Afghanistan

23 octobre 2019 10:18; Act: 23.10.2019 10:36 Print

Les talibans iront à Pékin pour parler de la paix

Une conférence inter-afghane va être organisée en Chine fin octobre pour trouver une solution entre le gouvernement et les talibans.

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Le mollah Abdul Ghani Baradar.

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Une conférence inter-afghane destinée à «trouver une solution au problème afghan» se tiendra à Pékin, a annoncé le porte-parole des talibans Suhail Shaheen à l'AFP, en excluant la participation de représentant de «très haut niveau» du gouvernement.

La délégation talibane, menée par le cofondateur du mouvement, le mollah Abdul Ghani Baradar, se rendra en Chine les 29 et le 30 octobre, a-t-il précisé.

La grande inconnue reste l'identité des autres participants à la conférence, les talibans refusant la présence de «représentant de très haut niveau» du gouvernement afghan.

Parallèlement l'Union européenne et les États-Unis ont engagé les responsables afghans à constituer une «équipe de négociation nationale inclusive» et appelé toutes les parties à «observer un cessez-le-feu pendant les négociations inter-afghanes», dans un communiqué mardi.

Trouver une solution

La conférence a été décidée après une rencontre à Doha entre le mollah Baradar, qui est également le chef du bureau politique des talibans, et l'envoyé spécial chinois Deng Xijon, selon Suhail Shaheen.

«Les deux parties ont discuté de la conférence inter-afghane à venir à Pékin et des questions relatives à la solution du problème afghan», a-t-il dit sur Twitter.

Sollicité par l'AFP pour savoir qui participerait à la conférence, le gouvernement afghan n'a pas réagi dans un premier temps à la déclaration de Suhail Shaheen.

Dans son tweet le porte-parole des talibans a précisé que «tous les participants assisteront [à la conférence] à titre personnel et présenteront leur point de vue personnel pour trouver une solution au problème afghan».

Les talibans nient toute légitimité au pouvoir afghan, qu'ils qualifient régulièrement de «marionnette» des États-Unis. Une position réaffirmée par Suhail Shaheen dans ses déclarations à l'AFP.

Le porte-parole a indiqué que «si quelqu'un du gouvernement afghan est inclus dans la liste nous examinerons son niveau et son statut». Il a précisé qu'il «n'est pas possible que quelqu'un de très haut niveau participe à la conférence en prétendant le faire à titre personnel».

En mai des opposants politiques au gouvernement afghan avaient rencontré une délégation talibane à Moscou.

Vide sécuritaire

En juillet, une réunion – la première depuis de nombreuses années – s'était tenue entre des talibans et divers hauts responsables afghans à Doha. Les deux parties s'étaient engagées à établir une «feuille de route pour la paix» en Afghanistan.

Pour sa part Pékin a déjà accueilli une délégation de talibans en juin, puis à la fin septembre, après la suspension par le président américain Donald Trump des pourparlers avec les insurgés sur un retrait des forces américaines d'Afghanistan en échange de certaines contreparties des rebelles.

La Chine, qui partage une courte frontière de 76 km avec l'Afghanistan à ses confins du nord-est, s'intéresse à ses ressources minérales et s'inquiète du vide sécuritaire qui pourrait se produire après le départ des dernières unités combattantes américaines.

Donald Trump a mis fin aux pourparlers avec les insurgés après la mort d'un soldat américain dans un attentat revendiqué par les talibans.

(nxp/ats)