France

22 janvier 2020 14:07; Act: 22.01.2020 23:02 Print

Mis en garde à vue pour avoir coupé le courant

Deux syndicalistes, agents d'Enedis, ont été placés en garde à vue pour avoir coupé l'électricité en Dordogne, en guise de protestation contre la réforme des retraites.

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Deux syndicalistes agents d'Enedis ont été placés en garde à vue, dans le cadre d'une enquête pour «mise en danger de la vie d'autrui». (Photo: AFP/archive/photo d'illustration)

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Deux agents d'Enedis (ex-ERDF) en Dordogne ont été placés en garde à vue mercredi dans le cadre d'une enquête sur une coupure sauvage d'électricité, le 10 janvier dans une entreprise classée Seveso, pour protester contre la réforme des retraites, a-t-on appris auprès du parquet et d'Enedis.

Les deux agents et syndicalistes ont été placés en garde à vue mercredi matin à la gendarmerie de Neuvic dans le cadre d'une enquête pour «mise en danger de la vie d'autrui», a-t-on indiqué au parquet de Périgueux sans plus de précision, confirmant une information du site Sudouest.fr.

L'enquête faisait suite à une plainte déposée par l'entreprise Neuvic Interspray (qui conditionne des cosmétiques, aérosols, laques), après une coupure sauvage d'électricité qui avait duré trois heures le vendredi 10 janvier, selon Enedis. Outre l'entreprise, Enedis avait aussi déposé plainte.

«Sacré changement de méthode»

Les deux agents, membres de CGT-Energie, ont été interpellés pour l'un d'eux au moins à son domicile, a assuré à l'AFP Francis Dezile, secrétaire général de la CGT Energie-Dordogne. Une soixantaine de personnes, syndicalistes CGT principalement mais FO aussi, étaient rassemblées en mi-journée mercredi devant la gendarmerie de Neuvic en soutien de leurs deux collègues, a-t-il dit.

Il a ajouté qu'une nouvelle coupure avait été effectuée ce mercredi matin dans la même entreprise «en solidarité» avec les deux interpellés.

Francis Dezile n'était pas en mesure de confirmer si ces gardes à vue étaient une première pour des coupures d'électricité, mais il a dénoncé un «sacré changement de méthode» et un traitement des syndicalistes «comme des déliquants».

«C'est une réponse répressive au lieu d'une réponse politique à des questions sur la réforme des retraites», a-t-il déclaré. «On est mis au même niveau que des voyous, alors que nous sommes des salariés qui luttons contre cette réforme.»

Actes condamnés

Le directeur régional d'Enedis pour l'Aquitaine nord (incluant la Dordogne), Thierry Gibert, a indiqué à l'AFP ne pas vouloir présager de l'enquête, mais sera «très attentif» aux résultats de celle-ci, et se réserve d'«engager des procédures disciplinaires qui peuvent aller jusqu'au licenciement», pour ce qu'il a qualifié de «faits graves».

Il a précisé que ce placement en garde à vue d'agents d'Enedis suite aux coupures récentes était une première sur le réseau Sud-Ouest, mais n'était pas en mesure de le confirmer au niveau national.

Enedis, a réaffirmé Thierry Gibert «respecte bien sûr le droit de grève», mais condamne fermement des actes tels que des coupures sauvages, susceptibles de créer des situations de danger«, et «portera plainte systématiquement». La direction régionale, qui couvre Gironde, Dordogne, Lot-et-Garonne, a ainsi déposé 34 plaintes depuis début décembre, a-t-il souligné.

Mardi lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le Premier ministre Edouard Philippe a demandé que ces types d'actes soient «sanctionnés».

(nxp/afp)