Flottille de la liberté

29 juin 2011 20:35; Act: 29.06.2011 21:47 Print

Les passagers préparés au pire

par Shahïn Ammane, Athènes - Les passagers de la flottille de la liberté se préparent au pire. Les scénarios catastrophes ont été abordés lors d'une formation mercredi.

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Le bateau sur lequel montra notamment la délégation suisse (Photo: sha)

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«Mets-toi la! Couche-toi! Ferme-la!» Les délégations ont toutes reçu mercredi un aperçu du traitement que pourraient leur réserver les commandos israéliens s'ils se lançaient à l'assaut de leur bateau dans les prochains jours.

La violence physique exercée sur les participants à l'exercice est feinte, mais les situations sont réelles. Elles sont inspirées par le vécu des participants à cette flottille de la liberté; des hommes et des femmes qui ont fait partie du premier convoi humanitaire de 2010 destiné à apporter de l'aide humanitaire a Gaza. Un Malaisien était même a bord du navire turc, le Mavi Maramara, qui l'année dernière a compté neuf morts parmi son équipage.

S'attendre à être brutalisé

«Soyez prêt à vous faire frapper», explique l'un des formateurs. C'est, d'après lui, dans les premiers instants que tout peut déraper, que tous les moyens seront mis en œuvre par les soldats de Tsahal pour neutraliser les marins amateurs. Ses conseils: ne pas résister. Éviter de courir dans tous les sens, ne pas succomber à la panique.

«Si des chiens montent a bord, ils attaqueront les personnes en mouvement», lâche-t-il à l'assemblée. Un frisson parcourt la trentaine de personnes qui écoute, dans un silence religieux, les recommandations: rester immobile, coller son dos contre un mur et croiser les mains au niveau du ventre. Et puis, un peu d'humour pour détendre l'atmosphère. Oublier que l'on se prépare a affronter de jeunes hommes encagoulés et déterminés qui ignorent, sans doute, les intentions pacifistes des passagers du bateau.

A quand le départ?

Les membres des délégations se disent «prêts» et attendent que soit fixée une date de départ qui leur semble prendre le large. Jeudi ou vendredi... Peut-être samedi. La patience est ainsi également mise a rude épreuve. Avec la crainte qu'elle ne s'use dans l'attente. Attendre que le gouvernement grec délivre ses autorisations et prendre le risque qu'un troisième bateau, peut-être celui sur lequel devrait monter la délégation suisse, soit saboté. Ce qui repousserait encore le départ.

«Nous devons amarrer et quitter la Grèce dès que cela sera possible», lancent en chœur les futurs marins aux organisateurs. «Inchallah», leur répond-on.

La nuit est tombée. Commence avec elle les rondes que vont entreprendre les membres des délégations jusqu'au matin. Et ce, pour protéger le bien le plus précieux à leurs yeux: «leur» bateau.