Amazonie

26 août 2019 10:59; Act: 26.08.2019 23:22 Print

Londres promet 12 millions de francs pour l'Amazonie

Les grandes puissances vont envoyer des avions bombardiers d'eau Canadair à hauteur de 20 millions de dollars. Londres a promis de son côté 10 millions de livres.

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Les feux de forêt en Amazonie ont encore progressé au cours des dernières 24 heures, au deuxième jour des opérations de lutte anti-incendie de l'armée brésilienne tandis. Les pays du G7 ont annoncé lundi le déblocage d'une aide d'urgence.

Dans l'Etat de Rondônia (nord-ouest), frontalier de la Bolivie, la ville de Porto Velho restait couverte de larges nuées de fumée lundi, malgré la mobilisation depuis dimanche par l'armée de deux avions C-130 Hercules.

Outre les appareils des forces aériennes, des dizaines de pompiers y ont été dépêchés pour lutter contre la progression des flammes. Jusqu'à présent, sept Etats, dont celui de Rondônia, ont fait appel à l'armée, dont 43'000 soldats basés en Amazonie. Mais le nombre des soldats réellement déployés sur le terrain et leur mode d'intervention restaient flous.

Plus de 1000 nouveaux départs de feu

Dimanche, 1113 nouveaux départs de feu ont été recensés au Brésil par l'Institut national de recherche spatiale (INPE).

Outre le déploiement de l'armée, le président brésilien Jair Bolsonaro, sous une intense pression internationale depuis plusieurs jours, a ordonné une enquête sur des producteurs ruraux de l'État de Para (nord), accusés d'avoir organisé une «journée du feu» le 10 août en soutien aux efforts du président d'extrême droite pour affaiblir la surveillance de la protection environnementale.

20 millions débloqués

Face à l'aggravation des incendies dans une forêt vitale pour la planète, les sept pays les plus industrialisés, réunis au G7 à Biarritz, dans le sud-ouest de la France, ont promis de débloquer d'urgence 20 millions de dollars pour envoyer des avions bombardiers d'eau supplémentaires.

«Les pays d'Amazonie ont besoin d'urgence de brigades de sapeurs pompiers et d'avions spécialisés bombardiers d'eau», a déclaré le président chilien Sebastian Pinera, invité du G7.

En Bolivie, où d'importants incendies ont ravagé plus d'un million d'hectares depuis mai aux confins du Brésil et du Paraguay, le gouvernement a dû louer un avion bombardier d'eau à une entreprise américaine, pour lutter contre des feux devenus incontrôlables.

Plan d'aide pour la reforestation

Le G7 a également annoncé un plan d'aide pour la reforestation de la plus grande forêt tropicale du monde, sous l'égide de l'ONU. Cette «initiative pour l'Amazonie», «d'au moins 30 millions» de dollars, a précisé Emmanuel Macron sur France 2, requerra l'accord du Brésil et des autres huit Etats amazoniens, en lien avec les ONG et les populations locales.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a lui promis 10 millions de livres pour aider à la reforestation. Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, présent à Biarritz, a toutefois pressé la communauté internationale de «mobiliser bien plus de ressources pour aider les pays de l'Amazonie».

Statut international pour la forêt?

Le président français, qui avait annoncé sa volonté de faire de l'Amazonie une priorité du G7, s'est même interrogé sur l'opportunité de conférer un statut international à la forêt amazonienne, au cas où les dirigeants de la région prennent des décisions nuisibles pour la planète.

Une allusion claire au président brésilien, avec lequel les relations sont de plus en plus conflictuelles, qui a accusé Emmanuel Macron une nouvelle fois de «colonialisme».

Propos déplacés

La veille, Emmanuel Macron avait déploré les propos «extraordinairement irrespectueux» du chef de l'Etat brésilien à l'encontre de son épouse Brigitte, disant espérer «très rapidement» que les Brésiliens «auront un président qui se comporte à la hauteur».

A la veille du G7, Emmanuel Macron avait déjà accusé Jair Bolsonaro de lui avoir «menti» sur ses engagements en matière d'écologie et annoncé que la France s'opposait désormais à l'accord controversé de libre-échange entre l'UE et le Mercosur, un groupe de pays sud-américains, dont le Brésil.

Au total, près de 80'000 feux de forêt ont été répertoriés depuis le début de l'année - un plus haut depuis 2013 - dont plus de la moitié en Amazonie. L'Amazonie, dont 60% de la surface se trouve au Brésil, s'étend aussi en Bolivie, Colombie, Equateur, Guyane française, Guyana, Pérou, Suriname et Venezuela.

(nxp/afp)