Bahreïn

20 février 2011 11:03; Act: 20.02.2011 18:32 Print

Les manifestants de retour place de la Perle

Des milliers de Bahreïnis ont dressé dimanche des tentes place de la Perle à Manama, tentant faire de ce lieu un foyer de contestation semblable la place Tahrir du Caire.

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31.03 Les arrestations d'opposants et de blogueurs se sont multipliées ces derniers jours à Bahreïn, où plus de 300 personnes ont été placées en détention. Ici des maisons d'opposants visitées par la police. Les autorités bahreïnies ont annoncé vendredi 18 mars, avoir détruit le monument qui se trouve sur la place de la Perle à Manama, épicentre de la contestation violemment réprimée par les forces gouvernementales. Officiellement le monument, symbole de la révolte contre le régime, a été détruit pour faciliter le trafic routier. Six personnalités de l'aile dure de l'opposition à Bahreïn ont été arrêtées dans la nuit de mercredi à jeudi, a annoncé l'opposition. Dans le petit royaume de Bahreïn dans le Golfe, les forces de sécurité ont violemment délogé les manifestants qui campaient depuis près d'un mois sur la place de La Perle à Manama pour réclamer des réformes. Des centaines de policiers de la force anti-émeutes ont lancé des dizaines de grenades lacrymogènes et tiré au fusil de chasse. Trois manifestants ont été tués, a indiqué l'opposition. Deux policiers sont morts après avoir été renversés par des véhicules de manifestants, selon les autorités. Des centaines de policiers de la force anti-émeutes à Bahrein ont pris, mercredi 16 mars, le contrôle de la place de la Perle... ... à Manama après un assaut contre les manifestants à majorité chiites. Mardi 15 mars, le régime a fait appel à des militaires saoudiens pour mater la révolte. Les forces sécuritaires ont tiré sur les manifestants le 19 février à Bahreïn. L'armée bahreïnie s'est retirée samedi de la place de la Perle dans le centre de Manama, une des conditions exigées par l'opposition pour entamer un dialogue politique. Des milliers de personnes participaient vendredi aux obsèques des deux chiites tués dans un raid des forces de sécurité la veille. Au total, cinq personnes ont été tuées depuis le début de la contestation lundi selon des sources officielles. Des chars et des blindés ont été déployés dans la capitale Manama. Les événements politiques qui touchent Bahrein posent la question de l'organisation de la première manche du championnat du monde de F1 le 13 mars prochain. La police de Bahreïn a démantelé par la force dans la nuit de mercredi à jeudi... ... réclamant des changements politiques dans le royaume. Le ministère de l'Intérieur a écrit sur Twitter que les forces de sécurité avaient «vidé la place de la Perle» à Manama et qu'une grande avenue de la capitale était partiellement fermée. On dénombrerait au moins trois morts. La place où campaient les manifestants était encore occupé dans la nuit de mercredi à jeudi 17 février. Mercredi 16 février les manifestants ont enterré les premières victimes de la répression. Des manifestants chiites ont passé la nuit de mardi à mercredi installés sous des tentes à Manama, la capitale de Bahreïn. Ils exigent des changements dans le royaume dans le cadre d'une mobilisation inspirée par les révolutions en Tunisie et en Egypte. Les manifestations ont déjà fait 2 morts. Les premières manifestations importantes dans le pays ont eu lieu le 14 février... ... , quelques jours après la chute du régime de Hosni Moubarak en Egypte.

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La place de la Perle a été reconquise par les manifestants, en majorité chiites, samedi après le retrait de l'armée ordonné par le prince héritier Salman ben Hamad Al-Khalifa.

Dimanche, les manifestants s'organisaient autour de la place, haut-lieu de la contestation contre le régime. Autour des tentes, un centre médical, un petit service d'objets trouvés ainsi que des toilettes ont fait leur apparition.

Des dizaines de jeunes ont monté la garde durant la nuit sur cette place. «Nous avons peur de voir les forces de sécurité nous attaquer par surprise comme elles l'avaient fait jeudi» lorsque la police a donné l'assaut à l'aube contre les protestataires en plein sommeil, faisant quatre tués, a affirmé Tahar, un étudiant.

Offre de dialogue

Le roi de Bahreïn, Hamad bin Issa Khalifa a engagé un dialogue national samedi, quelques heures après le retrait de l'armée et de la police de la place de la Perle. Les mouvements de l'opposition tentaient d'»élaborer un document résumant leurs positions», y compris la mise en place d'une commission qui se chargerait de «l'élaboration d'une Constitution à soumettre à un référendum», selon Ali al-Assouad, élu du mouvement chiite Al-Wefaq.

L'opposition a réaffirmé dimanche qu'elle maintenait comme préalable au dialogue avec le pouvoir la démission du gouvernement responsable selon elle de la répression sanglante de la contestation populaire.

«Le gouvernement qui n'a pas pu protéger son peuple doit démissionner et les responsables du massacre doivent être jugés», a déclaré à l'AFP Abdel Jalil Khalil Ibrahim, chef du bloc parlementaire du Wefaq. «L'opposition ne refuse pas le dialogue» proposé par le prince héritier, «mais réclame une plate-forme qui favorise le dialogue», a-t-il ajouté.

Certains manifestants étaient plus radicaux. «Nous ne nous assiérons jamais à une table avec des assassins. Non au dialogue!», s'écriait une femme, tandis que des gens distribuaient du pain, des fruits et des jus.

Appel à la grève levé

Pour sa part, l'union générale des syndicats de Bahreïn a annoncé dimanche avoir levé son mot d'ordre de grève générale, estimant que ses demandes d'un retrait de l'armée de Manama et du droit de manifester avaient été satisfaites. L'union avait appelé samedi à une grève générale illimitée à partir de dimanche pour exiger notamment la liberté de manifester pacifiquement.

Le prince héritier a proposé le dialogue après la mort de six manifestants, tués cette semaine par la police, puis il a ordonné à l'armée de se retirer de Manama et aux forces anti-émeutes de ne pas s'opposer aux manifestants, accédant à deux des revendications de l'opposition.

«Tous les partis politiques du pays méritent d'avoir une place à la table» des discussions, a déclaré le prince héritier sur CNN. Les manifestants seront «formellement» autorisés à rester sur la place de la Perle, a-t-il assuré.

Monarchie constitutionnelle

L'opposition veut que le pays se transforme en véritable monarchie constitutionnelle où le Parlement élu désignerait le chef du gouvernement alors que ce poste est occupé depuis 1971 par l'oncle du prince héritier, cheikh Khalifa ben Salman Al-Khalifa.

Profondément inquiets des conséquences de la contestation populaire à Bahreïn, le royaume saoudien et les Emirats arabes unis ont appelé les opposants bahreïnis à accepter le dialogue avec les autorités.

(ats)