Européennes

21 mai 2019 00:15; Act: 21.05.2019 09:50 Print

Macron «acteur» pour que l'UE ne «se disloque» pas

Le président français a donné un entretien aux quotidiens régionaux et assume son rôle actif dans la campagne des européennes.

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Emmanuel Macron a défendu lundi son rôle d'«acteur» et non de «spectateur» dans la campagne des européennes, afin de ne pas «laisser se disloquer l'Europe», menacée par les nationalistes, ses «premiers ennemis», dans un entretien aux quotidiens régionaux.

«Toutes les autres listes en font un référendum contre le président de la République et le gouvernement. Il ne s'agirait pas que je sois le seul à ne pas pouvoir prendre la parole», a-t-il plaidé, alors que la liste Renaissance est au coude-à-coude voire derrière le Rassemblement national dans les derniers sondages.

«Je ne peux donc pas être un spectateur, mais un acteur de cette élection européenne qui est la plus importante depuis 1979 parce que l'Union est face à un risque existentiel. Si, en tant que chef de l'Etat, je laisse se disloquer l'Europe (...) j'aurai une responsabilité devant l'histoire. Le président français n'est pas un chef de parti mais il est normal qu'il s'implique dans des choix fondamentaux», a-t-il ajouté.

Avant de s'en prendre à nouveau aux nationalistes. «Est ennemi de l'Europe celui qui ne croit pas en son avenir. Les nationalistes qui veulent la diviser sont ses premiers ennemis», a-t-il lancé. Il a aussi dénoncé «une connivence entre les nationalistes et des intérêts étrangers, dont l'objectif est le démantèlement de l'Europe», évoquant l'influence de Steve Bannon, ex-conseiller de Donald Trump, et les financements russes de «partis extrêmes».

«Des lobbyistes comme M. Bannon, proches du pouvoir américain» disent souhaiter ce démantèlement, a déclaré le président français, après les attaques du Premier ministre Edouard Philippe qui a fustigé l'appui de Steve Bannon à Marine Le Pen. Emmanuel Macron a estimé que «les Russes et quelques autres n'ont jamais été à ce point intrusifs pour financer, aider les partis extrêmes». «On ne peut être que troublé. Il ne faut pas être naïf», a-t-il dit.

Taxation du kérosène

«Mais je ne confonds pas les Etats et certains individus, même si les groupes d'influence américains ou les oligarques russes affichent des proximités avec les gouvernements», a-t-il nuancé. Quant au Rassemblement national, «ils ont voté contre tout ce qui est dans l'intérêt de la France. Leur projet affaiblit la France et divise l'Europe», a-t-il martelé.

Il a refusé de se placer dans l'hypothèse d'une victoire du RN, indiquant : «Je n'ai pas l'esprit de défaite, j'ai l'esprit de conquête. La France sera d'autant plus forte que nous ferons un bon score».

Sur le fond, il a souhaité après les élections la tenue d'une «Convention fondatrice européenne» où «les chefs d'Etats et de gouvernement, avec le nouvel exécutif et les responsables du Parlement, avec les citoyens, prennent le temps de définir la stratégie de l'Europe pour les cinq années à venir, y compris les changements de traités». Il a insisté sur les questions d'environnement, expliquant avoir «beaucoup progressé sur ce sujet ces derniers mois en écoutant» la jeunesse européenne.

«L'histoire nous jugera sur ce sujet. Je voudrais que l'on avance sur la taxation commune du kérosène en Europe et que l'on ait une vraie négociation internationale», a-t-il dit, reprenant une piste de la liste Renaissance. Il a aussi rappelé vouloir taxer en Europe les entreprises les plus polluantes et de mettre en place une taxe carbone aux frontières.

Relation «rééquilibrée» avec Berlin

Interrogé sur la relation franco-allemande, il a assuré qu'elle s'est «rééquilibrée» et que la France «fait entendre sa voix». «Avec Angela Merkel, nous nous respectons et nous travaillons très bien ensemble».

Et sur la politique française, il a coupé court aux spéculations en déclarant n'avoir «absolument pas» l'intention de remplacer son Premier ministre quel que soit le résultat des élections. "J'ai toute confiance en Edouard Philippe qui s'engage sans compter auprès des proeuropéens, a-t-il conclu.

Le chef de l'Etat était interrogé par neuf journalistes des grands groupes de la presse régionale, comprenant une cinquantaine de quotidiens. Seul absent, «La Voix du Nord» qui refusé l'invitation car l'Elysée a souhaité relire l'entretien avant publication. La présidence n'a rien changé sur le fond des propos tenus, ont indiqué par la suite les neuf journalistes présents.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • constat le 21.05.2019 07:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    les banques françaises refusent

    Il dénonce le financement de Marine Le Pen par les Russes, mais aucune banque française n'a eu le droit de la financer. C'est pas très démocratique tout ça, comme le reste

  • luc le 21.05.2019 07:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    mouais

    encore un président qui es plus occupée s'occuper de l'extérieur que l'intérieur??? si j'étais un pays de l'Europe et que ce triste sire viens en face de moi je montrerai les photos des gilets jaunes

  • Magico le 21.05.2019 07:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Sans blague

    L'Europe est face à la crise existentielle qu'elle a elle même crée par sa politique. "Nous nous inquiétons de la montée des populismes" sans blague ? Quand Viviane reding dit publiquement que "les états doivent comprendre qu'il n'y a plus de politiques intérieures" tu m étonnes que des réactions surgissent.

Les derniers commentaires

  • jlc le 21.05.2019 13:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    la grande gueule...

    C'est l'influence des oligarques français qui t'as mis au pouvoir, tu serais rien rien sans eux !

  • Amedée Biscoteau le 21.05.2019 11:38 Report dénoncer ce commentaire

    Morale?

    Le véritable problème est le financement des partis, dénoncer quand il sagit de lextrême droite c est une chose mais quand il sagit des partis « traditionnels » qui, à Bruxelles, comme la démontré un article récent dans le monde, touchent des sous mignons des différents lobbys, on est tout de suite plus conciliant. Le retournement de veste des allemands sur le glyphosate de Bayer Montsanto sera sûrement pas récompensé par une simple carte de voeux de Noël a la CSU/CDU

  • mon Avis Compte le 21.05.2019 09:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    uE la m..

    La UE ne rapporte que des problèmes la politique austerity de junker a fait réduire le développement et augmenter ke chômage .. en bon alcoolo voit de travers et si la france s'en occupe préparons les réjouissances d'éclatement

  • Edwin Barton le 21.05.2019 09:35 Report dénoncer ce commentaire

    Obéissance

    Emmanuel Macron est un homme supérieur au commun des mortels et ceci pour trois raisons : 1. Il a fait des études ! 2. Il est riche ! 3. Il a été élu président de la République. Conclusion : nous devons plier le genou et nous soumettre à ses volontés ! Il est notre chef à tous, en Europe ! Nous ne sommes pas dignes de lui ! Soumettons-nous sans coup férir ! Obéissons-lui ! Vive la France ! Vivent les riches ! Vivent les hommes politiques !

    • Jo Rigole le 21.05.2019 12:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Edwin Barton

      J'adore votre deuxième degré!

  • Candide le 21.05.2019 09:32 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    UE

    Et s'il s'occupait un peu de son pays, ça serait tout aussi bien, non?