France

07 janvier 2016 11:32; Act: 07.01.2016 16:52 Print

Liberté conditionnelle pour Patrick Henry

Condamné pour le meurtre d'un enfant, Patrick Henry a échappé de peu à la peine de mort.

Une faute?

Condamné en 1977 à la réclusion à perpétuité pour le meurtre d'un enfant de sept ans, Patrick Henry a obtenu jeudi une libération conditionnelle, mais le Parquet de Melun réfléchit à un éventuel appel «dans les prochaines heures». Le Tribunal d'application des peines a accordé au détenu de 62 ans, dont près de 40 passées en prison, d'entamer dès janvier, avec une première permission de sortie, le parcours de probation qui doit le mener à la liberté conditionnelle en août 2017.

Béatrice Angelelli, procureure de la République de Melun, en banlieue parisienne, a indiqué à l'AFP qu'elle entendait prendre une décision sur un éventuel appel «dans les prochaines heures». Le Parquet a 24 heures pour faire appel.

Semi-liberté

Sauf opposition du Parquet, Patrick Henry, actuellement incarcéré au centre de détention de Melun, devra effectuer correctement plusieurs permissions de sortie de janvier à mars 2016.

Puis, il lui faudra observer un régime de semi-liberté dans un centre situé à Lille du 4 avril au 4 octobre, avant de respecter pendant huit mois les obligations du port d'un bracelet électronique.

Cette décision de mise en liberté conditionnelle fait suite à une audience du 8 décembre devant le Tribunal d'application des peines. Le Parquet s'était prononcé contre cette demande de libération, formulée après le rejet d'un recours en grâce présidentielle en juillet 2014.

«Il a payé sa dette auprès de la société. A 62 ans, il a hâte de finir sa vie en homme libre, après avoir passé toute sa vie derrière les barreaux», avait déclaré mercredi à l'AFP son avocate lilloise, Me Carine Delaby-Faure.

Abolition de la peine de mort

Patrick Henry, condamné à la réclusion à perpétuité en 1977 pour le meurtre de Philippe Bertrand, un enfant de sept ans, était devenu un symbole de la lutte pour l'abolition de la peine de mort. Il y avait échappé de justesse, grâce notamment à la plaidoirie de son avocat Robert Badinter.

Considéré comme un détenu modèle, il avait obtenu sa mise en liberté conditionnelle après 25 ans de prison et était sorti en mai 2001 sous les feux des médias.

Devenu informaticien, il avait en 2002 publié un livre, «Avez-vous à le regretter?» dont la presse s'était fait l'écho et qui lui avait permis de gagner environ 100'000 euros.

Devenu un symbole de la réinsertion, il avait cassé cette image par un vol à l'étalage en juin 2002. Et son arrestation en Espagne en octobre de la même année, en possession de près de 10 kg de cannabis, l'avait ramené en prison.

Retour en prison

Il avait été extradé en France en avril 2003, et sa liberté conditionnelle avait ensuite été révoquée. Il était condamné la même année par le Tribunal correctionnel de Caen à quatre ans d'emprisonnement et 20'000 euros d'amende, décision confirmée par la Cour d'appel de cette ville.

Depuis 2002, cinq demandes de libération conditionnelle de Patrick Henry avaient été acceptées dans un premier temps puis rejetées après appel du Parquet, selon Me Carine Delaby-Faure.

(nxp)