Kosovo

12 avril 2019 15:19; Act: 12.04.2019 15:20 Print

Loi contre la négation des crimes de guerre serbes

Le gouvernement du Kosovo a annoncé vendredi préparer une loi réprimant la négation des crimes de guerre commis par les forces serbes en 1998-99.

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Le président de la Serbie, Aleksandar Vucic.

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Des hauts responsables serbes ont récemment fait des déclarations choquantes sur les crimes de guerre qui se sont déroulés en 1998 et 1999.

Le président de la Serbie, Aleksandar Vucic, a notamment qualifié de «fabrication» les conclusions de la justice internationale selon lesquelles 45 Kosovars albanais massacrés à Racak en janvier 1999 étaient des civils. Belgrade affirme qu'il s'agissait de guérilleros de l'Armée de libération du Kosovo (UCK) tués au combat.

Cette tuerie avait entraîné la décision des Occidentaux d'imposer des négociations à Rambouillet, puis de déclencher des bombardements de l'OTAN sur la Serbie.

«La négation par le président Vucic du massacre de Racak illustre la dangereuse réalité du nationalisme serbe», a réagi sur Twitter le Premier ministre du Kosovo Ramush Haradinaj, selon qui «il ne peut y avoir de réconciliation sans acceptation de la vérité du passé».

«Consterné par les déclarations choquantes de responsables à Belgrade», le président du Kosovo Hashim Thaçi a jugé qu'elles «auguraient mal d'une réconciliation».

Loi en préparation

Le dialogue de normalisation des relations entre Serbie et Kosovo est au point mort depuis des mois. Soutenue par la Russie et la Chine, Belgrade ne reconnaît pas l'indépendance de son ancienne province méridionale, très majoritairement peuplée d'Albanais.

Représentant de la minorité serbe au sein du gouvernement du Kosovo, Ivan Teodosijevic a été limogé de son poste de ministre de l'Administration locale pour avoir également parlé, à propos de Racak, de «fabrication» et d'«invention des terroristes albanais».

Annonçant vendredi la préparation d'une loi, le vice-Premier ministre du Kosovo, Enver Hoxhaj a dit l'intention des autorités de «sanctionner de telles déclarations de responsables serbes au Kosovo».

Fin mars, une autre membre serbe du gouvernement du Kosovo, Vesna Mikic avait été également démise de ses fonctions après avoir qualifié les frappes de l'OTAN de «génocide contre le peuple serbe». Au terme de onze semaines de bombardements, cette campagne militaire avait contraint l'homme fort de Belgrade, Slobodan Milosevic, à retirer ses troupes du Kosovo, placé sous protection internationale.

Ce retrait avait mis un terme au dernier des conflits ayant conduit à l'explosion de l'ex-Yougoslavie. Il a fait plus de 13'000 morts, dont environ 11'000 Kosovars albanais et 2000 Serbes. Près d'un million de réfugiés avaient afflué en Albanie et en Macédoine.

(nxp/ats)