Etats-Unis

17 avril 2009 06:13; Act: 17.04.2009 06:31 Print

Les militaires homosexuels accueillis avec prudence

Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a appelé jeudi à une approche très prudente de la politique d'ouverture de l'armée à l'égard des homosexuels.

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Lors de la campagne électorale à la présidence, Barack Obama avait promis la fin de la discrimnation des gays au sein de l'armée.

«Je pense que cela doit être fait très très prudemment», a déclaré M. Gates à Carlisle (Pennsylvanie) où il venait défendre son budget devant les officiers de l'armée de terre de l'Army War College.

Aux Etats-Unis, une loi baptisée «Don't ask Don't tell» (»Ne rien demander, ne rien dire») autorise les gays et lesbiennes à servir sous les drapeaux à condition de garder sous silence leur identité sexuelle.

«Il y a une loi. Si la loi change, notre politique changera aussi», a-t-il poursuivi. «Le président (Obama) a clairement montré où il voulait aller» mais il faudra mettre fin à cette règle d'une «façon prudente», a ajouté M. Gates.

D'autres problèmes à résoudre

«C'est un problème complexe et difficile», a souligné le secrétaire à la Défense. «L'armée est actuellement sous une pression considérable» à cause des guerres en Irak et en Afghanistan», a-t-il relevé. «Si nous prenons cette voie, nous devons le faire de façon à réduire tous les inconvénients» liés à un changement de la politique de l'armée sur ce sujet, a-t-il insisté.

Quand le président Truman a signé la loi d'intégration en 1948, un décret instaurant la fin de la ségrégation raciale dans les forces armées, cela a pris «cinq ans avant que le processus aboutisse», a rappelé M. Gates.

Discussions en cours

«Je ne dis pas que cela constitue un modèle, mais je pense que c'est quelque chose qui doit être fait très très prudemment», a-t-il déclaré. Il a indiqué avoir entamé des discussions à ce sujet avec le chef d'état-major interarmées Michael Mullen et le président Obama.

Depuis l'adoption de loi «Don't ask Don't tell» en 1993, environ 13 000 soldats ont été renvoyés après avoir évoqué leur homosexualité ou avoir été dénoncés, selon le Réseau de défense juridique des militaires (SLDN), association qui milite pour la fin de la discrimination envers les homosexuels dans l'armée.

(ats)