Russie

12 décembre 2011 16:23; Act: 12.12.2011 16:38 Print

Moscou refuse de remettre en cause les résultats

Le pouvoir russe a opposé lundi une fin de non- recevoir aux revendications de l'opposition deux jours après des manifestations sans précédent.

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Le porte-parole de Vladimir Poutine a exclu toute remise en cause du résultat des élections malgré les fraudes présumées.

Les fraudes dénoncées par l'opposition, dont des témoignages ont inondé l'internet russe depuis les législatives du 4 décembre, ne peuvent pas remettre en cause les résultats, a déclaré à l'AFP le porte-parole du Premier ministre, Dmitri Peskov.

«Même si vous additionnez tous ces prétendus témoignages, cela concerne à peu près 0,5% du nombre total de bulletins», a déclaré M. Peskov. «Cela ne peut en aucun cas remettre en question la légitimité du scrutin ou les résultats définitifs».

L'opposition exige l'invalidation du scrutin remporté avec plus de 49% des suffrages par le parti au pouvoir. Elle a organisé samedi des manifestations d'une ampleur sans précédent dans le pays depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000, avec de 50'000 à 80'000 personnes à Moscou.

La mission d'observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) avait déclaré à l'issue du scrutin avoir relevé «de sérieuses indications de bourrage des urnes».

Medvedev ordonne une enquête

Vladimir Poutine ne s'est pas exprimé après ces manifestations dont les slogans étaient très largement dirigés contre lui. Le président Dmitri Medvedev n'a pas fait non plus de déclaration officielle, ne s'exprimant que sur sa page Facebook dimanche. Il y a souligné n'être «pas d'accord» avec les revendications des manifestants et a annoncé avoir ordonné de «vérifier» les résultats du scrutin.

L'ONG Golos, qui a recensé des milliers de témoignages de fraudes, a cependant mis en doute la possibilité de réelles enquêtes. «Ces enquêtes, si elles sont confiées à la commission électorale dans sa configuration actuelle, sont vaines et ne donneront aucun résultat», a estimé sa présidente, Lilia Chibanova.

M. Medvedev avait incarné des espoirs de libéralisation en Russie avant d'annoncer qu'il renonçait à briguer la réélection pour permettre à Vladimir Poutine de revenir au Kremlin. Le président doit recevoir mardi les responsables de Russie unie et des trois partis d'opposition parlementaire, dont le parti communiste.

Manifestations

Dans l'intervalle, les manifestations se succèdent. Le parti de M. Poutine, Russie unie, a rassemblé lundi après-midi ses partisans dans le centre de Moscou, avec pour slogan «Vive la Russie, vive Poutine !». La police de la capitale a affirmé que la manifestation avait rassemblé 25'000 personnes. Une correspondante de l'AFP a estimé que les manifestants étaient nettement moins nombreux.

Le mouvement Solidarnost, membre de la coalition d'opposition qui avait appelé à manifester samedi, a indiqué avoir déposé une demande d'autorisation pour une nouvelle manifestation de 50'000 personnes le 24 décembre, selon l'agence de presse Interfax.

Le Parti communiste, qui dénonce aussi des fraudes, a de son côté appelé ses partisans à manifester dimanche prochain place de la Loubianka, près de la commission électorale russe.

(ats)