Équateur

15 avril 2019 09:31; Act: 15.04.2019 12:13 Print

Interviews en slip, skate: la vie d'Assange enfermé

Le président Lenin Moreno a justifié sa décision de retirer l'asile au fondateur de WikiLeaks, qui a été arrêté jeudi. On en sait plus sur sa vie à l’intérieur de l'ambassade.

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Julian Assange a tenté de créer un «centre d'espionnage» dans l'ambassade d'Équateur à Londres, a affirmé dimanche le président équatorien Lenin Moreno, justifiant sa décision de retirer l'asile au fondateur de WikiLeaks qui a été arrêté jeudi.

M. Moreno, qui a accédé au pouvoir en 2017, a regretté dans une interview au quotidien britannique «The Guardian» que le précédent gouvernement de son pays ait fourni des équipements dans l'ambassade qui ont permis d'«interférer dans les affaires d'autres États».

«Nous ne pouvons pas permettre à notre maison, la maison qui a ouvert ses portes, de devenir un centre d'espionnage», a déclaré Lenin Moreno. «Cette activité viole les conditions d'asile», a-t-il ajouté, assurant que la décision de retirer l'asile à M. Assange «n'est pas arbitraire, mais repose sur le droit international».

Excréments sur les murs

Le président équatorien a aussi dénoncé l'attitude «absolument répréhensible et scandaleuse» de Julian Assange dans l'ambassade et son «comportement inapproprié en matière d'hygiène». Selon Quito, M. Assange aurait notamment souillé les murs avec ses excréments.

«El Pais» a dévoilé ce lundi des images de vidéosurveillance de l'ambassade équatorienne. On voit notamment Assange tenter de faire du skateboard dans sa chambre. Après avoir reçu des visiteurs, on peut voir le fondateur de WikiLeaks engager une discussion houleuse avec un gardien.

Le quotidien espagnol raconte comment en 2016 ses gardes du corps ont fait venir un plombier d'Espagne pour un coût de 4500 dollars afin de réparer les toilettes de Julian Assange. On craignait en effet qu'un plombier local y place des micros. Parmi les autres excentricités d'Assange, il lui arrivait de donner des interviews télévisées en caleçon, puisque seul le haut de son corps apparaissait à l'écran.


Interrogée par Sky News dimanche matin, l'avocate de Julian Assange, Me Jennifer Robinson, a réfuté ces accusations, les qualifiant de «scandaleuses». Me Robinson a assuré que l'Australien de 47 ans était prêt à coopérer avec les autorités suédoises si celles-ci demandent son extradition, mais que la priorité reste d'éviter une extradition aux États-Unis.

Le fondateur de WikiLeaks est en détention après son arrestation jeudi à l'ambassade d'Équateur de Londres où il avait trouvé refuge il y a sept ans afin d'échapper à un mandat d'arrêt britannique pour des accusations de viol et d'agression sexuelle en Suède, qu'il a toujours niées.

Enquête pour agression sexuelle

La plainte pour agression sexuelle a été frappée par la prescription en 2015, puis la Suède a abandonné les poursuites dans la deuxième affaire en mai 2017, faute de pouvoir faire avancer l'enquête. Mais à l'annonce de l'arrestation, l'avocate de la plaignante a réclamé la réouverture de l'enquête. «Nous sommes absolument heureux de répondre à ces questions si et quand elles se présentent», a déclaré Me Jennifer Robinson à Sky News, tout en précisant que «la question clé en ce moment est l'extradition des États-Unis».

L'Australien de 47 ans a aussi été arrêté en lien avec une demande d'extradition venant des États-Unis qui l'accusent d'avoir aidé l'ex-analyste du renseignement américain Chelsea Manning à obtenir un mot de passe pour accéder à des milliers de documents classés secret-défense. Cette demande d'extradition sera examinée par la justice britannique le 2 mai. En cas de demande d'extradition par la Suède, l'avocate cherchera à avoir les «assurances que nous avons déjà demandées, que (Julian Assange) ne soit pas envoyé aux États-Unis».

Visite de parlementaires

Plus de 70 parlementaires britanniques ont signé une lettre adressée au ministre de l'Intérieur britannique, lui demandant de donner la priorité à une éventuelle demande d'extradition suédoise.

Le président équatorien a déclaré au «Guardian» avoir eu des «garanties écrites» de la part de Londres que Julian Assange ne serait pas extradé vers un pays où il pourrait être victime de torture, de mauvais traitements ou condamné à la peine de mort.

John Shipton, père de Julian Assange, a exhorté dimanche le Gouvernement australien à rapatrier son fils en Australie, en se disant choqué de l'état visiblement affaibli de son fils lors de son arrestation.

Le Premier ministre australien Scott Morrison avait déclaré deux jours plus tôt que M. Assange ne recevrait «aucun traitement spécial» de Canberra. Selon WikiLeaks, la consule australienne rendra visite lundi à l'ambassadeur d'Équateur à Londres, Jaime Marchan.

Deux députés allemands du parti de gauche Die Linke, Heike Hansel et Sevim Dagdelen, ainsi que la députée européenne espagnole Ana Miranda (Groupe des Verts/Alliance libre européenne), se rendront par ailleurs à Londres lundi, jour où ils étaient censés rendre visite à Julian Assange à l'ambassade d'Équateur, ont indiqué le parti Die Linke et WikiLeaks. Ces parlementaires prévoient de donner une conférence de presse à 9h GMT devant la prison de Belmarsh, au sud-est de Londres, où Julian Assange est détenu.

(nxp/cga/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • frank le 15.04.2019 09:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Politiciens véreux

    Notre système n'aime pas ceux qui sont plus malin, surtout nos politiciens

  • Lehcim le 15.04.2019 10:07 Report dénoncer ce commentaire

    Merci Assange

    Ce gars mérite d'être décoré pour ce qu'il a fait. Ceux qui veulent sa peau méritent depuis longtemps que Yellow Stone leur pète au nez.

  • PETER Marc-Olivier le 15.04.2019 10:46 Report dénoncer ce commentaire

    ASSANGE LE JOURNALISTE

    Julian Assange : son courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Que tous les journalistes du monde puissent avoir le même courage ! Merci pour lui.

Les derniers commentaires

  • Jo le 16.04.2019 08:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    États qui séme la terreur

    C'est incroyable quand 2019 un lanceur d'alerte sur les sales magouilles de pays comme les États Unis la France l'Angleterre ect ect traite un homme d'une pareille façon ont traite mieux une personne ou un gouvernement qui répand la violence dans le monde ça sa me dégoûte

  • jlc le 16.04.2019 00:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    tiens donc...

    Tous les médias au diapason pour rabaisser celui qui à dit la vérité sur leurs patrons et maîtres... Même pas étonné !

  • Art Nak le 15.04.2019 18:01 Report dénoncer ce commentaire

    Transaction

    Ben les usa ont profité du changement de gouvernement. Il y a de la corruption dans l'air.

  • Tristesse le 15.04.2019 13:56 Report dénoncer ce commentaire

    Pays a éviter...girouette

    Le régime Équatorien, à la solde de Trump.

  • Kate le 15.04.2019 13:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C'est honteux !

    Tous les moyens sont bons pour le discréditer !