France

04 juillet 2014 11:40; Act: 04.07.2014 16:28 Print

Les spectacles d'ouverture d'Avignon annulés

Les deux spectacles d'ouverture du festival de théâtre d'Avignon ont été annulés en raison de la grève des intermittents. De plus, le mauvais temps menace des retransmissions sur écran géant.

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Le mauvais temps et la grève: Avignon, le plus prestigieux des festivals français, débute vendredi sous de mauvais auspices.

Ses deux spectacles d'ouverture ont en effet été annulés pour cause de grève en soutien aux intermittents du spectacle, et des averses violentes menacent.

En revanche, les quatre spectacles programmés samedi restent pour l'instant à l'affiche, a souligné Olivier Py, directeur du festival, lors d'une conférence de presse. «A ce jour, je peux vous dire que nous jouerons demain (samedi), je n'ai pas eu connaissance d'un préavis».

Lors d'une assemblée générale jeudi soir, une majorité de salariés du festival ont voté en faveur de la grève ce vendredi, à l'appel de la CGT Spectacle, fer de lance de la protestation contre la nouvelle convention d'assurance-chômage durcissant les conditions d'indemnisation des intermittents.

Un vote des équipes travaillant sur les deux spectacles d'ouverture vendredi matin a confirmé cette décision. Par conséquent, «Le Prince de Hombourg», pièce mythique créée à Avignon par son fondateur Jean Vilar en 1951 avec Gérard Philipe, et «Coup fatal», un ballet d'Alain Platel avec des musiciens traditionnels de Kinshasa, ne pourront être présentés.

Fléchissement des ventes

Olivier Py a précisé que le coût de ces annulations était de l'ordre de 29'000 euros, uniquement en billetterie.

Les spectateurs peuvent soit se faire rembourser, soit choisir une autre date. Les spectacles ne sont pas encore complets, du fait du «léger fléchissement» des ventes sur fond de menace de grève, a-t-il précisé.

«Le Prince de Hombourg» sera joué huit fois, du 5 au 13 juillet. Mais aucune représentation supplémentaire ne peut être organisée pour compenser l'annulation de la première.

En accord avec les salariés, France 2 pourra tout de même diffuser la pièce qu'elle a enregistrée lors de la répétition générale jeudi soir, selon Olivier Py. Du côté de la chaîne, on se disait encore «incertain» à la mi-journée.

En revanche, les orages prévus dans la soirée pourraient compromettre les retransmissions prévues sur écran géant à Marseille - au Mucem - et Avignon, en plus d'une diffusion au Louvre à Paris.

Appel au dialogue

«Je respecte absolument le droit de grève, le combat des intermittents doit rester dans un cadre légal, même si pour le directeur du festival c'est difficile (...)», a déclaré le metteur en scène, dont c'est le premier Festival d'Avignon en tant que directeur.

«Je voudrais lancer un appel à tous, un appel au calme et au dialogue», a-t-il ajouté alors qu'une manifestation est prévue vendredi après-midi à Avignon, avant une «marche silencieuse» à 17h00 au lieu de la traditionnelle grande parade du «off». Pour leur part, les salariés du «in» tiendront une conférence de presse à 16h00 devant l'opéra d'Avignon.

Dans le «off» d'Avignon, l'écrasante majorité des 1083 compagnies s'est déclarée déterminée à jouer.

Incertitude à Aix-en-Provence

A Aix-en-Provence, l'incertitude règne pour la première de «Il Turco in Italia» de Rossini, prévu dans la cour de l'Archevêché vendredi soir, dans le cadre du Festival international d'art lyrique. Jeudi, une manifestation bruyante des intermittents sur la place jouxtant la cour a fortement perturbé la première de l'opéra «Ariodante» de Haendel, qui s'est joué avec un bruit de fond important et s'est même interrompu cinq minutes.

Vendredi est «la journée la plus exposée», avait reconnu le directeur du festival, Bernard Foccroulle. «Nous gérons la situation au jour le jour». Chaque représentation annulée à Aix «coûterait au moins 150'000 euros», a-t-il estimé, assurant qu'une annulation du festival cette année rendrait impossibles les éditions de 2015 et 2016.

Conventions dénoncées

Les intermittents (artistes, techniciens, régisseurs exerçant leur activité en alternant périodes d'emploi et de chômage) dénoncent leur nouvelle convention d'assurance-chômage qui durcit les conditions d'indemnisation des périodes d'inactivité, dans un secteur où l'emploi précaire est la règle.

La mobilisation de vendredi vise à maintenir la pression alors qu'à Paris, une concertation mise en place par le gouvernement pour une «refonte» du statut a débuté.

(ats/afp)