Scandale du Roundup

11 août 2018 00:55; Act: 11.08.2018 11:49 Print

Le jardinier fait condamner le géant Monsanto

Monsanto devra payer 290 millions de dollars à un jardinier atteint d'un cancer développé après usage du Roundup. Bayer, propriétaire du géant de l'agrochimie, se défend.

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Dewayne Johnson, jardinier américain, estime que Monsanto est à l'origine de son cancer. (Photo: AFP)

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Un jury californien a considéré vendredi que le désherbant Roundup de Monsanto était à l'origine du cancer qu'a développé un agent d'entretien. Il a condamné le géant américain à lui verser 289 millions de dollars (287 millions de francs). Monsanto fera appel.

Il a fallu trois jours aux jurés de la Cour supérieure de Californie pour annoncer leur décision. Ils ont estimé que Monsanto avait agi avec «malveillance» et que son herbicide Roundup, ainsi que sa version professionnelle RangerPro, avaient «considérablement» contribué à la maladie du plaignant, Dewayne Johnson.

Ce dernier réclamait plus de 400 millions de dollars, estimant que ces produits avaient entraîné son cancer et que Monsanto avait sciemment caché leur dangerosité. Le géant américain a été condamné à 250 millions de dollars de dommages punitifs, assortis de 39,2 millions de dollars d'intérêts compensatoires.

Recours de Monsanto

«J'ai reçu beaucoup de soutien depuis le début de cette affaire (...) Je suis content de pouvoir aider une cause qui me dépasse largement. Et j'espère que cette décision commencera à lui apporter l'attention dont elle a besoin», a réagi M. Johnson lors d'une conférence de presse.

«Le jury a eu tort», a répliqué le vice-président de Monsanto Scott Partridge devant le tribunal. L'entreprise a par ailleurs immédiatement annoncé dans un communiqué qu'elle avait l'intention de faire appel et réitérant l'idée que le glyphosate, principe actif du Roundup, ne cause pas le cancer et n'est pas responsable de la maladie du plaignant.

«Nous exprimons notre sympathie à M. Johnson et à sa famille. La décision d'aujourd'hui ne change pas le fait que 800 études scientifiques et les conclusions de l'agence américaine de la protection de l'environnement (EPA), des instituts nationaux pour la santé et des autres autorités de régulation à travers le monde soutiennent que le glyphosate ne cause pas de cancer et n'a pas causé le cancer de M. Johnson», affirme le groupe.

En phase terminale

Le géant agrochimique, qui vient d'être racheté par l'allemand Bayer, était poursuivi par cet Américain de 46 ans qui a abondamment utilisé le désherbant Roundup et sa version professionnelle plus puissante, le RangerPro, dans le cadre de son travail de jardinier, entre 2012 et 2014.

Ce père de trois garçons a été diagnostiqué en 2014 d'un lymphome non hodgkinien, un cancer incurable du système lymphatique. Les médecins lui donnent moins de deux ans à vivre.

M. Johnson, qui n'avait pas de problème de santé auparavant, a expliqué, lors de son témoignage fin juillet, qu'il n'avait aucune idée des controverses sur le glyphosate avant de voir des marques sur sa peau et de se renseigner sur internet.

Pour ses avocats, Monsanto a fait passer ses bénéfices avant la santé publique en bataillant contre des études faisant état de risques cancérigènes autour du Roundup. Pour Monsanto, il n'y a aucun lien entre cancer et glyphosate et donc aucune raison d'avertir d'un danger quelconque à propos de cette substance très controversée.

Près de 5000 procédures en cours

Ce dossier est le premier d'une longue liste de plaintes visant Monsanto. Près de 5000 procédures similaires sont actuellement à l'examen aux Etats-Unis. Le verdict de vendredi «va provoquer une cascade de nouvelles affaires», selon Robert F. Kennedy Jr, membre de l'équipe d'avocats autour du plaignant.

Les inquiétudes sur le glyphosate, l'un des composants essentiels de l'herbicide Roundup, ont donné lieu à l'ouverture d'innombrables enquêtes aux Etats-Unis et déclenché un débat d'experts en Europe après des conclusions contradictoires.

Malgré ces débats, les pays de l'Union européenne ont voté de justesse en novembre en faveur du renouvellement pour cinq ans de l'autorisation de l'herbicide.

En Suisse, le Conseil fédéral a estimé en mai qu'il n'y a toujours pas de raison d'interdire le glyphosate. Les concentrations mesurées sont si faibles qu'elles ne présentent pas de danger pour la santé du consommateur, selon lui.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • jenny flower le 11.08.2018 07:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    inadmissible

    "les quantités mesurées en suisse sont si faibles qu'elles ne représentent pas de risques" mdr mais bien sûr ! Lobby lobby lobby quand tu nous tiens ! On se fait empoisonner mais tout va bien et je ne parle pas du reste... Quand ça rapporte pourquoi se priver hein?

  • Yoddel le 11.08.2018 08:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Son de cloche

    Un produit qui tue toute végétation peut difficilement n'avoir aucun incidence sur la santé humaine. Il faut s'en protéger comme si c'était du Zyrclon B.

  • Alfred le 11.08.2018 07:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pareil

    Tiens, ça me rappel une histoire de clope...

Les derniers commentaires

  • Laurence Bovard Rodeff le 12.08.2018 15:35 Report dénoncer ce commentaire

    Mme

    Menteurs, c'est inadmissible qu'il soit encore en vente

  • hb le 12.08.2018 13:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    bravo

    maintenant que Monsanto est appartient à Bayer et que les actionnaires américains proche des républicains ont se sont remplis les poches, le DoJ va s'acharner sur cette entreprise. Bonne chance Bayer.

  • Jean Luc le 12.08.2018 10:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Attention

    Le glysofalte n'est plus protégé par un brevet, vous pouvez le trouver dans n'importe quel fabricant d'herbicide. Mais ça serait bien de l'interdire aux USA, eux qui sont si friand de culture OGM résistant au roundup, ça les calmerai un peu de vouloir nous envahir avec leur agriculture empoisonnée, il en produirait moins s'il faut arracher les mauvaise herbe par des moyens mécaniques....

  • Truth le 11.08.2018 21:31 Report dénoncer ce commentaire

    Le bon sens c'est une éducation...

    Si vous êtes un tant soit peu intelligent vous n'avez qu'à pas en faire l'achat.. il y a d'autres produits de remplacements bien moins dangereux.

  • Daniel pragmatique le 11.08.2018 19:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    savoir raison garder

    cet article va déchaîner tous les amateurs spécialistes.... 1. Le procès a lieu aux USA, lavocat est payé au résultat! 2. Il ny a pas de glyphosate dans les aliments produits en Suisse, parce que on ne traite pas directement sur les cultures, contrairement à l etranger, doù l on importe car c est moins cher..... 3. Quand on utilise des produits naturels ou pas dans le cadre professionnel quelquils soient on se protège, gants, masque, combinaison. Cest le cumul qui est dangereux. 4. je continue à utiliser du glyphosate de manière mesuré. 5. procès exagéré, même pas peur