«Gilets jaunes»

06 décembre 2018 10:22; Act: 06.12.2018 11:22 Print

Manifestants tabassés par des CRS dans un fast-food

Des images violentes montrent des policiers rouant de coups des «Gilets jaunes» qui avaient trouvé refuge dans un Burger King parisien, samedi 1er décembre.

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Une séquence publiée mardi sur le web a suscité un torrent de réactions indignées en France. Les images, très violentes, montrent des «Gilets jaunes» en train d’être roués de coups par des CRS à l'intérieur d'un fast-food de Paris. Cette vidéo a été réalisée samedi 1er décembre, lors de la manifestation dans la capitale française. Selon son auteur, ces «Gilets jaunes» étaient allés se réfugier dans un Burger King lorsque des policiers leur sont tombés dessus.

Pendant près d'une minute, les manifestants ont été frappés à coups de matraque alors qu'ils avaient les bras en l'air. Les CRS auraient quitté les lieux peu après et personne n'a été interpellé, d'après le témoin qui a filmé la scène. Deux photographes de «Libération» se trouvaient sur place, et confirment l'authenticité de cette vidéo.

«Tout le monde suffoque, moi je vomis quasiment»

«Les manifestants ont visiblement forcé l'entrée (...). On rentre dans le Burger King avec une quinzaine de «Gilets jaunes», tout le monde suffoque, moi je vomis quasiment, tellement l'air était chargé en gaz lacrymogène. Le gérant nous passe des bouteilles d'eau pour qu'on puisse se rincer le visage. Le temps de reprendre notre souffle, on voit les CRS entourer le Burger King. On lève notre carte de presse en l'air», raconte Martin Colombet.

Lors de l'évacuation du restaurant, les policiers ont fait sortir un à
un les manifestants. «On voyait les CRS mettre des coups à tous ceux qui sortaient», témoigne le photographe. Son collègue ajoute: «C'était l'étape obligatoire pour sortir: passer par un tunnel de 4 ou 5 CRS qui tapaient, tapaient et tapaient encore.» Contacté par «Le Parisien», le Parquet n'a pas pu dire si une enquête avait été ouverte après la diffusion de ces images.

Venus à Paris «pour casser et pour tuer»

L’Exécutif français s'évertuait jeudi à apaiser la «colère insaisissable et incontrôlable» des «Gilets jaunes», disant redouter une «très grande violence» lors de la nouvelle manifestation annoncée à Paris samedi. L'Élysée craint «une très grande violence» samedi, a déclaré le palais présidentiel mercredi soir. Selon BFM TV, Emmanuel Macron craint aussi «un noyau dur de plusieurs milliers de personnes»qui viendraient à Paris «pour casser et pour tuer».

Jeudi, le Premier ministre Edouard Philippe poursuit au Sénat un débat engagé mercredi à l'Assemblée pour défendre les mesures prises en urgence: outre l'annulation pour l'heure de la taxe carbone, il s'agit d'un gel des tarifs du gaz et de l'électricité cet hiver et du renoncement à durcir le contrôle technique automobile avant l'été. Toutes ces annonces répondent à des demandes des «Gilets jaunes». Mais pour près de huit Français sur dix (78%), les annonces du gouvernement ne répondent pas aux attentes exprimées par les «Gilets jaunes», selon un sondage Elabe diffusé mercredi, alors qu'il n'était question que d'un moratoire de six mois.

Une vraie radicalisation de certains «Gilets jaunes»

Le chef du gouvernement n'a pu que reconnaître mercredi que la «colère est demeurée insaisissable et incontrôlable». L’Exécutif redoute avant tout une nouvelle explosion de violence ce week-end, et une extension de la colère à d'autres secteurs, au moment où la FNSEA, premier syndicat agricole, annonce une mobilisation durant toute la semaine prochaine. Deux syndicats du transport routier ont appelé pour leur part à la grève à partir de dimanche soir pour une durée indéterminée.

La situation est également tendue dans les lycées, dont des dizaines étaient bloqués mercredi, parfois avec des violences. Partout en France, les appels à se mobiliser une nouvelle fois samedi se multiplient et le Ministère de l’intérieur fait état d'une «mobilisation de la part de l'ultradroite et de l'ultragauche». De même source, «on constate une vraie radicalisation de certains «Gilets jaunes», comme on a pu le voir dans les comparutions immédiates depuis lundi, mais aussi dans leurs propos. Ils se radicalisent par la violence et politiquement.»

(joc/afp)