Commerce du sexe

17 décembre 2011 18:56; Act: 17.12.2011 20:36 Print

Les prostituées manifestent à Paris

Samedi, une centaine de personnes dont de nombreuses péripatéticiennes se sont mobilisées contre une proposition de loi visant à pénaliser leurs clients.

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Une centaine de personnes dont nombre de prostitué(e)s ont défilé samedi à Paris pour protester contre une récente proposition de loi visant à pénaliser les clients, a constaté un journaliste de l'AFP.

«Je suis majeure, j'ai toutes mes dents, touche pas à mon client», a entonné, avant même le départ du cortège, «Mademoiselle», grande blonde transsexuelle posant en guêpière, string, porte-jarretelles et talons hauts devant les photographes.

«Les politiques utilisent la prostitution pour faire carrière sur notre dos. Ils disent vouloir nous protéger, en fait ils vont nous enlever nos ressources», a-t-elle ensuite expliqué, avant que d'autres manifestants scandent «Vous couchez avec nous, vous votez contre nous».

Selon la proposition de loi, déposée le 6 décembre à l'Assemblée nationale, les peines encourues par les clients pourraient aller jusqu'à deux mois d'emprisonnement et 3.750 euros d'amende.

«Répression = contamination»

A l'appel du Syndicat du travail du sexe (Strass) et des associations de lutte contre le sida Act-up et Aides, le cortège qui partait de la place Pigalle, ancien «quartier chaud» de Paris dans le 9e arrondissement, a défilé derrière une banderole sur laquelle était écrit «Répression = contamination».

«Si les clients sont pénalisés, les filles devront se cacher un peu plus, donc elles seront encore plus isolées et en danger car elles devront accepter des pratiques qu'elles n'acceptent pas aujourd'hui», a résumé Cloé Navarro, représentante du Strass.

«Les lieux de la prostitution sont aujourd'hui connues de la police, des usagers et des associations de prévention, ils ne le seront plus», a-t-elle déploré.

«Cette loi, on va tout faire pour qu'elle ne passe pas», a affirmé Christophe, un jeune homme disant être venu à la prostitution pour des raisons financières mais pour qui «aujourd'hui, c'est un choix à part entière».

La proposition de loi, inspirée de ce qui se fait en Suède depuis 1999, est encore loin d'être inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée et pourrait même ne pas l'être d'ici la fin de la législature au printemps 2012.

(afp)