France

11 décembre 2011 17:46; Act: 11.12.2011 18:13 Print

Marine Le Pen s'en prend à l'euro et aux voyous

La candidate du Front National à l'Elysée Marine Le Pen veut être la présidente des «oubliés de la politique française». Elle s'en prend à la crise européenne et aux «voyous de banlieue».

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Marine Le Pen a proposé de retirer le drapeau européen des édifices publics. (Photo: Keystone)

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La candidate du Front National (FN) à l'Elysée Marine Le Pen a expliqué dimanche qu'elle voulait être «la présidente du retour au réel et des oubliés de la politique française».

A Metz, où elle tenait son premier meeting de campagne, la dirigeante du parti d'extrême droite a fustigé la «caste» politique «francophobe» et «européiste», prônant une réindustrialisation de la France et une sortie négociée de la monnaie unique.

«Pour eux, face à leur Dieu, le triple A, vous êtes des triples riens», a lancé la présidente du Front national à ses partisans. Critiquant le «dogme sacré» de l'euro, qui n'est à ses yeux qu'une monnaie mal construite et surévaluée, elle a qualifié la devise européenne de «carcan», de «prison», d'«erreur» et même d'«énorme catastrophe».

L'euro, «opération ratée»

«La fin de l'euro, c'est juste la fin d'une opération ratée», a estimé Marine Le Pen, suggérant d'en négocier la sortie. «Le coût d'un éclatement non maîtrisé de la zone euro sera bien supérieur à celui d'une négociation intelligente de la fin de cette expérience».

Elle a en outre proposé de retirer le drapeau européen des édifices publics français pour que n'y flotte plus que la bannière bleu-blanc-rouge.

La dirigeante du FN a par ailleurs prôné une «réindustrialisation» de la France. Elle a promis une «grande loi 'achetons français'» pour «valoriser partout le 'made in France'».

Elle s'est déclarée «convaincue que la France n'est pas condamnée à devenir une friche industrielle géante», plaidant pour un «patriotisme économique», un soutien aux petites et moyennes entreprises (PME) et davantage de protectionnisme.

«Nous ne pourrions jamais être compétitifs avec la Chine, sauf à manger un bol de riz par jour, à gagner 100 euros par mois et à faire travailler nos enfants», n'a-t-elle pas hésité à lancer.

«Voyous de banlieue» visés

Marine Le Pen a aussi critiqué les «voyous de banlieue». «La jeunesse française ne se résume pas aux hordes de barbares qui polluent nos cités, profitent de l'argent public dilapidé dans une soi-disante politique de la ville, et passent leur temps à brutaliser les autres», a-t-elle dit.

La candidate du FN a proposé de «remettre l'école républicaine à l'endroit en rétablissant les concepts d'ordre, de discipline». Elle a plaidé pour l'interdiction du tutoiement du professeur par l'élève. «Les métiers manuels doivent être revalorisés», a-t-elle considéré, en se prononçant pour la fin du collège unique.

La présidente du Front national a suggéré d'interdire le port de signes religieux ostentatoires, à commencer par le voile islamique, aux usagers des services publics - et non plus seulement aux agents.

(ap)