Espagne

21 décembre 2011 21:21; Act: 21.12.2011 21:24 Print

Mariano Rajoy arrive au pouvoir

Le nouveau chef du gouvernement espagnol de droite, Mariano Rajoy, a prêté serment mercredi devant le roi Juan Carlos.

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«Je jure de remplir fidèlement les obligations de la charge de président du gouvernement avec loyauté envers le Roi et de maintenir et faire maintenir la Constitution comme norme fondamentale de l'Etat, ainsi que de garder le secret des délibérations du Conseil des ministres», a déclaré M. Rajoy, une main posée sur la Constitution.

A l'issue de cette cérémonie marquant sa prise de fonctions, le leader conservateur, âgé de 56 ans, a annoncé son gouvernement. Réduit à treize ministres, le cabinet sera opérationnel jeudi.

L'identité du ministre de l'Economie était particulièrement attendue, surtout par les investisseurs, toujours fébriles en pleine crise de la dette en zone euro. C'est finalement Luis de Guindos, ancien président de la banque Lehman Brothers pour l'Espagne et le Portugal, qui a été choisi.

Jorge Fernandez Diaz, 61 ans, qui a été plusieurs fois secrétaire d'Etat dans le gouvernement de José Maria Aznar (1996-2004), a, lui, été nommé ministre de l'Intérieur. José Manuel Garcia Margallo, député européen de 67 ans, sera chargé des Affaires étrangères.

Lourd mélange

M. de Guindos, âgé de 51 ans, ancien secrétaire d'Etat à l'Economie (2002-2004), aura la tâche d'allier rigueur et réformes. Frappée doublement par la crise et l'éclatement de sa bulle immobilière, l'Espagne retombera probablement en récession début 2012 et souffre d'un taux de chômage record.

Et la potion risque d'être amère: lors du débat d'investiture devant le Parlement lundi, Mariano Rajoy, 56 ans, a annoncé de nouvelles réductions budgétaires pour 2012 dans le secteur public, de 16,5 milliards d'euros au moins, pour tenter de contenir le déficit du pays.

Les Espagnols vivent au rythme des cures d'austérité depuis bientôt deux ans. Après un premier programme d'économies de 50 milliards d'euros dévoilé en janvier 2010 par le gouvernement socialiste, une nouvelle coupe de 15 milliards avait suivi.

Des mesures symboliques fortes ont été prises, comme la baisse de 5% des salaires des fonctionnaires ou la fin de certaines aides, comme le «chèque bébé» de 2500 euros pour les nouveaux parents.

Mais cela ne semble toujours pas suffire, le pays, privé de son moteur économique, la construction, n'enregistrant plus de croissance.

Loi de stabilité budgétaire

L'objectif d'une réduction du déficit à 6% du PIB en 2011 (après 9,3% en 2010), pourtant considéré comme prioritaire par le gouvernement, pourrait ne pas être atteint, a prévenu M. Rajoy. Il prévoit 10 milliards d'économies supplémentaires si le déficit est finalement de 7%.

Dès le 30 décembre, un Conseil des ministres approuvera de premières mesures d'urgence. Parmi ses premiers chantiers, le gouvernement de droite fera voter en janvier une loi de stabilité budgétaire, pour fixer des limites chiffrées, à partir de 2020, à la dette publique (60% du PIB) et au déficit structurel (0,40% du PIB).

Mariano Rajoy mènera aussi au premier trimestre «une modernisation de la législation du travail» pour faire face à la plus grande faiblesse de l'économie espagnole: le taux de chômage de 21,52%, un record parmi les pays industrialisés.

«Je sais que les choses ne sont pas faciles, qu'elles vont être difficiles, mais j'ai l'envie et la détermination de faire avancer l'Espagne», avait dit mardi M. Rajoy. Le premier ministre a cependant prévenu que le gouvernement «faisait ce qu'il pouvait», mais qu'»il était évident qu'il ne pouvait absolument pas tout».

(ats)