Manifestations

13 novembre 2019 01:06; Act: 13.11.2019 01:06 Print

Liban: un mort par balle sur une route bloquée

Un responsable politique local libanais a été tué par une balle de l'armée dans le secteur de Khaldé, où des manifestants bloquaient une route.

Une faute?

Un homme a été tué par balle dans la nuit de mardi à mercredi au sud de Beyrouth, a rapporté l'Agence d'information nationale, après que l'armée a annoncé avoir ouvert le feu pour disperser des manifestants.

Le Parti socialiste progressiste, dirigé par le chef druze Walid Jumblatt, a rapporté dans un communiqué la mort par balles d'un de ses responsables locaux dans le secteur de Khaldé, où des manifestants bloquaient une route dans le cadre de la contestation inédite qui secoue le pays depuis le 17 octobre.

La victime a «succombé à ses blessures» à l'hôpital, d'après l'Agence d'information nationale (ANI). Il s'agit du deuxième mort en marge de la contestation qui secoue le Liban depuis le 17 octobre.

Un militaire interpellé

L'armée avait dans un premier temps rapporté un incident à Khaldé, au passage d'un véhicule militaire sur une route coupée par des manifestants. Un soldat «a ouvert le feu pour disperser» les contestataires, «blessant une personne», selon le site Internet de l'armée. L'armée a ouvert une enquête et le militaire ayant ouvert le feu a été interpellé, d'après la même source.

Des manifestants à travers le pays ont bloqué plusieurs routes et artères avec des bennes à ordures et des pneus brûlés, après un entretien télévisé du président Michel Aoun et des déclarations qui ont attisé le mécontentement des contestataires.

Opposant de longue date au président Aoun, Walid Jumblatt a toutefois lancé un appel au calme à ses partisans. «Malgré ce qui s'est passé cette nuit, nous n'avons pas d'autre refuge si ce n'est l'État (...) si nous perdons espoir en l'État nous entrons dans le chaos», a-t-il dit, alors qu'il s'est rendu à l'hôpital où se trouvait la victime.

Contestation inédite

Le Liban vit depuis le 17 octobre au rythme d'un mouvement de contestation inédit réclamant le départ de l'ensemble de la classe politique, quasi-inchangée depuis des décennies et jugée corrompue et incapable de mettre fin au marasme économique.

Au début de la contestation un jeune manifestant avait été tué sur la route de l'aéroport, dans la banlieue sud de Beyrouth. Au moment où les contestataires bloquaient les routes, il s'était violemment disputé avec un homme en moto qui proposait de transporter les voyageurs en échange d'une contrepartie financière.

(nxp/afp)