France

22 novembre 2019 12:55; Act: 23.11.2019 07:16 Print

Macron «nous prend à nouveau pour des cons»

François Ruffin, député LFI, s'en est pris au président français à la suite de la liquidation de Whirlpool. Emmanuel Macron est actuellement à Amiens.

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Emmanuel Macron «nous prend pour des cons une deuxième fois» en exprimant sa déception quant à l'ancien site de Whirlpool, a dénoncé vendredi le député LFI de la Somme François Ruffin qui a exhorté le président à reconnaître que l'État avait «merdé», le projet de reprise s'étant soldé par un échec.

En 2017, cinq mois après son élection, le président Macron visitait l'usine avec un repreneur, WN, largement aidé par l'État, qui devait sauver une partie des emplois. Deux ans plus tard, WN est liquidée.

«Venir il y a deux ans dire à tous les salariés qu'ils seront repris alors que derrière il n'y a rien, c'est nous prendre pour des cons. Et venir dire qu'aujourd'hui Emmanuel Macron, comme s'il était un citoyen lambda [...], est déçu, c'est nous prendre pour des cons une deuxième fois», a déclaré M. Ruffin aux journalistes en arrivant sur le parking de l'usine, peu avant la rencontre du président avec les ex-salariés.

«Moi j'ai dit la vérité à Whirlpool», a martelé le chef de l'État, quelques minutes avant de revenir sur les lieux de son déplacement de campagne le plus emblématique.

Lors de la visite sur le site, le député de la Somme a de nouveau vivement interpellé M. Macron: «Je pense que vous grandiriez l'État à admettre que vous avez merdé, à la limite pas vous personnellement, mais pendant qu'ici rien ne se produisait, que c'était la catastrophe, que tout le monde pouvait voir que ça allait dans le mur, il y avait des signaux envoyés à l'extérieur et on n'a pas eu de réponse.»

«Des tours Eiffel avec des spaghettis»

«Cette fameuse reprise, j'ai l'impression que cela a été un montage entre le gouvernement actuel, entre vous, M. Macron, et Whirlpool et un repreneur véreux qui s'appelle Decayeux (ndlr: ex-patron de WN)», a encore lancé M. Ruffin.

«Il faut qu'il trouve les mots pour expliquer aux salariés comment cela se fait qu'il est venu leur taper sur l'épaule et qu'il n'y a eu aucun suivi derrière, et qu'on les a laissés foncer droit dans le mur», avait déclaré avant cette visite M. Ruffin.

«Il y a beaucoup de choses qui nécessitent des explications et j'espère qu'elles ne se dérouleront pas derrière des portes closes», avait-il ajouté. «J'espère que tout le monde sera également convié à une jolie promenade à l'intérieur d'entrepôts qui sont vides! C'est un désert à l'intérieur!» «Les 190 salariés faisaient des tours Eiffel avec des spaghettis pour s'occuper [...]. Les syndicats ont alerté, j'ai alerté, et nous n'avons eu aucune réponse de l'Élysée, du Ministère du travail», a-t-il encore regretté.

«Notre pays est trop négatif»

Jeudi, certains ex-salariés de l'usine ont défilé avec des «gilets jaunes», lycéens, militants CGT et Sud-Solidaires dans le centre-ville d'Amiens. Une petite centaine de manifestants ont tenté de rallier la Citadelle où le chef de l'État a inauguré le site de l'université mais ont été bloqués par les forces de l'ordre.

Pour sa première journée de visite à Amiens, Emmanuel Macron avait tenu jeudi à vanter les mérites de la France, regrettant un «pays trop négatif». «On a l'impression si on s'écoute collectivement, si on branche la radio ou qu'on allume la télé, que tout est terrible [...]. En ce moment notre pays est, je trouve, trop négatif sur lui-même», a déclaré le chef de l'État en répondant à des étudiants lors de l'inauguration du nouveau site universitaire.

Vendredi, le chef de l'État se rendra ensuite dans les quartiers populaires du nord de la ville pour inaugurer une maison France Services, qui regroupe plusieurs services publics comme la Poste, Pôle Emploi ou l'assurance maladie.

Et pour entamer sa journée, il s'est penché sur l'amélioration des dessertes ferroviaires dans la Somme, en s'entretenant avec le nouveau PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou. Il devrait aussi annoncer la finalisation du financement, évalué à cinq milliards d'euros, du canal Seine-Nord, conçu pour faciliter le transport de marchandises entre les pays du Benelux et la région parisienne. Ouverture prévue dans une dizaine d'années.

(nxp/afp)