Soudan

14 avril 2019 18:11; Act: 15.04.2019 00:55 Print

Les militaires veulent une figure «indépendante»

Le pouvoir militaire en place a demandé que les partis politiques proposent une personne autonome pour devenir Premier ministre.

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Abdel Fattah al-Burhane, nommé vendredi à la tête du Conseil militaire chargé de la transition, a promis la rupture avec le régime Béchir. (Samedi 13 avril 2019) Le chef du Conseil militaire de transition, Awad Ibn Ouf, a présenté sa démission ce vendredi soir. (12 avril 2019) Le général Omar Zinelabidine a déclaré à la télévision que le futur gouvernement sera «un gouvernement civil». (Vendredi 12 avril 2019) Khartoum, les manifestations ont continué. Sure cette pancarte en arabe: «Ne nous volez pas notre révolution». (Vendredi 12 avril 2019) Les manifestants dans les rues pour rejeter le «coup d'Etat du régime» (Vendredi 12 avril 2019) L'armée soudanaise surveille la foule près du QG de l'armée. (Vendredi 12 avril 2019) Des militaires soudanais font le 'V' de la victoire'. (Vendredi 12 avril 2019) Un civil embrasse un militaire au Soudan. (Vendredi 12 avril 2019) Les Soudanais ont manifesté leur joie dans la nuit jeudi soir. (12 avril 2019) Alors que l'armée a décrété le couvre-feu nocturne, ils étaient encore des milliers à être dans la rue jeudi soir pour manifester contre le «coup d'Etat du régime». (11 avril 2019) L'annonce de la destitution d'Omar el-Béchir par le ministre de la Défense, Awad Ahmed Benawf. (Jeudi 11 avril 2019) Au pouvoir depuis trois décennies, Omar el-Béchir a été placé en détention. (Jeudi 11 avril 2019) La fête à Khartoum après l'éviction par l'armée du président Omar el-Béchir. (Jeudi 11 avril 2019) Même des membres des forces de l'ordre crient victoire. (Jeudi 11 avril 2019) Une immense foule de Soudanais est rassemblée à Khartoum, dans l'attente d'une «déclaration importante» promise par l'armée à la télévision officielle. (Jeudi 12 avril 2019) Alaa Salah est devenue l'icône des manifestants qui réclament la démission de Omar el-Béchir. (Jeudi 12 avril 2019) Alaa Salah harangue la foule Scène de fraternisation L'armée soudanaise a déployé des troupes à Karthoum, au troisième jour de manifestations qui demandent le départ du président Omar el-Béchir. (8 avril 2019) Les manifestants poursuivent leur mouvement de protestation devant le siège de l'armée soudanaise. (Dimanche 7 avril 2019) Les manifestants ont atteint le QG de l'armée dans la capitale Khartoum pour la première fois depuis le début des protestations. (Samedi 6 avril 2019) Huit Soudanais ont été condamnés à de la prison pour avoir bravé l'interdiction de manifester. (Jeudi 28 février 2019) Le président soudanais a interdit les manifestations lundi, mais l'opposition reste déterminée à descendre dans la rue. (25 février 2019) Ce vendredi 22 février 2019, le président soudanais Omar el-Béchir déclare l'état d'urgence pour un an dans tout le pays et limoge le gouvernement. L'ex-premier ministre Sadek al-Mahdi soutient les manifestations demandant le départ de l'actuel président Omar el-Béchir. Ce dernier l'avait destitué lors d'un coup d'État fomenté en 1989. (Vendredi 25 janvier 2019) Des manifestations en l'honneur des victimes de la répression ont été organisées lundi au Soudan. (21 janvier 2019) Un manifestant brandit une banderole avec un slogan très populaire: «liberté, justice et paix». D'autres crient «le peuple veut la chute du régime», le slogan du Printemps arabe de 2011. (Jeudi 17 janvier 2019) Depuis le 19 décembre, 24 personnes sont mortes, selon un bilan officiel. Human Rights Watch et Amnesty International parlent d'au moins 40 morts, dont des enfants et du personnel médical. (Jeudi 17 janvier 2019) Omar el-Béchir harangue une foule de manifestants acheminés en bus dans le grand jardin Green Yard de Khartoum. (Mercredi 9 janvier 2019) Il s'agit de la première manifestation en soutien au président Béchir depuis le début du mouvement de contestation au Soudan le 19 décembre. (Mercredi 9 janvier 2019) Omar al-Bashir a déclaré: «ce rassemblement envoie un message à ceux qui pensent que le Soudan va finir comme d'autres pays qui ont été détruits».(Mercredi 9 janvier 2019) Peu après le discours d'Omar el-Béchir, des policiers ont dispersé à l'aide de tirs de gaz lacrymogène quelque 300 manifestants antigouvernementaux rassemblés à Omdurman près de Khartoum. (Mercredi 9 janvier 2019) Omar al-Bashir s'adresse à la population depuis son palais à Khartoum. (3 janvier 2019 Des manifestants réclament la démission de Omar el-Béchir au pouvoir depuis 30 ans. (25 décembre 2018) La police a tiré. Au moins 19 personnes ont été tuées, selon les autorités. Amnesty International a fait état de la mort de 37 manifestants.(25 décembre 2018) Des manifestants ont tenté de marcher vers le palais du président Omar Hassan al Bachir à Khartoum. (25 décembre 2018) Déclenchées par la hausse du prix du pain, les protestations se sont transformées en manifestations contre le gouvernement. (25 décembre 2018) Une femme tente de se mettre à l'abri lors d'une manifestations à Khartoum. (25 décembre 2018)

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Le mouvement de contestation au Soudan a exhorté dimanche les nouveaux dirigeants militaires à transférer «immédiatement» le pouvoir à un gouvernement civil, les généraux ayant auparavant appelé les partis politiques à s'entendre sur une figure «indépendante» comme Premier ministre d'un exécutif civil.

Après la destitution, jeudi, du président Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 30 ans, des milliers de Soudanais campent toujours devant le QG de l'armée à Khartoum pour faire pression sur les militaires.

«Nous continuerons à organiser nos sit-in jusqu'à la satisfaction de nos demandes», a clamé Omar el-Digeir, l'un des chefs de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance du mouvement de contestation qui secoue le pays depuis le 19 décembre.

Le Conseil militaire de transition, qui tient désormais les rênes du pays, a semblé dimanche aller dans le sens des manifestants en demandant à des responsables de partis politiques de se mettre «d'accord sur une personnalité indépendante qui deviendrait Premier ministre et sur un gouvernement civil».

Immédiatement

«Nous voulons mettre en place un Etat civil basé sur la liberté, la justice et la démocratie», a affirmé un des membres du Conseil, le général Yasser al-Ata lors d'une réunion avec ces partis politiques à Khartoum.

Le ministère des Affaires étrangères a affirmé que le général Abdel Fattah al-Burhane, à la tête du nouveau pouvoir militaire, s'était «engagé à instaurer un gouvernement entièrement civil», mais sans donner de calendrier. «Le rôle du conseil militaire sera de maintenir la souveraineté du pays», a ajouté le ministère.

Le Conseil militaire doit «transférer immédiatement» le pouvoir à un gouvernement civil, a exigé dimanche dans un communiqué l'Association des professionnels soudanais, membre de l'ALC au côté des partis d'opposition. Elle a également appelé le futur «gouvernement de transition et les forces armées à faire juger Béchir, tous les chefs du NISS», redoutable service de renseignement, ainsi que ceux «ayant commis des crimes contre l'humanité et un génocide» dans la région occidentale du Darfour, ainsi que dans celles méridionales des monts Nouba et du Nil Bleu.

Peu après, le Conseil militaire a annoncé la nomination d'un nouveau chef du NISS, le général Aboubaker Moustafa, succédant au redouté Salah Gosh dont la démission avait été annoncée samedi, et le limogeage du chargé d'affaires en poste à Washington, Mohamed Atta, un ancien chef des services de renseignements.

Dans la soirée, les Etats-Unis, la Norvège et la Grande-Bretagne ont souligné que la transfert du pouvoir aux civils n'avait toujours pas eu lieu. «Il est temps que le Conseil militaire de transition et les autres parties entament un dialogue pour aller réellement vers un pouvoir civil», ont pressé les ambassades des trois pays dans un communiqué.

Restructuration des renseignements

Samedi soir, les chefs de la contestation avaient demandé la restructuration du NISS, également acteur ces quatre derniers mois de la répression des manifestants, qui a fait des dizaines de morts, selon l'ALC.

Le général Burhane a promis «d'éliminer les racines» du régime d'Omar el-Béchir. Il a par ailleurs annoncé la libération de tous les manifestants arrêtés ces dernières semaines et la levée du couvre-feu nocturne imposé jeudi par son prédécesseur, le général Awad Ibn Ouf, qui avait démissionné après une journée seulement à la tête du Conseil. Il s'est également engagé à faire juger les personnes ayant tué des protestataires.

«Il est crucial que les nouvelles autorités soudanaises mènent une enquête sur le rôle de Salah Gosh dans le meurtre de nombreux manifestants», a souligné l'ONG Amnesty International. Le Conseil militaire compte toutefois parmi ses dix membres plusieurs piliers du régime de Béchir, dont le chef de la police.

«Pas vraiment le choix»

Dans un communiqué samedi soir, le général Burhane a nommé au sein du Conseil l'adjoint du chef du NISS ainsi que Mohamad Hamdan Daglo, chef des opérations des paramilitaires de la Force de soutien rapide, surnommé «Himeidti» et accusé de violations des droits humains au Darfour (ouest).

Dimanche, «Himeidti» a reçu au palais présidentiel le chargé d'affaires américain Steven Koutsis. Il l'a informé des «mesures prises par le nouveau pouvoir pour préserver la sécurité et la stabilité dans le pays», selon l'agence officielle Suna.

Parmi les mesures décrétées dans la foulée de la destitution de M. Béchir figuraient un cessez-le-feu à travers le pays, notamment au Darfour, où un conflit a fait plus de 300'000 morts depuis 2003 selon l'ONU. Ces dernières années, le niveau de violence a cependant baissé dans la région.

Amnesty a appelé samedi les autorités à dévoiler rapidement le lieu où se trouve le président déchu Omar el-Béchir, 75 ans, arrivé au pouvoir après un coup d'Etat en 1989, et à le remettre à la Cour pénale internationale (CPI). En 2009, cette cour basée à La Haye avait lancé un mandat d'arrêt contre lui pour «crimes de guerre» et «contre l'humanité» au Darfour, ajoutant l'année suivante l'accusation de «génocide». Le conseil militaire a toutefois affirmé qu'il refuserait d'extrader M. Béchir ou tout autre citoyen soudanais.

L'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, généralement réticents aux révoltes populaires selon des analystes, ont de leur côté réagi prudemment aux bouleversements en cours au Soudan. Les deux capitales, qui craignent une descente aux enfers du pays qui déstabiliserait la Corne de l'Afrique et nuirait à leurs intérêts, ont exprimé l'espoir d'une «transition pacifique» tout en formulant de vagues promesses d'aide au Soudan qui s'enfonce dans un chaos économique. Le ministère des Affaires étrangères soudanais a appelé la communauté internationale à «soutenir le Conseil militaire de transition (...)» afin de «réaliser une transition démocratique».

(nxp/ats)