Amérique latine

03 décembre 2019 01:35; Act: 03.12.2019 01:35 Print

Manifs en Colombie: le pouvoir prêt à dialoguer

Un dialogue avec les leaders de la contestation est possible, selon le gouvernement colombien, à condition qu'ils annulent une manifestation.

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Une manifestation bruyante et colorée contre le président colombien Ivan Duque a eu lieu dimanche à Bogota. (8 décembre 2019) Plusieurs milliers de personnes ont manifesté de nouveau mercredi en Colombie dans le calme, au quatorzième jour de la mobilisation, mais l'affluence était moindre que lors des premières marches. (Jeudi 5 décembre 2019) Le gouvernement colombien s'est dit prêt lundi à dialoguer directement avec les leaders du mouvement qui conteste depuis 12 jours la politique du président Ivan Duque, mais il leur demande d'annuler une manifestation nationale prévue mercredi. (2 décembre 2019) De nouvelles manifestations ont eu lieu dimanche dans plusieurs villes de Colombie, à Bogota notamment, pour exiger du président de droite Ivan Duque une inflexion de sa politique. (1er décembre 2019) Les protestataires colombiens restent mobilisés au 7e jour du mouvement contre le président Ivan Duque. (Mercredi 27 novembre 2019) Après un dialogue infructueux avec le président Duque mardi, un mouvement de grève doit avoir lieu mercredi en Colombie. (26 novembre 2019) Le président conservateur colombien Ivan Duque a convoqué mardi les responsables de la contestation de grande ampleur qui secoue son pays depuis cinq jours. (26 novembre 2019) Après quatre jours de manifestations, Ivan Duque a ouvert «le Dialogue social» avec les maires et les gouverneurs élus fin octobre. (Dimanche 24 novembre 2019) La Colombie, l'un des pays les plus inégalitaires d'Amérique latine, est le dernier en date de la région à connaître une agitation socio-politique, après des crises en Equateur, puis au Chili et en Bolivie. (Dimanche 24 novembre 2019) Confronté à une contestation d'une ampleur inédite en Colombie, le président Ivan Duque a entamé dimanche avec des élus une «grande conversation nationale» pour tenter de calmer ce mouvement. (Dimanche 24 novembre 2019) Le président de droite Ivan Duque a avancé à dimanche l'ouverture d'un dialogue national annoncée initialement pour la semaine prochaine. (Dimanche 24 novembre 2019) Le président Ivan Duque a appelé à une «conversation nationale» vendredi soir, faisant un premier pas vers le dialogue. (Samedi 23 novembre 2019) Le maire de Bogota a décrété un couvre-feu dans la capitale colombienne suite à des troubles et des pillages. (Vendredi 22 novembre 2019) L'impopularité du président colombien, en hausse depuis février, a atteint 69%. Enfin, les manifestations de jeudi ont été les plus massives de ces dernières années. (Vendredi 22 novembre 2019) Au total, les affrontements ont fait trois morts et plus de 270 blessés. (Vendredi 22 novembre 2019) Des centaines de milliers de personnes sont descendues jeudi dans la rue pour protester contre les politiques économiques, sociales et sécuritaires du président Ivan Duque. (Vendredi 22 novembre 2019) Le président et ses partisans ont attribué le mouvement à une campagne basée sur des «mensonges» visant à susciter des violences. (Vendredi 22 novembre 2019) La mobilisation en Colombie se caractérise par le fait qu'elle transmet de multiples revendications des syndicats, initiateurs des manifestations et de la grève nationale de jeudi, mais aussi des indigènes, des paysans et des étudiants. (Vendredi 22 novembre 2019) Ivan Duque est arrivé au pouvoir il y a un peu plus de 15 mois et n'a cessé de répéter comme un mantra que son gouvernement est à l'écoute des Colombiens. (Vendredi 22 novembre 2019)

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Le gouvernement colombien s'est dit prêt lundi à dialoguer directement avec les leaders du mouvement qui conteste depuis 12 jours la politique du président Ivan Duque, mais il leur demande d'annuler une manifestation nationale prévue mercredi.

«Nous sommes prêts à nous réunir avec eux cet après-midi ou demain pour évoquer» leurs doléances, a déclaré à la presse Diego Molano, le coordinateur du «dialogue» lancé par le président de droite pour tenter de mettre fin au mouvement de contestation. Il a débuté le 21 novembre par une manifestation et une grève nationales très suivies et très inhabituelles dans ce pays sud-américain.

Depuis cette «Mobilisation nationale», comme l'appellent ses promoteurs, la protestation prend la forme de manifestations spontanées ou organisées par tel ou tel secteur de la société colombienne.

«Effets économiques»

Elles drainent parfois quelques centaines, parfois plusieurs milliers de personnes. Les manifestants - étudiants, indigènes syndicalistes - défilent au son des «cacerolazos» (des cuillers frappées sur des casseroles) pour exiger une inflexion de la politique d'Ivan Duque.

Diego Molano a aussi demandé aux leaders du mouvement d'annuler leur appel à manifester le 4 décembre ce qui permettrait, selon lui, de réduire «les effets économiques» des manifestations sur l'activité commerciale en cette période d'avant Noël. «Nous disons au Comité national de la grève que le gouvernement du président Duque est entièrement disposé à dialoguer, sans ultimatum, sans pression, pour le bien de la Colombie», a-t-il affirmé.

Dans la soirée, le Comité national de la grève, qui regroupe syndicats, étudiants, professeurs, indigènes et responsables d'opposition, a dit être prêt à négocier sans conditions pour arriver à des accords qui répondent aux revendications des manifestants.

Et, a écrit sur Twitter Diogenes Orjuela, président de la puissante Centrale unitaire des travailleurs (CUT), pour qu'un dialogue ait lieu, le Comité demande «une méthodologie claire, des garanties» et que soient abordés les sujets qui ont «motivé» la mobilisation du 21 novembre.

13 requêtes

Le Comité a appelé à deux autres manifestations nationales depuis le 21 novembre, mais il ne s'associe pas aux manifestations plus modestes qui ont lieu chaque jour à Bogota, Medellin ou Cali.

Lors d'une première réunion infructueuse entre le gouvernement et le Comité le 26 novembre, les représentants des manifestants avaient présenté un éventail de 13 requêtes, allant du retrait d'un projet de réforme fiscale au respect de l'accord de paix avec l'ex-guérilla des Farc de 2016.

Les manifestants réclament aussi un changement de la politique libérale d'Ivan Duque, plus de moyens pour le secteur éducatif, mais aussi que soit mis fin aux assassinats de militants communautaires. Quatrième économie d'Amérique latine, la Colombie est l'un des pays les plus inégalitaires du continent.

(nxp/afp)