Toulouse

13 avril 2019 04:20; Act: 14.04.2019 04:58 Print

«Bientôt tous pauvres et tous esclaves»

La ville rose est samedi la «capitale» d'un acte 22 des gilets jaunes sous le coup de la loi anticasseurs. Lacrymogènes et bagarres ont immédiatement été au rendez-vous.

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Le président français dévoile lundi soir ses réponses au grand débat et à la crise des «gilets jaunes». (15 avril 2019) La tension est montée samedi à Toulouse dès le début de la manifestation de milliers de «gilets jaunes». Moins d'une heure après le début du cortège, les manifestants se sont heurtés à des barrages policiers sur la grande avenue point de départ du rassemblement. (13 aVRIL 2019) Ces rassemblements, à Toulouse, Marseille, Grenoble ou Lille sont les premiers à se dérouler sous le coup de la loi anticasseurs, particulièrement ciblée par les manifestants. (13 avril 2019) Toulouse est samedi la «capitale» d'un acte 22 des gilets jaunes sous le coup de la loi anticasseurs. (13 avril 2019) Le Premier ministre français doit remettre lundi les conclusions du Grand débat national initié par la crise des Gilets jaunes. (8 avril 2019) Trois jours après un premier oral marathon, Emmanuel Macron retourne sur la scène du grand débat face à 600 maires d'Occitanie rassemblés à Souillac, cité paisible du Lot qui tente de renaître loin des grandes villes. (Vendredi 18 janvier 2019) Les autorités redoutent un regain de mobilisation dans les manifestations des «gilets jaunes» samedi. (12 janvier 2019) Les «gilets jaunes» se sont rassemblé devant le Palais des Nations, sans bloquer la circulation. En colère, ils brandissent des pancartes compréhensibles dans toutes les langues aux pieds de la Genève internationale: S.O.S, HELP, S.O.S. En colère, ils brandissent des pancartes compréhensibles dans toutes les langues aux pieds de la Genève internationale: S.O.S, HELP, S.O.S. En colère, ils brandissent des pancartes compréhensibles dans toutes les langues aux pieds de la Genève internationale: S.O.S, HELP, S.O.S. En colère, ils brandissent des pancartes compréhensibles dans toutes les langues aux pieds de la Genève internationale: S.O.S, HELP, S.O.S. En colère, ils brandissent des pancartes compréhensibles dans toutes les langues aux pieds de la Genève internationale: S.O.S, HELP, S.O.S. En colère, ils brandissent des pancartes compréhensibles dans toutes les langues aux pieds de la Genève internationale: S.O.S, HELP, S.O.S. Les «gilets jaunes» se sont rassemblé devant le Palais des Nations, sans bloquer la circulation. A 12h10, la police leur demande de quitter les lieux. Les «gilets jaunes» se sont rassemblé devant le Palais des Nations, sans bloquer la circulation. A 12h10, la police leur demande de quitter les lieux.

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Plusieurs milliers de «gilets jaunes» manifestent samedi pour l'acte 22 du mouvement, principalement à Toulouse, «capitale» d'un jour, où la tension est montée en début d'après-midi entre police et manifestants, peu avant des annonces d'Emmanuel Macron censées mettre un terme à une crise de près de cinq mois.

Ils étaient 7.500 à 14H00 au total en France, dont 1.300 à Paris, selon un décompte du ministère de l'Intérieur régulièrement contesté par les manifestants. Des chiffres proches de ceux observés la semaine passée, qui avait marqué la plus faible participation depuis le début du mouvement.

«Tous dans la rue ou bientôt tous pauvres et tous esclaves», pouvait-on lire sur les pancartes du maigre cortège parisien. Dans la capitale, les forces de l'ordre ont procédé à 15 interpellations et 5.885 contrôles préventifs, a indiqué la préfecture.

A Toulouse, «capitale» du jour pour les manifestants, la tension est un peu montée en milieu de journée entre le cortège et les forces de l'ordre qui ont lancé gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes, et fait usage d'un canon à eau pour réduire le périmètre de la manifestation, interdite dans le centre et sur la place du Capitole.

«Vous avez vu: tout se passait bien et ils nous gazent» s'est indigné auprès de l'AFP Maxime Nicolle, dit Fly Rider, une des figures du mouvement, venu en renfort dans la ville, tout comme Priscillia Ludosky, autre figure des «gilets jaunes».

Ces manifestations sont les premières à se dérouler sous le coup de la loi anticasseurs, particulièrement ciblée par les «gilets jaunes». Le texte laisse au pouvoir «encore plus la liberté de faire tout et n'importe quoi» contre le mouvement, a déploré Priscillia Ludosky.

«Manifester est un droit fondamental et doit le rester», affirmait une banderole en tête du petit cortège de Bordeaux, où de très nombreux axes menant au centre-ville, interdits par arrêté préfectoral, avaient été bloqués par les forces de l'ordre. «Résistance!», «Liberté! Liberté de manifester!», scandaient les quelque 1.800 contestataires à Montpellier.

«On ne nous empêchera pas de manifester. Ils peuvent faire les lois qu'ils veulent, on sera encore là en août s'il le faut», promet Gabrielle, 43 ans, manifestante à Paris. Le cortège parisien a d'ailleurs rejoint en début d'après-midi, Place de la République, la marche pour «la liberté de manifester», organisée par plusieurs associations (dont LDH, Amnesty, Attac, Unef, SOS Racisme...), contre ce dispositif partiellement censuré par le Conseil constitutionnel et dont une cinquantaine d'organisations ont demandé l'abrogation.

Promulgué jeudi, le texte autorise notamment les fouilles de sacs et de véhicules dans les manifestations et à ses abords, et crée un délit de dissimulation volontaire du visage puni d'un an d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende.

Cette loi a été votée après plusieurs samedi marqués par des scènes d'émeutes urbaines, notamment à Bordeaux et Paris sur les Champs-Elysées, qui ont fait le tour du monde.

La préfecture de police y a d'ailleurs, pour la troisième fois consécutive, interdit tout rassemblement. Régulièrement imposées depuis la mi-mars, les interdictions partielles de manifester concernent aussi nombre d'autres villes: Lille, Lyon, Montauban...

A Strasbourg, quelque 650 personnes (selon la police) battaient le pavé sous des banderoles proclamant «Macron destitution!», «Frexit RIC», demandant ainsi la sortie de l'Union européenne pour la France et l'organisation de référendums d'initiative citoyenne.

«La première revendication, c'est le pouvoir d'achat. Mes deux enfants travaillent et pourtant ils ont du mal», déclare Cathy Sonntag, venue de Guebwiller. Cette ancienne assistante maternelle et femme de ménage manifeste pour la première fois avec les «gilets jaunes».

Beaucoup de manifestants évoquent déjà le rendez-vous de la semaine prochaine, annoncé comme l'ultimatum 2.

«La menace semble plus forte pour le 20 avril», a déploré en fin de semaine Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, évoquant des «appels qui invitent quasiment à détruire Paris».

Pour Jérôme, un militant CGT de 47 ans, c'est surtout le 1er mai qui va attirer. «On s'attend à beaucoup de monde. Les syndicats commencent déjà à rameuter des gens, on est dans un bras de fer avec Macron. C'est le premier qui lâche qui perd».

(nxp/afp)