France

15 septembre 2019 21:25; Act: 16.09.2019 06:44 Print

Marine Le Pen se mobilise pour les municipales

Devant environ 1200 sympathisants réunis à Fréjus dans le sud de l'Hexagone, la cheffe du Rassemblement national a évoqué les priorités de son parti et «la fracture territoriale».

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Marine Le Pen à Fréjus, ce 15 septembre 2019. (Photo: AFP)

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Marine Le Pen a mobilisé dimanche ses militants à Fréjus (Var) en vue des municipales de mars. Elle a vanté le «socle solide» de son parti face à la société de «l'insécurité» proposée selon elle par Emmanuel Macron, les yeux déjà tournés vers la présidentielle 2022.

Le président français «fait sauter tous les repères et (...) nous fait entrer dans une société (...) liquide, une société où plus rien n'est sûr», «une société de l'insécurité généralisée, une société où tout est précaire, éphémère, incertain», a dénoncé la cheffe du Rassemblement national (RN).

«Pas sûr de garder son travail, pas sûr de ne pas être muté de manière autoritaire, pas sûr de son âge de départ à la retraite, ni même du montant de sa pension, pas sûr que ses enfants reviendront sains et saufs d'une sortie entre amis», a-t-elle ajouté devant 1200 militants.

«Dans ce contexte, le Rassemblement national constitue un socle solide et durable. Il est la certitude d'une politique qui pose des limites, des règles, des droits, des garanties pour chacun», a-t-elle fait valoir dans cette ville dirigée par le RN.

Les yeux tournés vers la présidentielle, elle a redit que les municipales de mars 2020, puis les départementales et les régionales en 2021 étaient «des mousquetons qu'on fixe sur la paroi pour grimper jusqu'à l'objectif final». Elle a proposé au passage le retour à un septennat, non renouvelable.

«Fracture territoriale»

Et pour elle, la «grande affaire de la présidentielle», qui peut se décliner dans les communes, sera de «réparer la fracture territoriale» avec une «grande politique d'aménagement du territoire» basée sur la «relocalisation des activités» dans les zones rurales désertées, pour qu'elles deviennent des «zones France».

«Cette révolution de la proximité, qui est la pierre angulaire de notre projet, nous conduit à (...) la civilisation écologique», a plaidé la dirigeante d'extrême droite.

La cheffe du RN ne s'est pas attardée comme l'an dernier sur l'immigration et l'insécurité, qui restent cependant des «priorités» pour les futurs maires et la dizaine de villes gagnées en 2014, dont elle a vanté le bilan.

Continuer à s'implanter

Les municipales s'annoncent pour le RN moins favorables que les européennes de mai dernier. Il s'agit surtout pour le RN de s'implanter davantage, en irriguant autour de la dizaine de villes déjà conquises, dans ses bastions du Nord-Pas-de-Calais et du pourtour méditerranéen.

Le parti mise sur l'ouverture à des personnalités extérieures, comme à Paris, où il soutiendra l'énarque Serge Federbusch, à Carpentras (sud), où la première place revient à un général à la retraite Bertrand de la Chesnais, ou à Perpignan, où l'ancien compagnon de Marine Le Pen, Louis Aliot, se présente sans étiquette.

L'accent est également mis sur les jeunes. David Rachline, élu à 26 ans maire de Fréjus (53'000 habitants), la plus grosse ville tenue par le RN, les a appelés à se présenter «pour tout remettre à plat», y compris les subventions aux associations qui promeuvent «le vivre-ensemble».

Dans ses habits de «première opposante», la cheffe du RN a cherché à se démarquer de sa nièce Marion Maréchal, invitée vedette d'une «convention de la droite» le 28 septembre. Elle a défendu une stratégie «d'union nationale» plutôt que «d'union des droites», soutenue par Marion Maréchal.

(nxp/ats)