Soudan

06 avril 2019 21:42; Act: 07.04.2019 07:08 Print

Contestation toujours plus forte à Khartoum

Les manifestants appelant au départ du président Omar el-Béchir ont atteint le QG de l'armée avant d'être dispersés.

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Un tribunal de Khartoum doit rendre samedi son verdict à l'encontre de l'ex-président soudanais Omar el-Béchir, accusé de corruption. (Samedi 14 décembre 2019) Un juge soudanais a fixé samedi au 14 décembre le verdict dans le procès pour corruption du président déchu Omar al-Béchir. (Samedi 16 novembre 2019) L'exécutif soudanais a annoncé mercredi un cessez-le-feu permanent dans trois zones de conflit. Mais les pourparlers avec des groupes rebelles ont été suspendus avant d'avoir commencé. (Mercredi 16 octobre 2019) Le nouveau Conseil souverain a été intronisé mercredi au Soudan, et le Premier ministre Abdallah Hamdok a prêté serment. (21 août 2019) Les militaires et les leaders de la contestation ont annoncé mardi la composition du Conseil souverain, qui dirigera le pays au cours de sa transition de trois ans vers un pouvoir civil. (Mardi 20 août 2019) Les militaires et la contestation ont signé samedi un accord historique en vue de la transition vers un pouvoir civil. (18 août 2019) Le Conseil militaire de transition et les chefs de la contestation se sont mis d'accord samedi sur une déclaration constitutionnelle. (3 août 2019) «Quatre manifestants ont été tués par balles réelles et plusieurs ont été blessés lors d'un rassemblement à Omdourman», a déclaré dans un communiqué le comité des médecins, proche de la contestation. (Jeudi 1er août 2019) Les tirs ont eu lieu alors que des milliers de manifestants se sont rassemblés jeudi dans plusieurs villes pour protester contre le meurtre cette semaine de six manifestants, dont quatre lycéens. (Jeudi 1er août 2019) Des centaines de personnes ont manifesté mercredi dans le centre du Soudan en réaction à la mort de six personnes lundi. (31 juillet 2019) Les pourparlers et les cours ont été suspendus mardi après la mort de lycéens manifestant dans le centre du pays. (30 juillet 2019) Une enquête officielle sur la répression brutale d'un sit-in de manifestants en juin à Khartoum a conclu samedi à l'implication des paramilitaires d'une force redoutée au Soudan. La contestation rejette cette enquête, non-indépendante. (Dimanche 28 juillet 2019) Selon des journalistes de l'AFP, militaires et chef de la contestation ont signé un accord. (Mercredi 17 juillet 2019) Le Conseil militaire a averti samedi le principal mouvement de contestation qu'il le tiendrait responsable de «tout acte de vandalisme» ou «perte humaine» lors d'une manifestation prévue dimanche. (Samedi 29 juin 2019) Le Conseil militaire, dont le porte-parole le général Chamseddine Kabbachi, est prêt à négocier à nouveau avec la contestation. (Samedi 29 juin 2019) Le porte-parole du Conseil militaire, le général Chamseddine Kabbachi, a demandé à l'Ethiopie (médiateur) et à l'Union africaine de présenter un plan commun. (Lundi 24 juin 2019) Le chef du Conseil militaire de transition au pouvoir au Soudan, Abdel Fattah al-Burhane, a appelé mercredi les manifestants à des négociations «sans conditions». (Mercredi 19 juin 2019) L'ex-président soudanais Omar el-Béchir a été déféré dimanche au parquet en charge des affaires de corruption à Khartoum.(Dimanche 16 juin 2019) L'ancien président soudanais Omar el-Béchir devrait répondre de «corruption et possession illégale de devises étrangères». (Samedi 15 juin) Le chef de l'opposition Sadiq al-Mahdi a appelé à une enquête internationale sur la répression meurtrière contre les manifestants, après que le conseil militaire au pouvoir a rejeté une telle enquête- (Vendredi 14 juin) Le Conseil militaire de transition, au pouvoir au Soudan depuis la destitution du président Omar el-Béchir, a reconnu avoir ordonné la dispersion d'un sit-in de contestataires début juin à Khartoum qui a fait des dizaines de morts. (Jeudi 13 juin 2019) L'ancien président soudanais Omar el-Béchir a été inculpé. (Jeudi 13 juin 2019) Les Etats-Unis ont appelé à la fin de la répression au Soudan, à la reprise du dialogue et au transfert du pouvoir aux civils. (Mercredi 12 juin 2019) Les autorités soudanaises affirment qu'il n'y a eu que 61 morts lors de la répression sanglante contre le mouvement de contestation, alors que les médecins estiment ce chiffre à au moins 108. (Vendredi 7 juin 2019) Le mouvement de contestation civil soudanais reste mobilisé malgré l'appel à des élections par les militaires mardi. (4 juin 2019) Le chef du Conseil militaire, le général Abdel Fattah al-Burhane, a «décidé de cesser de négocier avec l'Alliance pour la liberté et le changement», fer de lance de la contestation, et «d'annuler ce qui avait été agréé et de tenir des élections dans un délai de neuf mois». (Mardi 4 juin 2019) «Une tentative du Conseil militaire de disperser le sit-in par la force est en cours», a déclaré lundi dans un communiqué l'Association des professionnels soudanais. (3 juin 2019) Des «tirs des forces régulières» près du siège de l'armée soudanaise ont fait un mort et dix blessés samedi.(1er juin 2019) Des milliers de Soudanais ont manifesté jeudi soir devant le siège de l'armée à Khartoum, à l'appel du mouvement de la contestation qui déplore l'absence d'avancée dans les négociations avec les militaires refusant de céder le pouvoir aux civils. (30 mai 2019) Un arrêt de travail est prévu mardi et mercredi pour faire pression sur les militaires au pouvoir au Soudan. (28 mai 2019) Les porte-paroles de deux camps ont annoncé qu'aucun accord n'avait été trouvé sur la composition du futur Conseil souverain censé assurer la transition. (Mardi 21 mai 2019) Des manifestants ont démantelé à contre-coeur des barricades à Khartoum vendredi et appelé à la reprise des négociations avec l'armée. (17 mai 2019) Les pourparlers sur la transition politique soudanaise ont pris fin mercredi. Les généraux réclament le démantèlement de barricades à Khartoum. (Mercredi 15 mai 2019) L'armée et les représentants de la contestation sont parvenus à un accord sur une période de transition politique devant préparer un transfert du pouvoir aux civils. Un accord a également été trouvé pour la composition de la future assemblée législative. (Mercredi 15 mai 2019) Un militaire et un civil ont été tués lundi soir quand des inconnus ont ouvert le feu sur la foule réunie devant le QG de l'armée. (13 mai 2019) Les leaders de la contestation au Soudan ont accusé mercredi les généraux de chercher à retarder la transition du pouvoir à une autorité civile. Ils ont menacé de lancer un mouvement national de «désobéissance». (Mercredi 8 mai 2019) Le porte-parole du Conseil militaire, le général Chamseddine Kabbachi, a annoncé que la loi islamique (charia) devrait impérativement rester la source de la législation. (Mercredi 8 mai 2019) Une immense foule s'est réunie devant le QG de l'armée à Khartoum ce jeudi 2 mai 2019. Les dirigeants de la contestation et les chefs de l'armée soudanaise ont convenu samedi d'instaurer une autorité conjointe entre civils et militaires. (Dimanche 28 avril 2019) Militaires et opposition font former un conseil conjoint après avoir obtenu un «un accord sur la plupart des exigences» des civils. (Mercredi 24 avril 2019) Abdel Fattah al-Burhane, nommé vendredi à la tête du Conseil militaire chargé de la transition, a promis la rupture avec le régime Béchir. (Samedi 13 avril 2019) Le chef du Conseil militaire de transition, Awad Ibn Ouf, a présenté sa démission ce vendredi soir. (12 avril 2019) Le général Omar Zinelabidine a déclaré à la télévision que le futur gouvernement sera «un gouvernement civil». (Vendredi 12 avril 2019) Khartoum, les manifestations ont continué. Sure cette pancarte en arabe: «Ne nous volez pas notre révolution». (Vendredi 12 avril 2019) Les manifestants dans les rues pour rejeter le «coup d'Etat du régime» (Vendredi 12 avril 2019) L'armée soudanaise surveille la foule près du QG de l'armée. (Vendredi 12 avril 2019) Des militaires soudanais font le 'V' de la victoire'. (Vendredi 12 avril 2019) Un civil embrasse un militaire au Soudan. (Vendredi 12 avril 2019) Les Soudanais ont manifesté leur joie dans la nuit jeudi soir. (12 avril 2019) Alors que l'armée a décrété le couvre-feu nocturne, ils étaient encore des milliers à être dans la rue jeudi soir pour manifester contre le «coup d'Etat du régime». (11 avril 2019) L'annonce de la destitution d'Omar el-Béchir par le ministre de la Défense, Awad Ahmed Benawf. (Jeudi 11 avril 2019) Au pouvoir depuis trois décennies, Omar el-Béchir a été placé en détention. (Jeudi 11 avril 2019) La fête à Khartoum après l'éviction par l'armée du président Omar el-Béchir. (Jeudi 11 avril 2019) Même des membres des forces de l'ordre crient victoire. (Jeudi 11 avril 2019) Une immense foule de Soudanais est rassemblée à Khartoum, dans l'attente d'une «déclaration importante» promise par l'armée à la télévision officielle. (Jeudi 12 avril 2019) Alaa Salah est devenue l'icône des manifestants qui réclament la démission de Omar el-Béchir. (Jeudi 12 avril 2019) Alaa Salah harangue la foule Scène de fraternisation L'armée soudanaise a déployé des troupes à Karthoum, au troisième jour de manifestations qui demandent le départ du président Omar el-Béchir. (8 avril 2019) Les manifestants poursuivent leur mouvement de protestation devant le siège de l'armée soudanaise. (Dimanche 7 avril 2019) Les manifestants ont atteint le QG de l'armée dans la capitale Khartoum pour la première fois depuis le début des protestations. (Samedi 6 avril 2019) Huit Soudanais ont été condamnés à de la prison pour avoir bravé l'interdiction de manifester. (Jeudi 28 février 2019) Le président soudanais a interdit les manifestations lundi, mais l'opposition reste déterminée à descendre dans la rue. (25 février 2019) Ce vendredi 22 février 2019, le président soudanais Omar el-Béchir déclare l'état d'urgence pour un an dans tout le pays et limoge le gouvernement. L'ex-premier ministre Sadek al-Mahdi soutient les manifestations demandant le départ de l'actuel président Omar el-Béchir. Ce dernier l'avait destitué lors d'un coup d'État fomenté en 1989. (Vendredi 25 janvier 2019) Des manifestations en l'honneur des victimes de la répression ont été organisées lundi au Soudan. (21 janvier 2019) Un manifestant brandit une banderole avec un slogan très populaire: «liberté, justice et paix». D'autres crient «le peuple veut la chute du régime», le slogan du Printemps arabe de 2011. (Jeudi 17 janvier 2019) Depuis le 19 décembre, 24 personnes sont mortes, selon un bilan officiel. Human Rights Watch et Amnesty International parlent d'au moins 40 morts, dont des enfants et du personnel médical. (Jeudi 17 janvier 2019) Omar el-Béchir harangue une foule de manifestants acheminés en bus dans le grand jardin Green Yard de Khartoum. (Mercredi 9 janvier 2019) Il s'agit de la première manifestation en soutien au président Béchir depuis le début du mouvement de contestation au Soudan le 19 décembre. (Mercredi 9 janvier 2019) Omar al-Bashir a déclaré: «ce rassemblement envoie un message à ceux qui pensent que le Soudan va finir comme d'autres pays qui ont été détruits».(Mercredi 9 janvier 2019) Peu après le discours d'Omar el-Béchir, des policiers ont dispersé à l'aide de tirs de gaz lacrymogène quelque 300 manifestants antigouvernementaux rassemblés à Omdurman près de Khartoum. (Mercredi 9 janvier 2019) Omar al-Bashir s'adresse à la population depuis son palais à Khartoum. (3 janvier 2019 Des manifestants réclament la démission de Omar el-Béchir au pouvoir depuis 30 ans. (25 décembre 2018) La police a tiré. Au moins 19 personnes ont été tuées, selon les autorités. Amnesty International a fait état de la mort de 37 manifestants.(25 décembre 2018) Des manifestants ont tenté de marcher vers le palais du président Omar Hassan al Bachir à Khartoum. (25 décembre 2018) Déclenchées par la hausse du prix du pain, les protestations se sont transformées en manifestations contre le gouvernement. (25 décembre 2018) Une femme tente de se mettre à l'abri lors d'une manifestations à Khartoum. (25 décembre 2018) Sudanese President Omar al-Beshir is pictured as he welcomes his Senegalese counterpart Abdoulaye Wade at Khartoum airport on February 19, 2009. Wade is on an official visit to Sudan. AFP PHOTO/ASHRAF SHAZLY (Photo by ASHRAF SHAZLY / AFP) Sudanese top opposition leader and former premier Sadiq al-Mahdi attends Friday prayers at a mosque linked to his National Umma Party in Khartoum's twin city of Omdurman on June 14, 2019. (Photo by Yasuyoshi CHIBA / AFP)

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La police anti-émeute soudanaise a dispersé samedi par des tirs de gaz lacrymogènes des manifestants, rassemblés pour la première fois depuis le début de la contestation antigouvernementale près du quartier général de l'armée à Khartoum.

Des milliers de Soudanais ont défilé dans la capitale pour réclamer la démission du président Omar el-Béchir. Lors de précédents rassemblements, les protestataires avaient tenté à plusieurs reprises de marcher vers des lieux symboliques du pouvoir, comme le palais présidentiel, mais en ont souvent été empêchés par les gaz lacrymogènes tirés par les forces de sécurité.

Pour la première fois samedi, les manifestants ont atteint l'entrée des bâtiments qui abritent le siège de l'armée et le ministère de la Défense dans la capitale Khartoum, ont rapporté des témoins. Les forces antiémeutes soudanaises ont tiré des gaz lacrymogènes tandis que des contestataires leur ont lancé des pierres avant de se disperser, selon des témoins.

Répondant à un appel de l'Alliance pour la liberté et le changement, fer de lance du mouvement de contestation, les manifestants ont scandé «une armée, un peuple», d'après des témoins. Au son du principal slogan de la contestation --«Paix, justice et liberté»--, les manifestants ont réclamé le départ du président Béchir, au pouvoir depuis un coup d'Etat en 1989.

«Nous n'avons toujours pas accompli notre mission, mais nous avons envoyé un message à l'armée: Rejoignez-nous », a dit Amir Omer, un des protestataires. Adam Yagoub, un autre manifestant, bat le pavé «parce que nous voulons voir Béchir partir», explique ce quadragénaire à l'AFP. «Il a tellement ruiné l'économie du pays que des gens meurent à cause du manque de médicaments», a-t-il ajouté.

«Un moment historique»

Les organisateurs du mouvement, une alliance de partis d'opposition ayant rejoint l'Association des professionnels soudanais, ont affirmé cette semaine que cette marche était destinée à demander à l'armée de «choisir entre son peuple et le dictateur».

Ils ont appelé samedi les manifestants à «ne pas quitter le quartier général de l'armée et de tenir un sit-in dans les rues», disant «espérer que (l'armée) prenne position pour le peuple» lors de ce «moment historique», selon un communiqué. Tard dans la soirée de samedi, des groupes de manifestants étaient toujours rassemblés devant les bâtiments, certains chantant et dansant.

D'autres manifestants ont atteint un bâtiment de l'armée à Madani, une ville au sud-est de Khartoum, selon des témoins. Des rassemblements antigouvernementaux ont également eu lieu dans d'autres quartiers de la capitale et à Omdourman, ville jumelle de Khartoum, d'après d'autres témoins. Pour un diplomate européen, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, «la participation aujourd'hui était très impressionnante».

«Cela renforce la pression sur Béchir et le régime, et cela montre que le mouvement de contestation ne s'essouffle pas», estime-t-il. Déclenchées le 19 décembre 2018 par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain, les manifestations se sont rapidement transformées à travers le pays en mouvement de contestation contre M. Béchir.

Celui-ci a refusé de démissionner et fait face à son plus grand défi depuis son arrivée au pouvoir, estiment des experts. Après avoir tenté de réprimer la contestation par la force, il a instauré l'état d'urgence dans tout le pays le 22 février. Depuis, les manifestations sont restées principalement cantonnées dans la capitale et Omdourman. La date choisie est symbolique puisqu'elle marque l'anniversaire de la révolte du 6 avril 1985, qui avait permis de renverser le régime du président Jaafar al-Nimeiri.

Lourd dispositif de sécurité

«Un important dispositif de sécurité» a été mis en place samedi avant même que ne débutent les manifestations, a affirmé à l'AFP un témoin sous couvert de l'anonymat. Des témoins ont rapporté avoir vu des agents en civil se fondre dans la foule pour empêcher les passants d'atteindre le centre-ville. Les magasins et marchés de Khartoum ont reçu l'ordre de fermer avant les manifestations, ont précisé d'autres témoins.

«Ceux qui marchaient en groupe ont été immédiatement arrêtés ou ont été priés de rentrer chez eux par les forces de sécurité», ont-ils dit. Ces derniers jours, des militants avaient fait circuler des tracts pour appeler à manifester, selon des habitants.

Depuis l'instauration de l'état d'urgence, plusieurs manifestants ont été arrêtés pour avoir participé à des rassemblements non autorisés et jugés par des tribunaux d'exception. L'ampleur et l'intensité des manifestations ont alors fortement baissé.

Depuis décembre, le puissant service de renseignement a arrêté des centaines de manifestants, leaders de l'opposition, militants et journalistes, selon des ONG. Selon un bilan officiel, 31 personnes sont mortes depuis le début des manifestations. L'ONG Human Rights Watch (HRW) évoque le chiffre de 51 morts.

(nxp/afp)