France

16 mars 2019 00:24; Act: 16.03.2019 00:24 Print

Maraude géante solidaire dans les Alpes

Quelque 300 personnes sont montées à 1800 mètres d'altitude avec des guides pour démontrer la dangerosité de la route empruntée par les migrants.

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Image de la maraude de ce 15 mars 2019. (Photo: AFP)

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Quelque 300 personnes ont participé vendredi à une «grande maraude solidaire» au col du Montgenèvre, dans les Alpes françaises. Elle a été organisée par des associations d'aide aux migrants pour témoigner de leur solidarité et dénoncer la répression dont elles estiment être les victimes.

En début de soirée, les «maraudeurs», venus de toute la France, d'Italie ou de Suisse, ont commencé à gravir dans un froid glacial les sentiers enneigés en petits groupes, encadrés par des pros de la montagne, à 1800 mètres d'altitude, à la frontière franco-italienne. Les militants brandissaient des banderoles proclamant «Nos montagnes ne sont pas des cimetières» ou encore «Solidarité = Délit».

Organisée par le mouvement citoyen «Tous migrants», soutenu par Amnesty International France, Médecins du Monde, Médecins sans frontières, le Secours catholique et la Cimade, cette maraude symbolique doit se terminer par une descente aux flambeaux après une bonne soupe chaude et de nouveaux témoignages de migrants et de «citoyens solidaires».

Conditions dangereuses

Avant le départ, beaucoup avaient déjà témoigné des conditions dangereuses, particulièrement l'hiver, dans lesquelles les migrants franchissent la frontière. De nuit, dans le froid et la neige, sans équipement adéquat.

Il en résulte des blessures, des gelures graves et même des morts. La dernière en date, celle d'un jeune exilé près de Briançon, remonte au 6 février.

Selon les associations, «la situation n'a cessé de s'aggraver dans la région, avec la répression et les contrôles des forces de l'ordre qui se multiplient».

«Nous voulons rappeler, en écho au rapport du Défenseur des droits publié mardi, que l'assistance aux migrants n'est pas illégale et que les réfugiés ont le droit de demander l'asile», explique Marie Dorléans, de «Tous Migrants».

En juillet, le Conseil constitutionnel français a estimé qu'au nom du «principe de fraternité», une aide désintéressée au «séjour» irrégulier ne saurait être passible de poursuites, l'aide à «l'entrée» sur le territoire restant illégale.

(nxp/ats)