France

08 mai 2018 14:24; Act: 08.05.2018 16:36 Print

Moquée par le SAMU, elle décède peu après

Se sentant mal, une jeune femme a contacté les secours. Elle a été raillée, au lieu d'être soignée.

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La jeune femme a été conduite à l'hôpital, où elle décédera. (Photo: DR)

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«J'ai très mal. Je vais mourir.» C'est en ces termes qu'une jeune femme de 22 ans a contacté le SAMU, le 29 décembre 2017. Mais au lieu de recevoir les secours espérés, les deux centralistes se sont moquées d'elle. Un enregistrement que le site Heb'di, le premier sur l'affaire, a pu consulter. «C'est parce qu'elle a la grippe, c'est ça?», lance l'une des téléphonistes. Et l'autre d'en rajouter: «Et ça s'entend qu'elle va mourir».

Dans cet enregistrement dont Le Monde se fait l'écho mardi, on entend la voix de la jeune Strasbourgeoise, faible. Mais elle n'est pas entendue. «Oui, vous allez mourir un jour, comme tout le monde, OK?», assène l'une des employées au bout du fil.

«Elle élevait seule sa fille»

Après cinq heures d'attente, Naomi, mère d'une petite fille, parvient à joindre SOS Médecins. Conduite en urgence à l'hôpital, elle fera deux arrêts cardiaques, avant de décéder, en fin de journée, ce 29 décembre. Selon l'autopsie que Le Monde s'est procurée, elle a succombé à une «défaillance multiviscérale sur choc hémorragique».

L'hôpital de Strasbourg a confirmé que l'enregistrement était véridique, mais a refusé de communiquer sur l'affaire, arguant qu'une enquête interne avait été ouverte le 3 mai. Soit cinq mois après le décès de Naomi. Sa famille a contacté la justice pour demander l'ouverture d'une enquête.

Et sa soeur de déplorer: «Naomi était une fille brillante, forte, courageuse. Elle rêvait de reprendre ses études, elle élevait seule sa fille».

(nxp)