OMS

21 mai 2012 20:13; Act: 21.05.2012 20:34 Print

Margaret Chan s'inquiète de la crise

La directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Margaret Chan s'est inquiétée lundi des retombées de la crise financière sur le secteur de la santé.

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la directrice de l'OMS s'est dite préoccupée des effets de la crise. (Photo: Keystone)

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La montée inexorable des maladies non transmissibles est une sérieuse menace, a-t-elle dit. Ouvrant à Genève la 65e assemblée mondiale de la santé, en présence de 3000 délégués de 192 Etats, dont le conseiller fédéral Alain Berset, la responsable de l'OMS a mis en garde contre deux dangers. Les pays donateurs sont sous pression, a-t-elle constaté, et les contribuables et parlementaires exigent des comptes.

«Cela peut être dangereux, surtout pour combattre le sida», a averti Margaret Chan. «Malheureusement, nous avons de bonnes raisons de croire que la cible de 15 millions de personnes en traitement d'ici 2015 ne sera pas atteinte», a-t-elle déclaré.

Montée inexorable

La montée «inexorable» des maladies non transmissibles pousse les systèmes de santé à leur point de rupture et «vide les caisses», s'est inquiétée Margaret Chan. Selon les données de l'OMS, l'obésité a doublé dans le monde entre 1980 et 2008. Un adulte sur trois souffre d'hypertension et un adulte sur dix de diabète.

«Ce sont des maladies qui peuvent annuler tous les gains de la modernisation et du développement. Elles peuvent conduire des millions de personnes sous la ligne de pauvreté chaque année», a affirmé Margaret Chan.

Dans son discours, elle a par ailleurs mis en valeur les progrès accomplis au cours de ces dernières années grâce au travail de l'OMS. Sans rival, la Chinoise doit être réélue mercredi par l'assemblée pour un second mandat.

Réforme de l'OMS

Intervenant lors de la session d'ouverture, le conseiller fédéral Alain Berset a insisté sur la réforme de l'OMS et la couverture universelle en matière de santé.

L'OMS a le «potentiel d'apporter de réelles améliorations dans la vie des gens», a déclaré le chef du Département de l'Intérieur (DFI), en promettant le soutien de la Suisse. Il s'est prononcé pour la poursuite de la réforme de l'agence de l'ONU et son «rôle premier» de direction, de coordination et d'appui technique, parmi les nombreux acteurs de la santé mondiale.

«La durabilité et la prévisibilité de son financement revêtent une importance prioritaire pour la Suisse», a-t-il déclaré.

Fixer des priorités, améliorer la cohérence, clarifier les procédures budgétaires, renforcer le rôle des organes directeurs et répondre aux intérêts des Etats membres, autant d'orientations prônées par Alain Berset. La réforme de l'organisation, qui a abouti à la suppression de 350 postes l'an dernier, sera débattue jeudi.

Alain Berset s'est aussi inquiété des «défis nouveaux» posés par l'expansion des maladies non transmissibles. Elle «nous fait craindre un impact négatif sur le développement économique et une explosion des coûts de la santé», a-t-il affirmé.

Entretiens bilatéraux

En marge de la réunion, le conseiller fédéral a rencontré Margaret Chan et a eu des entretiens bilatéraux avec d'autres ministres de la santé. Les entretiens entre Alain Berset et le ministre chinois de la santé, Chen Zhu, ont porté sur la coopération entre les deux pays et des réformes de la santé entreprises en Chine et en Suisse.

Au cours des échanges avec le ministre autrichien en charge de la santé, Alois Stöger, il a été question de la cybersanté ainsi que de la planification et du financement hospitaliers dans les deux pays, a précisé le DFI.

Médecins sans frontières (MSF) a pour sa part critiqué la Suisse pour sa «tactique dilatoire» face à un projet de convention finançant la recherche et le développement (RD) pour les maladies négligées, proposé notamment par le Kenya. La Suisse estime qu'un délai de réflexion supplémentaire d'un an est nécessaire.

Dans un rapport publié en avril, le groupe de travail consultatif d'experts sur le financement et la coordination de la recherche- développement (CEWG) a proposé que les Etats membres de l'OMS entament un processus menant à la négociation d'un accord juridiquement contraignant. Il faudrait doubler les ressources à disposition pour la recherche de médicaments et vaccins contre les maladies dites négligées.

(ats)