Argentine

19 décembre 2008 07:19; Act: 19.12.2008 07:25 Print

Libération d'Alfredo Astiz et d'autres suspects de la «Sale guerre»

La justice argentine a ordonné la libération sous caution de six anciens officiers de marine accusées de violation des droits de l'Homme lors de la «Sale guerre», dont Alfredo Astiz et Jorge Acosta.

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Dans son arrêt que l'Associated Press a pu consulter jeudi, trois juges de la haute cour estiment que la procédure a duré trop longtemps et ordonnent la libération des suspects sous caution dans l'attente de leur procès.

L'ancien officiel Alfredo Astiz, surnommé «l'ange de la mort» est mis en cause dans la disparition de dizaines de personnes entre 1976 et 1983, pendant la répression menée par la dictature contre les dissidents, dont les religieuses françaises Alice Domon et Léonie Duquet et la fondatrice du mouvement des Mères de la Place de Mai Azucena Villaflor. Il a été condamné par contumace en France en 1990 à la réclusion à perpétuité pour l'enlèvement de Léonie Duquet et Alice Domon mais l'Argentine a refusé son extradition à plusieurs reprises.

Jorge Acosta fait partie de cinq anciens membres de l'armée argentine condamnés en Italie pour les meurtres de trois Italiens pendant la dictature.

Ce jugement est «une honte pour l'Argentine, pour l'humanité et pour notre système judiciaire» a estimé la présidente argentine Christina Fernandez, qui a fait des droits de l'Homme un pilier de sa présidence. Elle s'exprimait à l'Ecole de mécanique de la Marine, un centre de détention célèbre pour les tortures qui y ont été pratiquées sur quelques 5000 ennemis politiques de la dictature, et où des centaines d'opposants seraient morts.

«Leurs crimes restent toujours aussi horribles, qu'ils soient à la terrasse d'un café de Buenos-Aires ou en prison, puisqu'il sont accusés des pires crimes commis pendant la période la plus noire de l'histoire récente de l'Argentine» a estimé Tamara Taraciuk, experte sur l'Argentine de l'organisation Human Rights Watch.

«La décision est extrêmement grave, pour Gaston Chillier, directeur à Buenos-Aires du centre pour les études légales et sociales. Elle reflète l'incapacité et l'inefficacité du système judiciaire argentin à juger des crimes contre l'humanité dans un délai raisonnable».

(ap)