Conflit Corées

23 décembre 2010 08:05; Act: 23.12.2010 11:25 Print

Manoeuvres aéro-terrestres en Corée

L'armée sud-coréenne a procédé jeudi à ses manoeuvres militaires aéro-terrestres les plus importantes de l'année.

storybild

Il s'agissait des exercices aéro-terrestres les plus importants de l'année. (Photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

Séoul a montré sa force avec des manoeuvres militaires jeudi, à quelques kilomètres de la frontière avec la Corée du Nord. Si le régime de Kim Jong-il n'a pas réagi, des experts jugent quasi-inévitables une prochaine frappe de Pyongyang.

Ces manoeuvres ont duré un peu moins d'une heure et avaient lieu à Pocheon, à une trentaine de kilomètres au sud de la frontière. Y participaient 800 soldats, 30 chars, sept hélicoptères, six avions de combat, des missiles anti-char et des lanceurs de roquettes.

Il s'agit des exercices aéro-terrestres les plus importants de l'année, a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'armée. Elles ont eu lieu un mois jour après jour après les tirs d'obus nord-coréens sur l'île sud-coréenne de Yeonpyeong. Ces bombardements par Pyongyang d'une zone civile étaient les premiers depuis la fin de la guerre de Corée (1953).

Contre-attaque «impitoyable»

La Corée du Sud devra mener une «contre-attaque impitoyable» si la Corée du Nord procède à un nouveau bombardement de son territoire, a déclaré jeudi le président sud-coréen Lee Myung-bak.

Il s'est rendu auprès d'une unité de l'armée déployée près de la frontière avec le Nord. Selon la présidence, il a aussi déclaré aux militaires que la Corée du Sud n'aurait jamais dû baisser la garde face au régime nord-coréen.

Une partie des Sud-Coréens avait jugé le gouvernement bien trop timoré après le bombardement de l'île de Yeonpyeong le 23 novembre ou encore après le naufrage de la corvette Cheonan en mars.

Près de 30 000 GI'S

La Corée du Sud, qui a entamé la veille quatre jours de manoeuvres navales en mer du Japon, souligne que ces exercices sont purement défensifs.

Mercredi, la Maison Blanche a mis en garde Pyongyang contre une réaction violente, soulignant que les exercices étaient de nature défensive et annoncés à l'avance. Les Etats-Unis totalisent 28'500 soldats au sud de la péninsule.

Dans un communiqué au ton moins excessif que d'habitude, la Corée du Nord a qualifié jeudi de «va-t-en-guerre» l'armée sud-coréenne, qui entreprend «des exercices fanatiques en vue d'envahir la Corée du Nord».

Lundi, Pyongyang avait renoncé à réagir aux manoeuvres sur Yeonpyeong, après avoir pourtant menacé Séoul d'»un désastre» s'il maintenait les exercices.

Séjour récent par Richardson

Le Nord a également accepté le retour sur son sol des inspecteurs nucléaire de l'ONU, chassés en avril 2009, selon Bill Richardson, un ancien haut diplomate américain qui a effectué cette semaine une visite de cinq jours à Pyongyang.

Mais les analystes jugent eux quasi-inévitable une prochaine agression de la Corée du Nord sur le Sud, afin notamment de conforter la succession en cours à Pyongyang.

«La question n'est pas de savoir s'il y aura une autre provocation, mais de savoir quand», estime Peter Beck, analyste au Conseil des relations étrangères (CFR), basé à Washington.

Pyongyang a besoin de ce type d'actions pour conforter la position de Kim Jong-Un, le plus jeune des fils du dirigeant actuel Kim Jong-Il choisi par le leader nord-coréen pour lui succéder, ajoute l'expert.

Visite évoquée

Selon «Good Friends», une association sud-coréenne en contact avec le Nord, le jour anniversaire de Kim Jong-Un, le 8 janvier, serait en passe d'être décrété jour férié, signe supplémentaire de la montée en puissance de jeune homme de 27 ans qui a étudié en Suisse.

Pour Andrei Lankov, professeur à l'université Kookmin de Séoul, le Nord va frapper «non pas tout de suite après des manoeuvres sud- coréennes, mais au moment et à l'endroit de son choix», écrit-il dans le quotidien «Financial Times».

Plusieurs analystes estiment que Pékin a demandé le calme à Pyongyang jusqu'à la visite du président Hu Jintao aux Etats-Unis le 19 janvier. Ils s'attendent à des frappes après janvier.

(ats/afp)