Scandinaves tuées au Maroc

16 mai 2019 04:45; Act: 16.05.2019 06:18 Print

Les suspects avaient un «credo djihadiste»

Les suspects de l'assassinat de deux touristes au Maroc avaient adhéré à un «credo djihadiste, », selon les enquêteurs.

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Un marchand ambulant, un plombier, un menuisier... les hommes accusés d'être impliqués dans le meurtre de deux touristes scandinaves en décembre 2018 au Maroc avaient adhéré à un «credo djihadiste», selon les enquêteurs marocains.

Les quatre principaux suspects, des pères de famille natifs de la région de Marrakech (sud), doivent comparaître jeudi aux côtés d'une vingtaine d'autres personnes pour la deuxième audience de leur procès.

La plupart des 24 suspects sont accusés d'appartenir à un groupe imprégné de l'idéologie du groupe Etat islamique (EI), «sans contact» avec des cadres opérationnels en Syrie ou en Irak, selon le chef de l'antiterrorisme marocain Abdelhak Khiam. Issus de milieux modestes, avec un niveau d'instruction «très bas», ils vivaient d'activités précaires.

«L'émir»

Abdessamad E., un marchand ambulant de 25 ans, est le chef du groupe. Surnommé «Abou Moussab», marié et père d'une fille, il avait été condamné à une peine de prison pour avoir tenté de rejoindre l'EI en Syrie.

A sa sortie de prison en 2015, il avait monté une cellule djihadiste. Lors des réunions, ce groupe «glorifiait» les actions de l'EI, réfléchissant à un moyen de «soutenir» le groupe ultra-radical, selon l'acte d'accusation consulté par l'AFP.

C'est lui qui aurait organisé l'expédition dans le Haut-Atlas, où il aurait décapité l'une des touristes. C'est aussi lui qui parle dans une vidéo dans laquelle, avec les trois autres principaux suspects, il prêtait allégeance à l'EI.

Le menuisier

Younes O., 27 ans, a été l'une des premières recrues de Abdessamad E.. D'après des témoignages recueillis par l'AFP dans son modeste quartier à Marrakech, ce père d'une fille était un menuisier, perçu comme «un garçon sans histoire».

Mais selon ses proches, il était devenu quelques mois avant le double assassinat un adepte du salafisme, branche ultraconservatrice de l'islam sunnite. Il a été arrêté avec E. et Rachid A. quelques jours après le double assassinat alors qu'ils tentaient de quitter Marrakech en autocar.

Le troisième homme

Rachid A., 33 ans, n'a pas participé aux décapitations selon les enquêteurs, mais a filmé la scène avec un smartphone.

Comme Abdessamad E., ce père de quatre enfants de milieu très modeste vivait dans la commune rurale et défavorisée de Harbil, près de Marrakech.

Ses proches ont affirmé qu'il s'était «isolé» les mois précédents le double meurtre. Comme les deux autres suspects, il s'était rasé la barbe et avait délaissé ses vêtements traditionnels quelque temps avant le 16 décembre pour ne pas éveiller les soupçons.

Le plombier

Abderrahim K., un plombier de 33 ans, se serait rendu dans le Haut-Atlas avec ses trois compagnons mais les aurait quittés avant l'assassinat. Il est retourné à Marrakech le jour du double meurtre pour «trouver une planque» et faciliter la fuite du groupe, selon l'acte d'accusation.

Il y a trois ans, il était devenu adepte du salafisme, puis avait démissionné d'un hôtel qui servait de l'alcool, selon des témoignages recueillis par l'AFP auprès de ses proches. C'est à son domicile que la vidéo d'allégeance aurait été tournée. Ce père de deux enfants a été interpellé quelques heures après la découverte des corps.

Les autres

Les 20 autres accusés, âgés de 20 à 51 ans, ont été interpellés dans plusieurs villes en raison de leurs liens avec les tueurs présumés. Tous appartenaient au groupe fondé par E., selon les enquêteurs. Ils sont accusés d'avoir «relayé des images de propagande» sur WhatsApp et Telegram, d'avoir planifié des attaques dans le royaume ou d'avoir voulu rejoindre l'EI.

Seul étranger du groupe, Kevin Z., 25 ans, est un Hispano-suisse converti à l'islam, accusé notamment d'«aide préméditée à des auteurs d'actes terroristes» et d'«entraînement de personnes en vue de commettre des actes terroristes».

Il est accusé d'avoir appris aux suspects à utiliser une messagerie cryptée, de «les avoir entraînés au tir» et d'avoir planifié avec eux des attaques jamais mises en oeuvre, selon l'acte d'accusation. Il avait affirmé son innocence pendant l'enquête.

(nxp/afp)