France

31 juillet 2018 04:23; Act: 31.07.2018 22:22 Print

Matignon surmonte la censure de l'opposition

Le gouvernement d'Edouard Philippe a aisément franchi le cap mardi d'une motion de censure de l'opposition dans l'«affaire Benalla».

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L'ancien chargé de mission de l'Élysée, Alexandre Benalla, a obtenu un passeport de service qu'il avait sollicité par «une note dactylographiée à en-tête du chef de cabinet» de l'Elysée non signée, a affirmé devant le Sénat le directeur de cabinet de la présidence de la République, Patrick Strzoda (photo). 16 janvier 2019 Alexandre Benalla a rendu ses passeports diplomatiques ce mercredi 9 janvier 2019. L'Elysée a sommé Alexandre Benalla de s'expliquer sur «d'éventuelles missions personnelles et privées» qu'il aurait menées pendant ses fonctions à l'Elysée. (27 décembre 2018) Le président français, Emmanuel Macron, voit se profiler un sujet embarrassant avec le voyage au Tchad d'un de ses anciens collaborateurs: Alexandre Benalla. L'homme refait parler de lui après avoir été à l'origine d'une retentissante affaire au début de l'été. (Mercredi 26 décembre 2018) C'est cette fois pour des violences commises en marge du défilé du 1er mai à Paris, au Jardin des Plantes, quelques heures avant l'épisode de la Contrescarpe, que l'ancien collaborateur de l'Elysée est mis en examen depuis le 29 novembre, a appris dimanche l'AFP de source proche du dossier. (Dimanche 16 décembre 2018) Le couple molesté par Benalla sera jugé pour violences volontaires sur personnes dépositaires de l'autorité publique. (Mardi 2 octobre 2018) Alexandre Benalla a déclaré à la commission des lois du Sénat avoir «l'impression» d'être «instrumentalisé à des fins politiques». (Mercredi 19 septembre 2018) Alexandre Benalla jure de dire «toute la vérité et rien que la vérité». Avec plusieurs minutes de retard, Alexandre Benalla arrive à la salle Clémenceau, où les sénateurs l'attendent pour l'auditionner. La presse aussi. (Mercredi 19 septembre 2018) Alexandre Benalla est auditionné au Sénat. Ses fonctions à l'Elysée sont au coeur des auditions de la commission d'enquête sénatoriale qui tente de comprendre son rôle dans la sécurité d'Emmanuel Macron. (Mercredi 19 septembre 2018) Menacé de sanctions, l'ex-chargé de mission de l'Elysée va finalement répondre aux questions des sénateurs français. (Mardi 11 septembre 2018) A gauche, une vidéo qui montre Alexandre Benalla en pleine action contre un manifestant et à droite l'ex-collaborateur s'expliquait sur le plateau de TF1. L'ancien collaborateur de Macron souhaite être entendu par le Sénat. (30 juillet 2018) Perquisition du bureau de Benalla à l'Elysée. Ici on peut observer sur la photo Emmanuel Macron avec son ex-collaborateur. (25 juillet 2018) «Ça n'est pas la République des fusibles, la République de la haine. On ne peut pas être chef par beau temps. S'ils veulent un responsable, il est devant vous. Qu'ils viennent le chercher. Je réponds au peuple français», a déclaré le chef de l'Etat français devant les députés de la majorité, ce 24 juillet 2018. Edouard Philippe à l'Assemblée nationale: «Une dérive individuelle de la part de ce chargé de mission ne fait pas une affaire d'Etat.» (Mardi 23 juillet 2018) Le patron des députés Les Républicains Christian Jacob a annoncé mardi que son groupe allait déposer une motion de censure. (Mardi 24 juillet 2018) Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a estimé que c'était aux services d'Emmanuel Macron, et non à lui, de tirer les conséquences de la vidéo polémique. (23 juillet 2018) Audrey Gadot, l'avocate d'Alexandre Benalla, arrive au Palais de Justice. (22 juillet 2018) Alexandre Benalla, habillé en policier, frappe un manifestant durant les manifestations du 1er mai à Paris. (1er mai 2018) Alexandre Benalla (à droite) moleste une femme en marge des manifestations du 1er mai. (1er mai 2018) Alexandre Benalla au milieu de manifestants. (1er mai 2018) Alexandre Benalla (à droite) frappe un manifestant lors des manifestations du 1er Mai. (1er mai 2018) Alexandre Benalla et Emmanuel Macron arrivent à l'école de primaire de Berd'huis, où le président est attendu pour une interview télévisée. (12 avril 2018) Alexandre Benalla et Emmanuel Macron devant l'usine Whirlpool, avant l'élection présidentielle. (26 avril 2017) Alexandre Benalla assure la sécurité du candidat d'En Marche! lors de la campagne présidentielle. (13 décembre 2016) Alexandre Benalla et Emmanuel Macron se baladent à vélo lors des vacances présidentielles. (17 juin 2017)

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Pour la première fois du quinquennat, le gouvernement faisait face à deux motions de censure - l'une portée par Les Républicains (LR), l'autre par La France insoumise, le Parti socialiste et le Parti communiste. Elles avaient trait aux agissements de l'ex-chargé de mission de l'Elysée Alexandre Benalla durant la manifestation du 1er Mai à Paris, révélés le 18 juillet par «Le Monde». La première motion, votée par 143 députés, a été rejetée. La seconde, votée par 74 élus, a subi le même sort.

L'«affaire» aux ramifications administratives, judiciaires et politiques a fragilisé le chef de l'Etat, coupable selon l'opposition d'une gestion erratique et opaque, déstabilisé une majorité jusqu'ici omnipotente et ragaillardi une opposition atone qui est parvenue à provoquer le report d'un des chantiers phares d'Emmanuel Macron - la réforme de la Constitution.

Le gouvernement n'était en rien menacé par l'activation de l'article 49-2 de la Constitution puisque Les Républicains, avec 103 députés, et la gauche, avec 63 élus, ne pouvaient atteindre la majorité requise des 289 voix. La République en Marche, à elle seule, est forte de 312 députés.

«Esprit clanique»

L'opposition veut croire que ce rappel à l'ordre avant la fin de la session parlementaire et les vacances mettra au jour ce qu'elle présente comme «un très long catalogue de privilèges d'un autre âge» et «les dérives que produit un régime hyper-présidentialiste».

«Les Français constatent aujourd'hui - et c'est une trahison pour eux - que la République des copinages malsains, elle n'est pas ici, elle de l'autre côté de la Seine, à l'Elysée», a lancé Christian Jacob (LR).

«L'esprit clanique qui anime le sommet de l'Etat est contraire aux exigences de la culture républicaine», a déclaré pour sa part André Chassaigne (GDR), accusant les élus de la majorité, qui dénoncent une «instrumentalisation politique», d'être les «intestins silencieux de la bouche élyséenne».

Même de circonstance, la coalition de la droite et de la gauche a réitéré d'une même voix sa détermination à s'opposer avec force à la rentrée à la révision constitutionnelle, dont elle juge qu'elle affaiblit les pouvoirs du Parlement.

«Motions de blocage»

Pour le Premier ministre Edouard Philippe, l'opposition n'a pour but que d'atteindre le chef de l'Etat «et ralentir le rythme de la transformation du pays». Le Premier ministre a défendu l'attitude de l'exécutif - «ce qui devait être fait l'a été» - et renvoyé droite et gauche à leur inertie supposée, dans le dossier des sondages de l'Elysée en 2010, sous Nicolas Sarkozy, et dans l'affaire Cahuzac en 2012 sous François Hollande.

«De notre côté, nous n'avons, ne vous en déplaise, jamais prétendu être infaillibles», a poursuivi Edouard Philippe, réaffirmant que les écarts d'Alexandre Benalla étaient «l'affaire de fautes individuelles, de compromissions insidieuses et de petits arrangements» dans une mise en cause directe de la préfecture de police de Paris.

«Les faits apparaissent désormais clairement», a-t-il avancé.«Ils ne permettent à personne de parler de dérive monarchique ni d'impunité». «Les événements du 1er Mai ne disent rien de la présidence d'Emmanuel Macron», a-t-il martelé.

«Vos motions de censure ne sont rien d'autre que des motions de blocage», a dit le Premier ministre, soulignant que le gouvernement n'avait nullement l'intention de ralentir. «Nous ne lâcherons rien, nous irons jusqu'au bout de notre projet».

(nxp/afp)