Union européenne

22 septembre 2019 11:10; Act: 23.09.2019 06:59 Print

Les pays se préparent à un Brexit sans accord

Alors que la sortie du Royaume-Uni reste un casse-tête, des pays de l'Union européenne se préparent à cette scission.

Brexit: le Parlement rejette des élections anticipées.
Sur ce sujet
Une faute?

Dans la perspective de plus en plus souvent évoquée d'un Brexit sans accord, qui pourrait intervenir dès le 31 octobre, les principaux pays de l'UE et le Royaume-Uni ont mis en place des mesures destinées à en atténuer l'impact sur les populations.

Plus de trois ans après le référendum qui a vu les Britanniques voter à 52% pour une sortie de l'Union européenne, le Brexit - prévu initialement pour le 29 mars 2019 et sans cesse repoussé depuis - est toujours un casse-tête.

Quelque 3,6 millions de citoyens européens vivent actuellement au Royaume-Uni, et 1,2 million de Britanniques sur le continent.

ROYAUME-UNI: risque de pénuries

Le Premier ministre Boris Johnson envisage un divorce sans accord, malgré des prévisions alarmantes, de son propre gouvernement, de pénuries alimentaires, de médicaments et de risques de troubles à l'ordre public.

L'Union européenne a prévu qu'en cas de Brexit dur, elle mettrait immédiatement en place des contrôles douaniers, des inspections de sécurité alimentaire et de vérification des normes européennes aux frontières avec le Royaume-Uni. Le Parlement européen a approuvé en avril l'exemption de visas pour les Britanniques effectuant de courts séjours dans l'Union européenne après le Brexit, sous réserve de réciprocité.

Plus d'un million d'Européens ont déjà obtenu le statut de «résident permanent» («settled status»), pour continuer à travailler ou toucher des prestations sociales lorsque le Royaume-Uni aura rompu ses liens avec l'UE.

Le gouvernement britannique a annoncé début septembre qu'il allait proposer un permis de séjour de trois ans aux ressortissants européens qui souhaiteraient s'y installer après un Brexit sans accord.

Londres travaille aussi à ouvrir de nouvelles voies de passage via d'autres ports que celui de Douvres (sud).

IRLANDE: l'épine du backstop

Dans son budget pour 2019, l'Irlande a mis 1,5 milliard d'euros de côté, pour amortir toute onde de choc liée au divorce avec le Royaume-Uni. 1000 personnes ont notamment été embauchées pour les contrôles douaniers et sanitaires.

Les regards sont braqués sur un dispositif qui cristallise les passions: le «filet de sécurité», ou «backstop», qui est censé éviter le retour à une frontière physique entre la République d'Irlande et la province britannique voisine d'Irlande du Nord.

Il stipule que le Royaume-Uni demeure sur un «territoire douanier unique» avec l'Union européenne, ce qui limiterait la capacité de Londres à négocier des traités commerciaux avec des Etats tiers. Inimaginable pour les partisans d'un divorce net avec Bruxelles qui estiment que cela arrimerait leur pays indéfiniment à l'Union européenne.

ALLEMAGNE: «prête à tout»

Le gouvernement allemand, qui assure être «préparé à toutes les possibilités imaginables de sortie», prévoit en particulier une période de transition de neuf mois pour permettre aux Britanniques de faire les démarches administratives nécessaires afin de rester en Allemagne après le Brexit. Ils devront ensuite faire une demande de titre de séjour pour rester en Allemagne.

Les douanes allemandes ont prévu 900 postes supplémentaires.

FRANCE: aménagement des ports

Il est prévu que les Britanniques qui habitent sur le territoire français, où ils sont au moins 150'000, «pourront continuer de résider en France sans titre de séjour» pendant un an, le temps de régulariser leur situation, à condition que la réciprocité soit accordée aux 300'000 Français vivant au Royaume-Uni.

Des travaux d'aménagement, d'un montant de 50 millions d'euros, ont été engagés dans les ports (Dunkerque, Calais, Le Havre), le tunnel sous la Manche et les aéroports, avec notamment des parkings géants pour éviter les embouteillages. Près de 600 nouveaux douaniers ont été recrutés et formés.

ITALIE: inquiétude pour le prosecco

L'obtention du statut de résident permanent sera liée à une présence d'au moins six mois sur douze en Italie, au cours des cinq années ayant précédé le Brexit. Les vignerons italiens, qui exportent chaque année au Royaume-Uni le chiffre colossal de 120 millions de bouteilles de prosecco, craignent les conséquences d'une hausse des prix du fait des droits de douane.

«L'incertitude de la situation nous inquiète, mais nous avons confiance dans le fait que les citoyens britanniques n'abandonneront pas leur péché mignon», dit Innocente Nardi, le président du consortium du prosecco supérieur Conegliano Valdobbiadene (DOCG).

ESPAGNE: assurer la continuité à Gibraltar

Le Premier ministre Pedro Sanchez a assuré en septembre que l'Espagne, qui compte la plus importante communauté britannique d'Europe, était «préparée à tous les scénarios».

Le gouvernement veut fournir des permis de résidence à «environ 400.000 personnes» et préserver le flux des déplacements vers Gibraltar, un petit territoire britannique situé à l'extrême sud de l'Espagne, où 9000 Espagnols se rendent chaque jour pour travailler, a précisé Pedro Sanchez.

POLOGNE : focus sur le transport routier

Une proposition de loi doit permettre aux Britanniques de séjourner en Pologne sans changement de statut jusqu'à la fin de 2020. Varsovie compte sur l'Union européenne pour régler le statut du transport routier car environ 25% du fret entre l'UE et la Grande-Bretagne est assuré par quelque 2.500 sociétés polonaises de ce secteur d'activité.

L'ambassadeur polonais à Londres a adressé mi-septembre une lettre aux Polonais vivant en Grande-Bretagne, dans laquelle il leur demande en particulier d'envisager un retour au pays, vantant la bonne santé de l'économie polonaise.

GRECE: quel impact sur le tourisme?

Les inquiétudes du gouvernement grec se focalisent sur le secteur stratégique du tourisme : avec près de trois millions de visiteurs l'an passé, les Britanniques sont dans ce domaine le deuxième contingent après les Allemands.

«Vous imaginez les retards si tous ces gens doivent désormais passer au contrôle des passeports?», a commenté cette semaine un responsable du secteur du tourisme. Les Britanniques pourront rester étudier et travailler en Grèce jusqu'au 31 décembre 2020, en cas de Brexit. Quelque 110'000 Grecs travaillent ou étudient au Royaume-Uni.

(nxp/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • TAGADA le 22.09.2019 16:59 Report dénoncer ce commentaire

    Le ridicule de l'UE !

    Les polonais s'inquiètent parce qu'ils assurent 25% du transport entre Calais et Douvres et qu'ils risquent d'être exclu de ce marché. Cela ne vous semble pas scandaleux que les camionneurs Français et Britanniques aient perdu leur jobs pour que des Polonais payés au lance pierre assurent le trafic ? Si il fallait une seule raison pour justifier le Brexit, elle est trouvée. Qui est le pas biens finis qui trouve que c'est génial de payés des prestations sociales aux locaux pour pouvoir payer moins cher des gens venant de 1500km ? Et on nous parle d'écologie ?

  • Backstop le 22.09.2019 17:49 Report dénoncer ce commentaire

    Je comprends pas...

    Ils ne veulent pas du filet de sécurité pour ne pas être liés à l'union douanière de l'UE mais ils ne veulent pas non plus de contrôle douanier entre les 2 Irlande. En cas de sortie sans accord ils ne pourront pas empêcher la remise en vigueur de la douane ou bien je me trompe ?

  • Jean Cups le 22.09.2019 19:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bla-bla-bla

    Accord ou pas d accord Franchement ils créent un problème pour en parler, pour encore en parler, puis ils en reparlent, et ? Et ? Ils parlent à nouveau pour dire qu ils parlent et qu ils sont pas d accord ensuite certains quittent le bateau pour ne plus parler alors ?? Ils parlent ... voyez vous du changement ? Et après ? Un net impression que le contribuable payent ces autres politiques à parler ... Ue ou Uk finalement c est le 1er chapitre on attend le prochain livre :)

Les derniers commentaires

  • aziz le 22.09.2019 23:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    on va bien voir

    si comme annoncé par Bruxelles, l Angleterre sera au niveau du swaziland a la fin de l année... si ca n etait pas le cas, il est probable que d autres prennent le meme chemin.

    • Jean-Kevin le 23.09.2019 10:26 Report dénoncer ce commentaire

      @Aziz

      Sauf que c'est l'actuel gouvernement britannique qui a produit les scénarios dont vous parlez mesurer les impacts de la sortie. Et oui, on va bien voir ce que ça donne, effectivement. Et pour le moment ça se bouscule pas trop au portillon pour prendre le même chemin, lol!

  • Achilles le 22.09.2019 20:43 Report dénoncer ce commentaire

    Respectons la volonté des british

    Pour moi le Brexit est comme le bug de l'an 2000, tout le monde crie à la catastrophe et tout se passe bien.

    • Ernest le 22.09.2019 21:10 Report dénoncer ce commentaire

      @ Achilles

      Encore un qui parle sans savoir ... le bug de l'an 2000 a été préparé (et évité) par des dizaines de milliers d'ingénieurs et programmeurs dans le monde entier qui ont travaillé jours et nuits pendant des mois pour mettre en place les "patches" qui ont évité les problèmes ... Sans ces milliers de techniciens, c'était le crash assuré...

    • Colin le 23.09.2019 00:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Achilles

      L'Angleterre va très mal. Ceux qui y vivent le savent. Les grands commerces de détail font de la publicité pour que la population fasse des provisions en vue de la pénurie prochaine de denrées et de médicaments. Le voyagiste Thomas Cook a besoin d'une aide de l'État d'un montant de 200 millions de livres sterlings pour éviter la faillite. Plusieurs milliers d'emplois ont été supprimés suite aux annonces de plusieurs entreprises qui veulent quitter le RU. Les chemins de fer sont d'une autre époque et sont mal entretenus. La grande majorité des résidents du RU ont des petits jobs mal payés. Les hôpitaux sont sous-equipés et les délais d'attente pour se faire soigner peuvent dépasser 6 mois. Le moral de la population est au plus bas et l'alcoolisme est très élevé. Si les touristes boudaient le RU, l'économie du royaume s'effondrerait.

    • Etienne le 23.09.2019 02:34 Report dénoncer ce commentaire

      @Colin

      Vous n'avez pas tout tort... le NHS et le thatchérisme sont un fléau pour le pays... mais se sont des problèmes Anglais qui doivent être résolus par les Anglais et non pas par une bande de technocrates corrompus non-élus...

  • Brace Forimpact le 22.09.2019 20:43 Report dénoncer ce commentaire

    Mais de quoi on peur les pro EU?

    Il est évident que si au bout de quelques temps ça va mieux économiquement pour la GB, d'autres pays voudront sortir de l'Union soviétique Européenne.

    • Etienne le 22.09.2019 22:22 Report dénoncer ce commentaire

      Tellement vrai...

      Même Sarkozy un pro-UE acharné a admis que cette Europe ne fonctionnait pas et qu'il fallait tout reprendre depuis le début,ce qui est "impossible" article 48 TUE oblige. Ce même article 48 qui ironiquement empêchera sûrement tout autre report du Brexit... mais allez faire comprendre ça à des Jean-Kevin,des Willy et autres fidèles de la religion de la Sainte Union Européenne...

    • Jean-Kevin le 23.09.2019 07:57 Report dénoncer ce commentaire

      @Etienne

      Lol! Je nai jamais dit que lUE était parfaite! Évidemment quelle mériterait pas mal de réformes. Par contre jaffirme quil y a du bon dans la principe dune union et que ce nest pas en la quittant quon va contribuer à la réformer. Ça fait uniquement laffaire des autres géants économiques qui se frottent les mains de voir une Europe affaiblie. Et de voir une GB aux abois qui signera le premier traité de libre échange quelle pourra sans grand pouvoir de négociation...

  • Etienne le 22.09.2019 19:26 Report dénoncer ce commentaire

    Donc en fait...

    en nous affirmant une fois de plus que ce serait l'apocalypse,le retour au Moyen-Âge,les Sept plaies de l'Égypte etc. si le Royaume-Uni sortait de l'UE. En fait les europhiles parlaient d'eux-mêmes ils s'auto-prophétisaient! Mais je ne doute pas que les adeptes de l'UE trouveront tjrs une excuse à leur Sainte Union Européenne du genre "ouais ça sera dur au début mais à terme ça ira bien mieux pour nous et les anglais regretteront d'être sortis mais ce sera trop tard..." bla bla bla et autres arguments foutaises...

    • Willy, Genève le 22.09.2019 19:37 Report dénoncer ce commentaire

      @Etienne

      Intarissable sur le RU gagnant à quitter l'UE, mais 2 commentaires plus bas, vous prétendez que la Suisse aurait à perdre en cassant les bilatérales avec l'UE.. sans expliquer pourquoi ! Alors l'UE, c'est très mauvais pour le RU, mais bon pour la Suisse ? Faudrait savoir...

    • Etienne le 22.09.2019 20:35 Report dénoncer ce commentaire

      @Willy

      Ah les europhiles... vous avez la comprenette un peu lente... au cas où vous ne l'auriez pas remarquer la Suisse, même si elle n'en fait pas partie,est "encerclé" par l'UE. Nous devons donc composer avec elle et il nous serait dangereux de défier les traités signés avec l'Empire Romain sans compter que nos dirigeants sont loin d'avoir le courage de BoJo... le RU en revanche c'est une île mondiale dont l'UE représente une fraction de son économie. Les anglais n'auront aucun problème a trouver d'autres partenaires économiques ils ont bien plus d'atouts que nous à commencer par le Commonwealth...

    • julien le 22.09.2019 20:47 Report dénoncer ce commentaire

      brexit-la-catastrophe

      Le courage de BoJo... Ses mensonges aussi ?

    • Jean-Kevin le 22.09.2019 21:54 Report dénoncer ce commentaire

      @Etienne

      J'en pleure de rire: "au cas où vous ne l'auriez pas remarquer la Suisse est "encerclé" par l'UE". On a notre champion du monde de géographie. Et devinez quoi, c'est avec nos voisins qu'on a le plus d'échanges économiques, plus de la moitié. Et c'est pareil pour la GB. C'est fou, non?

    • Etienne le 23.09.2019 02:26 Report dénoncer ce commentaire

      @Jean-Kevin

      Désolé de devoir rappeler les bases géographiques et du pourquoi la Suisse est dépendante de l'UE contrairement au RU... parce que certains comme "Il faut sauver Willy Genève" ben ils semblent ne pas avoir compris cette logique géographique,trop pro-européens qu'ils sont...

  • Jean Cups le 22.09.2019 19:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bla-bla-bla

    Accord ou pas d accord Franchement ils créent un problème pour en parler, pour encore en parler, puis ils en reparlent, et ? Et ? Ils parlent à nouveau pour dire qu ils parlent et qu ils sont pas d accord ensuite certains quittent le bateau pour ne plus parler alors ?? Ils parlent ... voyez vous du changement ? Et après ? Un net impression que le contribuable payent ces autres politiques à parler ... Ue ou Uk finalement c est le 1er chapitre on attend le prochain livre :)