Tibet

17 mars 2011 08:16; Act: 17.03.2011 08:20 Print

Monastère bouclé après une immolation

Un monastère tibétain dans le sud-ouest de la Chine demeurait jeudi bouclé par la police, après qu'un bonze s'y fut immolé par le feu.

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Le moine est décédé mercredi après s'être immolé par le feu et avoir été battu par des policiers. (Photo: Keystone/AP)

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L'incident a déclenché des mouvements de protestation, ont indiqué des habitants.

«Les intersections routières vers le monastère sont bloquées par la police», a déclaré l'employé d'un hôtel proche du monastère de Kirti, dans la province du Sichuan (sud-ouest).

«Les gens sont autorisés à y entrer mais les bonzes n'ont pas le droit d'en sortir. Hier, les magasins de cette rue étaient tous fermés», a-t-il ajouté, sans donner son identité. Il a précisé avoir vu des policiers frapper un moine ainsi que deux jeunes hommes lors d'une manifestation.

Le moine est décédé mercredi après s'être immolé par le feu et avoir été battu par des policiers, a rapporté l'association Campaign for Tibet basée à New York. Des policiers ont dans un premier temps tenté d'éteindre les flammes, mais ils ont ensuite porté des coups au moine âgé de 21 ans, ont indiqué des Tibétains en exil en contact avec des habitants de la région.

Deuxième cas

Le corps du moine, nommé Phuntsog, a été ramené au monastère de Kirti situé non loin, avant que des centaines de bonzes et des civils se réunissent pour manifester, a indiqué l'association dans un communiqué. La police est alors intervenue, dispersant les manifestants et procédant à un nombre non précisé d'arrestations, toujours selon l'association.

C'est la deuxième fois qu'un moine s'immole par le feu à Kirti depuis les émeutes anti-chinoises de 2008 à Lhassa, les plus sanglantes au Tibet en plus de 20 ans. La police chinoise avait tiré début 2009 sur un moine qui venait de s'immoler par le feu, alors que la tension montait à l'approche du 50e anniversaire du départ en exil du dalaï lama.

La Chine, qui affirme avoir «libéré pacifiquement» le Tibet en 1951, contrôle très étroitement la Région autonome ainsi que les provinces limitrophes à population tibétaine.

(ats)