Turquie examinent une carte en prévision d'une incursion turque. (7 octobre 2019) Des forces de l'Armée syrienne libre, soutenues par la Turquie, défilent lors d'un entraînement militaire en prévision d'une incursion turque. (7 octobre 2019) Des forces de l'Armée syrienne libre, soutenues par la Turquie, sont en formation lors de manoeuvres militaires en vue d'une incursion turque prévue visant des combattants kurdes syriens, près de la ville d'Azaz. (7 octobre 2019)

Une faute?

Donald Trump a levé mercredi les sanctions imposées à Ankara pour son offensive militaire contre les Kurdes dans le nord de la Syrie, alors que les forces russes effectuaient leurs premières patrouilles dans la zone frontalière dont les Etats-Unis se sont retirés.

Le président américain a assuré qu'un «grand succès» avait été remporté en Syrie avec la création de cette «zone de sécurité» à la frontière avec la Turquie. «J'ai demandé au secrétaire au Trésor de lever toutes les sanctions imposées le 14 octobre en réponse à l'offensive de la Turquie», a ajouté Donald Trump depuis la Maison Blanche.

Washington avait gelé les avoirs de trois ministres turcs après l'offensive d'Ankara contre les combattants kurdes, longtemps alliés des Occidentaux dans la lutte contre le groupe djihadiste, Etat islamique (EI). Donald Trump a ajouté qu'un «petit nombre de soldats» américains resteraient en Syrie, «dans les zones où il y a du pétrole».

Les FDS remercient Trump

Le président américain a également assuré que Mazloum Abdi, le commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS), chef des combattants kurdes, l'avait remercié et s'était montré «extrêmement reconnaissant». C'est pourtant l'annonce par Donald Trump du retrait des troupes américaines du nord de la Syrie qui avait ouvert la voie à la Turquie pour lancer son offensive.

Des sénateurs américains ont demandé mercredi dans une lettre adressée au chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, d'octroyer un visa à Mazloum Abdi afin de pouvoir discuter directement avec lui de la «désescalade du conflit en Syrie».

Le ministère russe de la Défense a également fait savoir que Mazloum Abdi avait «remercié la Fédération de Russie et le président Vladimir Poutine de protéger le peuple Kurde». Ce communiqué de Moscou a précisé que la police militaire russe s'était déployée «sur un itinéraire assigné au nord de la Syrie». Au cours de son appel avec Mazloum Abdi, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a ajouté que Moscou était prêt à accroître le nombre de patrouilles pour assurer la sécurité des Kurdes.

«Merci» à Poutine

Dans la ville frontalière syrienne de Kobané, une localité de l'extrême nord tenue jusqu'à ces derniers jours par les forces kurdes, un correspondant de l'AFP a vu en début de soirée plusieurs véhicules blindés arborant des drapeaux russes.

Les troupes russes, déjà présentes en Syrie où elles appuient l'armée du président Bachar el-Assad, avaient franchi dans l'après-midi l'Euphrate, le grand fleuve qui traverse le nord du pays en guerre, en direction de la frontière qui s'étend sur plusieurs centaines de km.

Lors d'une rencontre mardi à Sotchi, en Russie, le président Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan ont conclu un «memorandum» visant au retrait total des forces kurdes de la zone et au contrôle commun d'une large partie de la frontière turco-syrienne.

Cet accord signe la défaite des FDS, dont la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), considérée comme «terroriste» par Ankara, est l'épine dorsale. Salué comme «historique» par Recep Tayyip Erdogan, l'accord sonne le glas des volontés d'autonomie des Kurdes, le cauchemar d'Ankara.

Colère et désespoir

Mercredi, des scènes de colère et de désespoir se déroulaient à Qamichli, une ville frontalière du nord-est de la Syrie, considérée comme la capitale de facto des Kurdes syriens et qui a été exclue par l'accord sur la «zone de sécurité». La ville abrite plusieurs dizaines de milliers de civils, dont de nombreux déplacés, et la situation y est déjà très précaire.

Des centaines d'habitants ont manifesté en criant des slogans hostiles au pouvoir turc, ont constaté des journalistes de l'AFP. Une pancarte comparait l'Etat turc à l'EI. «Les occupants turcs ont lancé un génocide contre notre peuple et veulent changer la démographie de la région», affirmait Salman Sheikhi, un manifestant de 50 ans.

La Turquie a affirmé vouloir renvoyer dans la «zone de sécurité» une partie des 3,6 millions de réfugiés syriens qui se trouvent sur son sol. James Jeffrey, émissaire américain pour la Syrie, a cependant nié tout potentiel «nettoyage ethnique» de la part d'Ankara. Les Etats-Unis enquêtent sur des allégations des autorités kurdes qui accusent la Turquie d'avoir utilisé des armes non conventionnelles, dont le phosphore blanc, interdit par le droit international, a-t-il néanmoins noté.

Le diplomate américain a également estimé que plus de 100 prisonniers de l'EI s'étaient échappés en Syrie depuis l'offensive turque. «Nous ne savons pas où ils se trouvent», a-t-il ajouté. Donald Trump a indiqué pour sa part qu'«un petit nombre» seulement de djihadistes s'étaient échappés.

Dans le même temps, les troupes du régime syrien se renforcent elles aussi dans la zone frontalière. Appelées à l'aide par les forces kurdes lâchées par les Américains, elles peuvent ainsi renforcer leur emprise sur les parties du territoire qui lui échappent encore.

Ankara a dit compter sur Moscou pour mettre en oeuvre l'accord de Sotchi, ajoutant n'avoir «pas totalement confiance» dans le régime de Damas. Le texte prévoit que Russes et Syriens oeuvreront ensemble «pour faciliter le départ» de tous les combattants des YPG et de leurs armes.

(nxp/ats)