Fondateur du micro-crédit

02 mars 2011 15:18; Act: 02.03.2011 15:24 Print

Muhammad Yunus exclu de sa banque

Le gouvernement du bangladesh a enjoint Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix de quitter la Grameen Bank, établissement de microfinance qu'il avait fondée.

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Economiste et entrepreneur bangladais, Yunus a reçu le prix Nobel de la paix en 2006. (Photo: AFP)

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Le gouvernement bangladais a ordonné mercredi au prix Nobel Muhammad Yunus de quitter ses fonctions de directeur de la Grameen Bank, établissement de microfinance qu'il avait fondée. Mais la Grameen Bank a déclaré que Yunus restait à son poste et qu'elle contesterait la décision.

La Banque centrale du Bangladesh a ordonné mercredi son départ car il aurait violé les lois du pays sur la retraite, a précisé à A.F.M. Asaduzzaman, un responsable de l'établissement, l'AP. La Grameen Bank a été informée par lettre de la décision.

L'Etat possède 25% de la Grameen, qui prête de petites sommes d'argent aux pauvres, un principe qui a été développé à travers le monde, et qui a valu le prix Nobel d'économie à Muhammad Yunus en 2006.

Dans un communiqué, la Grameen Bank annonce que Muhammad Yunus était toujours en poste. Il «poursuit son travail en tant que directeur général de la banque», précise le manager Jannat-E-Quanine dans ce bref communiqué. «Comme c'est un problème juridique, nous le combattrons légalement».

Controverse

Critique de longue date du gouvernement, Yunus, 70 ans, a enfreint la loi en restant à la tête de la banque alors que l'âge de la retraite est fixé à 60 ans, affirme la Banque centrale du Bangladesh.

La Grameen Bank a pourtant affirmé que a loi ne s'appliquait pas à elle car elle dépend d'une loi particulière datant de 1983. Yunus a été directeur général de la banque pour une période indéfinie en 2000, année de ses 60 ans, souligne la Grameen.

Muhammad Yunus était au coeur de la controverse ces derniers temps, après un transfert d'argent contesté et un procès en diffamation.

Le Premier ministre Sheikh Hasina a récemment accusé la Grameen bank et les organisations de micro-crédit de «sucer le sang des pauvres», en instaurant des taux d'intérêt trop haut.

(ap)