Grande-Bretagne

26 mars 2011 18:21; Act: 26.03.2011 18:27 Print

Manifestation violente contre l'austérité

Les Britanniques sont descendus en masse dans la rue samedi pour dire non à la cure d'austérité draconienne imposée par le gouvernement.

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«Nous sommes absolument ravis: il y a des centaines de milliers de personnes, peut-être un demi-million», s'est félicité Paul Nowak, un des responsables de l'organisation. Un porte-parole de la confédération des syndicats britanniques, le Trades Union Congress (TUC), a estimé qu'»entre 250'000 et 300'000 personnes» étaient au rendez-vous, en l'absence d'évaluation de la police.

Les syndicats, qui rêvaient de faire de cette journée un tournant dans la mobilisation contre la politique de rigueur, assurent avoir gagné leur pari, même si la fête a été un peu ternie par des échauffourées avec la police en marge du défilé.

«C'est la plus grande manifestation à Londres depuis une génération», s'est enthousiasmé le secrétaire général du syndicat Unite, Len McCluskey. «Il y a une colère palpable dans ce pays».

Ce rassemblement est le plus important dans la capitale britannique depuis celui contre la guerre en Irak qui avait réuni près d'un million de personnes et le plus vaste mouvement social depuis des émeutes il y a deux décennies, qui précipitèrent la chute de Margaret Thatcher.

Un important service d'ordre a été mis en place par le TUC, en plus des 4500 policiers mobilisés, pour ne pas revivre les débordements des manifestations d'étudiants de cet automne, qui avaient stupéfié les Britanniques.

Un petit air de carnaval

Des échauffourées ont malgré tout éclaté en marge du défilé. Des perturbateurs, agissant souvent le visage masqué et brandissant des drapeaux noirs et rouges, s'en sont pris à coups de peinture et de bouteilles de verre à des magasins et à des banques et brisé des vitrines, autour d'Oxford street, une grande artère commerçante.

Le défilé à proprement parler s'est, lui, déroulé dans une atmosphère bon enfant. Beaucoup étaient venus en famille, avec des poussettes et des vuvuzelas, ces fameuses cornes utilisées par les supporters au moment de la coupe du monde de football en Afrique du Sud.

Des Ecossais jouaient de la cornemuse et des musiciens et des danseurs se sont joints à cette marche, lui donnant un petit air de carnaval. «Ne cassez pas la Grande-Bretagne !», «Défendons nos services publics !», proclamaient les banderoles.

«Je suis ici parce que le gouvernement veut nous fait payer pour réparer ce qu'on fait les banquiers. Il est en train de bâtir une société où les riches le sont encore plus, et les faibles encore plus démunis», a expliqué Gillian Siddons, un retraité de 60 ans.

Le gouvernement a imposé au pays une cure de rigueur sans précédent, avec à la clé un gel des salaires des fonctionnaires et la suppression de plus de 300'000 emplois publics.

(ats)