Venezuela

26 mars 2020 16:28; Act: 27.03.2020 06:28 Print

Récompense de 15 millions pour attraper Maduro

La justice américaine offre une récompense allant jusqu'à 15 millions de dollars pour toute information permettant d'arrêter le président vénézuélien.

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Nicolas Maduro est accusé par Washington d'avoir coopéré avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie pour acheminer de la cocaïne aux Etats-Unis. (Photo: Keystone)

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Les États-Unis ont annoncé jeudi l'inculpation du président vénézuélien Nicolas Maduro, et de plusieurs de ses proches, pour «narco-terrorisme», augmentant encore la pression sur le dirigeant socialiste dont ils souhaitent l'éviction.

«Le gouvernement de Donald Trump, dans une action outrageusement extrême, vulgaire et misérable, a lancé une série de fausses accusations fallacieuses. Je le dis comme ça: tu es misérable, Donald Trump! Il ne se comporte pas seulement comme un cow-boy, raciste et suprémaciste, il gère les relations internationales comme un extorsionniste», a réagi le dirigeant vénézuélien à la télévision nationale.

Washington offre une prime pouvant atteindre 15 millions de dollars pour toute information qui permettrait de l'arrêter. «Nous voulons qu'il soit capturé afin qu'il réponde de ses actes devant un tribunal américain», a déclaré le ministre de la Justice Bill Barr lors d'une conférence de presse organisée en vidéoconférence en raison du nouveau coronavirus.

«Clique corrompue»

Interrogé sur l'opportunité d'une telle annonce en pleine crise sanitaire, le ministre a jugé que c'était «le meilleur moyen de soutenir le peuple vénézuélien» qui, comme un tiers de l'humanité, est appelé à rester confiné chez lui après la confirmation d'une centaine de cas de Covid-19. «En ce moment, nous devons faire tout ce que nous pouvons pour débarrasser le pays de cette clique corrompue», a asséné Bill Barr.

Il a toutefois refusé de préciser si les États-Unis envisageaient une intervention au Venezuela pour l'interpeller ou d'émettre une demande d'extradition contre le président et ses co-accusés. «Il y a plusieurs options, mais mon espoir est que le peuple vénézuélien soit bientôt dans une position qui lui permettra de nous les remettre», a-t-il dit.

Ces inculpations sont «une nouvelle forme de coup d'État sur la base d'accusations misérables, vulgaires et infondées» de la part de l'administration de Donald Trump, ennemi juré du pouvoir chaviste, s'est ensuite insurgé Jorge Arreaza, ministre des Affaires étrangères de Nicolas Maduro.

Farc et cocaïne

Outre le président socialiste, le numéro deux du parti présidentiel (PSUV), Diosdado Cabello, et plusieurs haut gradés sont soupçonnés par Washington d'avoir formé vers 1999 «le cartel de los Soles» (le cartel des soleils) en référence aux insignes placés sur les uniformes d'officiers au Venezuela. Ils sont accusés de s'être associé «à une organisation terroriste extrêmement violente, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), dans un effort pour inonder les Etats-Unis de cocaïne», a précisé Bill Barr.

La guérilla a signé un accord de paix en 2016, mais «des dissidents continuent le trafic de drogue et la lutte armée», a souligné le ministre. Selon lui, «ils ont obtenu le soutien du régime de Maduro qui les autorise à utiliser le Venezuela comme base-arrière». Deux dirigeants des Farc sont visés par l'acte d'accusation adopté par un tribunal new-yorkais. Les accusés sont passibles de la détention à perpétuité.

«Maduro a délibérément utilisé la cocaïne comme une arme» pour dévaster des populations aux Etats-Unis, a assuré le procureur fédéral Geoffrey Berman en charge du dossier. Selon l'acte d'inculpation, il s'est enrichi au passage, acceptant notamment en 2006 cinq millions de dollars des FARC après les avoir aidés à blanchir de l'argent.

Le précédent Noriega

Des poursuites ont également été engagées à Miami contre le chef de la Cour suprême du Venezuela, Maikel Moreno Perez, inculpé de «blanchiment d'argent», et à Washington contre le ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez pour trafic de drogue.

Les États-Unis ne reconnaissent pas Nicolas Maduro comme président du Venezuela, tout comme ils ne reconnaissaient pas Manuel Noriega comme président du Panama lorsqu'ils l'ont inculpé en 1989 pour trafic de drogue, a souligné Bill Barr. À la tête du Venezuela depuis 2013, Nicolas Maduro a été réélu pour un second mandat en 2018 à l'issue d'un scrutin boycotté par l'opposition qui en a rejeté les résultats, comme une grande partie de la communauté internationale.

Les États-Unis, ainsi qu'une soixantaine de pays, soutiennent le chef de l'opposition vénézuélienne Juan Guaido, qu'ils ont reconnu président par intérim. Julio Borges, nommé «commissaire aux relations extérieures» par Juan Guaido, a d'ailleurs salué les inculpations annoncées jeudi. «L'équation est simple: Maduro égal narcotrafic, Maduro égal crime organisé», a-t-il déclaré.

Washington tente d'asphyxier le gouvernement de Nicolas Maduro avec une série de sanctions économiques. L'objectif affiché de Donald Trump est de contribuer à l'éviction du successeur d'Hugo Chavez, grand pourfendeur de «l'impérialisme nord-américain». Mais ce dernier conserve le soutien de la Chine, de la Russie et de Cuba, et les soutiens à Juan Guaido commencent à s'essouffler dans le pays.

(nxp/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • Fopameprendre Pourunepomme le 26.03.2020 18:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    On sait que les États-unis

    vont porter "la démocratie" chez "les terroristes", enfin, là où se trouve le pétrole... l'histoire se répète depuis un moment déjà. On n'est pas dupe.

  • TAGADA le 26.03.2020 18:47 Report dénoncer ce commentaire

    Criminels !

    La planète entière connais le nom de criminels qui ordonnent des exécutions sans jugement par drone et qui s'en ventent. Pas étonnant que ces criminels ne ratifient pas le statut de Rome que leur pays a pourtant signé et menacent les juges de la cour pénale internationale quand il leur vient l'idée saugrenue d'examiner leurs agissements. Il est drôle de constater que ces gens traitent Maduro de criminels, s'est l'hôpital qui se fous de la charité.

  • John Wayne le 26.03.2020 18:26 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Wanted dead or alive

    Une nouvelle action comparable à Noriega au Panama en perspective ? Le sherif va encore frapper. Quoique cet énergumène de Maduro qui écrase son peuple d'une main de fer mériterait bien d'être rudement taclé.

Les derniers commentaires

  • Eric staff le 04.04.2020 10:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    el chofer

    C est clair que les US sont pas des net du tout...mais Maduro, ce chauffeur de bus, doit largement disparaître avec toute sa clique rouge et laissez respirer enfin ce magnifique pays. dale !!

  • propagande le 27.03.2020 14:11 Report dénoncer ce commentaire

    Et les autres ?

    Et combien pour les ex-terroristes qui ont semé mort et terreur dans le monde ? comme Bush, Clinton, Obama et Cie...tous dans le même sac.

  • Gloupy le 27.03.2020 13:28 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    aia madre mia

    lol....aribaaaaa

  • Wolf le 27.03.2020 13:15 Report dénoncer ce commentaire

    Blame USA !

    Occupez-vous de vos fesses, les ricains. Il y a assez de dangereux terroristes à arrêter à l'intérieur de vos frontières. Hint: chercher parmi le Gouv-NSA-CIA.

  • pcwgeneva le 27.03.2020 13:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Augmenter la récompense

    Tu as assez de fric Trump! Allons... augmente au moins 50mio ou 100mio, le peuple ira chercher Maduro.