Criminalité

08 février 2019 20:19; Act: 08.02.2019 20:52 Print

Les viols d'une ado scandalisent le Kosovo

Une sordide affaire secoue le Kosovo. Une jeune fille aurait été violée il y a deux ans par un prof et un policier mais le crime n'a été révélé que mercredi.

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Le premier ministre Ramush Haradinaj a convoqué vendredi de hauts magistrats et responsables policiers exigeant des résultats sur l'enquête concernant les viols dont a été victime l'ado. (Photo: AFP/archive/photo d'illustration)

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Manifestations, hauts fonctionnaires convoqués, session extraordinaire au Parlement vendredi: les viols d'une adolescente, dont sont soupçonnés un de ses professeurs et un policier, scandalisent le Kosovo.

Les faits allégués ont débuté il y a deux ans mais n'ont été révélés que mercredi par le site d'investigation kosovar Insajderi.

La police a indiqué avoir arrêté jeudi, à la suite de cet article, le professeur et le policier, ainsi qu'un gynécologue soupçonné d'avoir pratiqué un avortement clandestin sur l'adolescente.

Manif à Pristina

Selon Insajderi, cette jeune fille a raconté avoir été violée alors qu'elle avait 16 ans, par un de ses professeurs dans la ville de Drenas (centre), avant de l'être de manière répétée et jusqu'à récemment par le policier qui enquêtait sur ce crime qu'elle avait dénoncé.

Ces révélations ont suscité une immense indignation dans ce petit pays balkanique d'1,8 million d'habitants, où la police, souvent accusée d'être à la solde du monde politique, est en butte à une large défiance.

A l'appel d'associations, des centaines de jeunes Kosovars ont manifesté jeudi à Pristina, puis vendredi devant le commissariat de Drenas, demandant que justice soit rendue mais aussi la démission de hauts responsables policiers.

«Cette adolescente a été victime de ceux en qui elle aurait dû avoir le plus confiance», a déclaré au Parlement le député Fatmire Kollçaku, du parti d'opposition Vetevendosje (gauche nationaliste). «Cela a commencé à l'école, le crime a continué à la police, mais il y a aussi eu une troisième atteinte dans une institution privée qui n'avait pas d'autorisation et n'offrait pas les conditions nécessaires pour un avortement», a dénoncé le parlementaire.

OSCE indignée

«C'est une affaire tragique et monstrueuse», a commenté le président Hashim Thaçi. «Honte», ont crié les manifestants devant le commissariat de Drenas, tendant une banderole sur laquelle était écrit: «Danger, zone pédophile».

Le Premier ministre Ramush Haradinaj a convoqué vendredi de hauts magistrats et responsables policiers, exigeant des résultats dans l'enquête et des mesures «pour empêcher de telles affaires à l'avenir».

La mission de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) s'est indignée de cette «atteinte sexuelle commise contre une personne vulnérable par des personnes en position de confiance et d'autorité».

«Les actes qui auraient été commis par le professeur de la jeune fille, puis durant une période plus longue par un officier de police, sont révoltants et inacceptables, aussi bien en terme d'humanité que de professionnalisme», selon l'OSCE.

(nxp/afp)