Europe

07 mai 2017 21:21; Act: 07.05.2017 22:57 Print

Macron, une bonne nouvelle pour la Suisse

L'élection du candidat centriste à la tête de l'Hexagone est une bonne nouvelle, selon les politiciens de notre côté du Jura.

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(Photo: Keystone)

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La présidente de la Confédération Doris Leuthard a félicité dimanche Emmanuel Macron pour son élection à la présidence de la République. Elle s'est dit convaincue que les deux pays «continueront d'entretenir, de poursuivre et d'approfondir une coopération stable et positive».

Mme Leuthard s'est adressée à M. Macron au nom du Conseil fédéral, via un message Twitter. «La Suisse et la France sont liées par une langue commune et par des valeurs partagées de liberté et de démocratie», écrit-elle. «Je suis convaincue que nous continuerons d'entretenir sur cette base des relations de bon voisinage», ajoute-t-elle.

«Excellente nouvelle pour la Suisse»

L'élection d'Emmanuel Macron est une «excellente nouvelle pour la France, l'Europe et la Suisse», estime le conseiller national Fathi Derder (PLR/VD), qui plus est avec un «excellent résultat». Son prochain défi sera de pouvoir exécuter son programme.

«Il devra pouvoir gouverner la France et mettre en place son très bon programme, qui n'est pas très révolutionnaire, mais qui va dans la continuité en libéralisant le marché du travail», a affirmé dimanche soir Fathi Derder, contacté par l'ats. M. Macron, «un vrai libéral social» qui connaît l'économie, «permettra à la France d'avancer», a-t-il ajouté.

La question est désormais de savoir comment. «Soit M. Macron arrive à obtenir une majorité à l'Assemblée nationale et c'est bien pour lui, soit il faudra travailler comme en Suisse en négociant objet par objet. Ce ne serait pas une catastrophe du tout, cela permettrait de retrouver un sens du dialogue», estime le président de la Délégation des Chambres fédérales pour les relations avec le parlement français.

Si Emmanuel Macron a été largement élu, le taux d'abstention était néanmoins élevé. La faute, selon M. Derder, à une «élite de centre-gauche» qui a mis au même niveau la finance et le fascisme. «Ils ont pris un risque majeur de donner une victoire à Marine Le Pen. Ils ont juste obtenu un taux d'abstention élevé», observe-t-il.

Un malaise à soigner

A gauche, le conseiller aux Etats Didier Berberat (PS/NE) se montre «soulagé du fait que les Français ont su choisir entre quelqu'un qui aurait mené la France vers une aventure très dangereuse, et M. Macron». La portée du résultat est «assez réconfortante», même si «nous n'avons pas retrouvé le même front républicain qu'en 2002», lors de l'élection de Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen.

Les nombreuses abstentions et les votes blancs montrent «un malaise», selon M. Berberat. Un sentiment dont a, selon lui, pris conscience Emmanuel Macron, même s'il en a moins parlé que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Le président nouvellement élu a désormais intérêt à mettre rapidement sur pied des mesures qui doivent permettre au pays de «sortir de l'archaïsme», juge M. Berberat.

Il y aura «le verdict des faits, nous verrons si ses promesses peuvent se réaliser. Mais avec une bonne conjoncture économique, c'est possible de mieux s'en sortir», projette Didier Berberat. «Nous verrons aux législatives si M. Macron arrive à construire une majorité, avec En Marche! et les autres partis», s'interroge-t-il cependant.

Un gouvernement à former

«Il sera difficile pour M. Macron d'avoir un large centre qui dépasse les 50% en termes de députés à l'Assemblée nationale», embraye le conseiller national Dominique de Buman (PDC/FR), se demandant si le nouveau président français «a réussi à créer un élan durable», alors que de nombreuses personnes «en ont marre du clivage gauche-droite» et qu'une génération ressent le besoin «de reconstruire». L'avenir du mouvement En Marche! reste aussi à éclaircir.

La formation du gouvernement constitue un autre point important. «Il faut que M. Macron approfondisse très clairement son programme pour que nous puissions voir les gens qui vont se mouiller pour aller dans son gouvernement», selon le parlementaire fribourgeois.

«Toute une frange de l'aile réformatrice du parti socialiste va se rallier, mais je ne sais pas comment une certaine droite classique va vouloir cohabiter dans un gouvernement», s'interroge-t-il. Sans oublier la réaction des partis face à ceux qui rejoindraient le gouvernement Macron. Les ambitions personnelles de certains pourraient également jouer.

Auto-destruction de la Ve République

Pessimiste, le conseiller national Yves Nidegger (UDC/GE) pense qu'il sera très difficile pour M. Macron de réussir à réformer la France sur le plan économique et social. «Les législatives vont marcher sur les vieux réflexes qui vont opposer la gauche et la droite», pronostique-t-il.

Selon l'avocat genevois, «on va laisser un tiers du pays orphelin, ce qui va continuer à pourrir le pays politiquement». «Je pense que nous sommes vers l'auto-destruction de la Ve République», conclut-il.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Bobs le 07.05.2017 22:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Je peux rêver

    Il va reprendre les frontaliers chez lui?

  • Tanguy Creusets le 07.05.2017 22:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Macron bonne nouvelle pour la Suisse ?

    Surement pas une bonne nouvelle pour la Suisse... Il va relancer l'union européenne et on aura encore une restriction de la democratie Suisse par des nons mises en euvres d'initiatives et de référendum.....

  • Trump le 07.05.2017 22:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    c'est une catastrophe pour la suisse oui

    on va subir encore plus fort les dictâts de L'UE si la Suisse ne résiste pas assez fort notre beau pays sera foutu et notre belle démocratie anéanti

Les derniers commentaires

  • Pipo le 08.05.2017 13:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et viva

    Bien sûr deux pays liés par leur histoire et bla bla.Mais stp Macron trouve du travail aux frontaliers, ils ont pris tout le Job. On a du chômage nous aussi

  • Ariane Garner le 08.05.2017 11:52 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    pas de panique

    Macron ne pourra gouverner vraiment qu'après les législatives et il semblerait que bien des républicains, de même que les melanchonistes, sans parler de la "plus grande force d'opposition", comme il se considèrent eux même, le FN, qui sous peu devrait s'appeller différemment grâce à ses nouvelles alliances, feront de sorte à ce qu'il n'ait pas la majorité. En France, le "troisième tour" : les législatives, est d'une importance capitale.

  • employeVilleGE le 08.05.2017 11:46 Report dénoncer ce commentaire

    Réagissez

    Naturellement que tous les frontals ne sont pas mauvais, mais la plupart sont très doués pour semer la discorde dans un bureau, dès qu'ils se font embaucher à Genève. Ca forme des clans - les non frontaliers se font vite écarter. Bonjour le colportage, les intrigues, l'agressivité avec les suisses et bonjour le lèche-bottage avec les chefs. La productivité de travail baisse et les genevois n'ont plus aucun plaisir d'aller au bureau pour côtoyer ce genre d'ambiance. L'Etat aurait intérêt à mettre en place des garde fous, faute de quoi à terme, l'absentéisme va continuer d'augmenter!

    • @denid le 08.05.2017 13:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @employeVilleGE

      exact

  • Blerim Bachkum le 08.05.2017 10:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bonne ?

    Bonne nouvelle ? Ah bon, on n'a pas la même notion de bonne...

  • electeurSuisse le 08.05.2017 09:55 Report dénoncer ce commentaire

    rien de bien pour la suisse

    Le réveil pour les Suisses sera avec une gueule de bois, car Macron va tout faire pour essayer de nous forcer de faiblir nos lois contre l'anarchie de la libre circulation. Quand vos enfants seront au chômage à cause de l'augmentation des frontaliers français, votre enthousiasme sur Macron reprendre le sens des réalités. Et on ne parle même pas ce des probables attaques contre nos banques, notre fiscalité avantageuse et tout ce qui fait prospérer la Suisse.