Albanie

13 avril 2019 23:31; Act: 13.04.2019 23:32 Print

Manif' sous tension de l'opposition, des blessés

Les opposants au Premier ministre Edi Rama ont défilé samedi à Tirana. Des heurts avec la police ont fait des blessés.

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Les manifestants à Tirana, samedi 13 avril 2019. (Photo: Keystone)

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Plusieurs policiers ont été blessés samedi soir à Tirana lors d'une manifestation de l'opposition émaillée d'incidents et organisée pour réclamer la démission du premier ministre socialiste Edi Rama, a annoncé le gouvernement albanais.

Quinze manifestants ont par ailleurs été intoxiqués par les gaz lacrymogènes lancés par la police, a annoncé le Parti démocratique (centre droite) qui avait appelé à ce rassemblement avec l'autre grand parti d'opposition, le Mouvement socialiste pour l'intégration (MSI, centre gauche).

Le ministère de l'Intérieur a fait état de cinq policiers blessés, sans plus de détail sur la gravité de leur état. Ils ont été hospitalisés, selon une source policière. La manifestation, qui a débuté en fin d'après-midi, réuni des milliers de personnes dans une ambiance très tendue, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les manifestants sont parvenus à plusieurs reprises à forcer des cordons policiers, ont jeté des pierres ou des fumigènes vers les forces de l'ordre. Ils sont parvenus à s'approcher à proximité immédiate du siège du gouvernement, maculant d'encre sa façade, avant de se diriger vers le Parlement. Une voiture a été incendiée devant le bâtiment.

«Rama va-t'en!», «Gouvernement corrompu!», «Parlement du crime!», ont scandé les manifestants. Edi Rama a condamné les violences estimant que les partis d'opposition s'étaient engagés sur «le chemin de l'autodestruction».

Dans un discours à la foule, le patron du parti démocratique, Lulzim Basha, a réclamé des «élections anticipées», «un gouvernement de transition» ainsi que «le départ du gouvernement Rama». «Je vous appelle à la résistance et à l'insurrection pour renverser Rama!», a-t-il lancé à la foule, usant de l'habituelle rhétorique enflammée prisée de la classe politique albanaise.

L'opposition manifeste depuis deux mois pour exiger la démission d'Edi Rama, au pouvoir depuis 2013. Les parlementaires de l'opposition de centre droit et de centre gauche ont quitté le parlement, accusant le gouvernement d'avoir manipulé les résultats des législatives de juin 2017. Mais une partie des suppléants des députés démissionnaires ont décidé de siéger et jusqu'à présent la majorité parvient à atteindre le quorum et faire voter ses lois.

La vie politique en Albanie est marquée par de nombreuses violences verbales, les partis de gauche et de droite échangeant des insultes et des accusations de corruption ou de liens avec le crime organisé. L'Albanie espère ouvrir cette année les négociations d'adhésion à l'Union européenne.

(nxp/afp)