Croatie

22 août 2011 21:12; Act: 22.08.2011 21:18 Print

Merkel réaffirme l'avenir européen des Balkans

La chancelière allemande Angela Merkel a réaffirmé avec force lundi à Zagreb l'avenir européen des pays des Balkans et invité vivement Belgrade à améliorer ses relations avec le Kosovo.

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«L'exemple de la Croatie démontre que chaque pays de cette région peut réussir et devenir membre de l'UE. Nous le voulons, mais les conditions doivent être remplies», a déclaré Mme Merkel devant la presse. Elle s'exprimait à l'issue d'une rencontre avec la Première ministre croate, Jadranka Kosor.

La Croatie dans l'UE en 2013

La Croatie a achevé ses négociations d'adhésion à l'Union européenne en juin et compte sur une intégration en juillet 2013.

«Nous souhaitons que les autres pays des Balkans occidentaux aient une perspective européenne», a répété Mme Merkel. Elle a invité sans ambages la Serbie à améliorer ses relations avec le Kosovo, dont Belgrade ne reconnaît pas la proclamation d'indépendance. Il faut que les «relations entre ces Etats se normalisent doucement, que les conditions de vie se normalisent», a déclaré la chancelière, dont la visite intervient à quelques jours de la reprise du dialogue entre Belgrade et Pristina, le 2 septembre à Bruxelles.

Les relations entre Belgrade et Pristina viennent de traverser une période de vive tension au sujet du nord du Kosovo, peuplé majoritairement de Serbes qui ne veulent pas reconnaître les autorités kosovares albanaises.

Les négociations au point mort

«Lorsque quelqu'un arrive à une table et que l'autre se lève et part, on ne peut pas avoir cela dans l'UE, ce genre d'histoires», a estimé Mme Merkel en allusion au refus de Belgrade d'assister à des réunions internationales où le Kosovo serait présent en tant qu'Etat indépendant.

«Je dirai à Belgrade: regardez la Croatie. Ils ont réussi et nous souhaitons que la paix règne chez vous aussi, que vous progressiez, que vous vous développiez économiquement et que vous participiez à notre marché commun européen (...) Mais vous devez faire quelque chose pour y parvenir».

Au sujet des derniers développements en Libye, Mme Merkel a espéré qu'il n'y ait pas d'autres «bains de sang» dans ce pays, souhaitant la création rapide de «structures politiques pour permettre une transition vers une société pacifique, libre, démocratique».

Une première depuis 2003

Mme Merkel s'est entretenue lundi soir avec le président croate Ivo Josipovic. Il s'agit du premier déplacement en Croatie et à Belgrade d'un chef du gouvernement allemand depuis 2003.

Mme Merkel avait souhaité auparavant que la Croatie use «de façon constructive» de son influence dans le règlement de différends dans la région, comme celui du Kosovo, mais aussi pour la formation d'un gouvernement central en Bosnie, attendue depuis des mois.

Peu avant son départ, Mme Merkel avait assuré dans une interview à la télévision nationale croate HTV dimanche soir que la crise financière actuelle de la zone euro ne mettrait pas en péril la poursuite de l'élargissement de l'UE, à laquelle aspirent tous les pays des Balkans occidentaux.

Un partenaire commercial de taille

«Si la Grèce, le Portugal ou l'Irlande ont des difficultés, nous ne priverons pas d'autres pays de leurs perspectives» européennes, a-t-elle dit.

L'Allemagne est le deuxième partenaire commercial de la Croatie (après l'Italie) et le troisième investisseur dans ce pays (plus de 2,7 milliards d'euros entre 1993 et 2010), après l'Autriche et les Pays-Bas. Plus de 1,5 million de touristes allemands se sont rendus en Croatie en 2010

(afp)