Ministre pédophile

10 juin 2011 18:44; Act: 10.06.2011 19:58 Print

Les services secrets étaient au courant

L'ancien chef des Renseignements Généraux a dit avoir «fait état» de rumeurs de partouze pédophile avec un ministre, à Lionel Jospin, alors Premier ministre.

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Yves Bertrand, ancien chef des Renseignements Généraux, a été entendu par les enquêteurs vendredi. (Photo: AFP)

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L'ancien patron des Renseignements généraux Yves Bertrand a affirmé avoir «fait état» en 2001 de rumeurs d'actes pédophiles par un ministre auprès des «autorités de tutelle», citant Daniel Vaillant et Lionel Jospin.

Les deux hommes étaient alors ministre de l'Intérieur et Premier ministre.

Interrogé par l'AFP pour savoir si, à l'époque où il avait eu connaissance de ces rumeurs, il avait cherché à les vérifier, il a répondu: «Ecoutez, moi j'étais aux Renseignements généraux, je n'étais pas à la police judiciaire. Donc une rumeur, j'en fait état aux autorités de tutelle, c'était Vaillant et Jospin, c'était 2001, sous la cohabitation».

Il s'exprimait à la sortie de son audition comme témoin par la brigade de protection des mineurs (BPM) de la police judiciaire.

«J'ai rendu compte de la rumeur»

A la question de savoir pourquoi il avait été décidé de ne plus enquêter plus avant, Yves Bertrand a rétorqué: «Je n'en sais rien, il faut leur demander à eux. Ils ont fait ce qu'ils ont voulu. Ce n'était pas mon rôle. Moi, j'ai fait mon devoir de rendre compte de la rumeur».

A son arrivée à la BPM, dans un entretien à l'AFPTV, Yves Bertrand s'était toutefois montré moins affirmatif, déclarant: «Il se peut (...) que j'ai rendu compte, peut-être pas verbalement mais par écrit. C'est possible mais je n'en n'ai pas la certitude puisque je n'ai pas mes brouillons», ses carnets saisis par la justice dans le cadre de l'affaire Clearstream.

Il a été entendu pendant près d'une heure et demie par les policiers de la BPM chargés de l'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris après des déclarations de Luc Ferry le 30 mai sur Canal+.

Entendu le 3 juin, l'ancien ministre de l'Education nationale avait affirmé, sans donner de nom, qu'un «ancien ministre» s'était «fait poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons», assurant tenir cela des «plus hautes autorités de l'Etat» et notamment d'un Premier ministre.

(afp)